Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Jeudi 2 février 2006 4 02 /02 /2006 18:27
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Je ne sais pas comment j'ai réussi à l'esquiver celui-là ...

Nous étions un jeudi matin .
Je me tenais à l'embrasure de la porte pour les accueillir et je l'ai vu arriver.
Une furie.
Elle  a commencé a vociférer, à hurler .
Elle ne tenait plus en place .
Elle ne me laissait pas placer un mot .
Elle s'approchait de plus en plus près .
Elle a levé sa main sur moi.
J'ai réussi à crier : " Vous n'allez quand même pas me mettre un coup de poing  sur la figure ? "
Ca l'a fait réagir .
Il y avait 25 petits témoins affolés qui s'approchaient de la porte .

Elle a baissé sa main .
Elle a préféré continuer les vociférations .
Elle m'a traité de salope, de connasse .

Je lui ai dit :
- Vous devez avoir un sacré problème avec la violence .

Mon élève , sa fille (sa fille, mon élève, c'est plus respectueux )  était deux jours auparavant couverte de bleus. 

Des sacrés  coups .

Sa fille, mon élève a été placée en famille d'accueil le vendredi .



- Pour plus de précision sur les évènements,  veuillez contacter la section locale de la " solidarité laïque " qui gère les violences faites à l'encontre du personnel de l'Education Nationale .
- Pour les violences faites envers les enfants, veuillez renouveller votre appel ...
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /2006 10:08
http://www.textes.net/images/illustrations/pages/peinture.jpg
 
Ecrire, c'est te tenir la main,
Tout doucement, sans trop serrer .
 
C'est te penser, là,
Pour que tu t'endormes près de moi .
Ecrire c'est inventer tes lendemains et les miens aussi un petit peu, tout doux, tout doux .
Ecrire, c'est nous rêver,
Sans risque ...
 
Ce ne sont que des mots, hein, tu le sais bien !
 
Ecrire c'est mourir très lentement, pour voir comment ça fait .
C'est passer de l'autre côté, en silence .
A l'avance .
 
Ecrire c'est entrer en toi,
                  " De l'autre côté du miroir "
 
C'est inventer ce paradis auquel je ne crois pas,
Et qui me tend les bras ...  " merveilles " .
 
Ecrire c'est mordiller, bavouiller, avaler
et sourire en même temps .
Ecrire c'est chuchoter la bouche pleine .
C'est porter à deux mains entre nos lèvres
la cruauté des souvenirs
                                   ... parfois ...
la naïveté des désirs
                                        ... encore ...
des larmes, des espoirs,
des rires aussi bien sûr !       ...toujours ...
 
Ecrire, c'est attendre .
Ecrire c'est espérer ...
C'est espérer ta main,
Sans risque .
Ecrire c'est être peureux et heureux !

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /2006 22:32
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                      Foule en attente - Paul Rouard -


Je vis à cent à l'heure .
Affolée .
Appeurée .
Apaisée selon l'heure .
Avec le quotidien sous mes pieds et sur mes épaules.
Le quotidien comme fil conducteur.
Et la tête qui dépasse pour avaler le bonheur.
 
Tu parles si je m'étouffe !
 
Comment je vis ?

Dans l'attente .
Très souvent  entourée et toujours  si seule, dans un désordre bienfaisant, charmant et que personne ne m'envie pourtant.
C'est dans ma tête que c'est désordonné .
Je pense  m'être trompée d'époque, de lieu, de tout de rien et puis plouf, plus rien .
 
Je crie :

- Lumière !
 
Et hop, ça redevient à peu près clair !
 
Je vis en parallèle sur deux parallèles .
 
                    // ce que je vois, ce dont je rêve //
// ce que je veux, ce que j'obtiens //
 
Souvent observatrice, toujours rieuse et sérieuse avec des exigences devenues des ultimatums.

Mon attente ...
Je vis comme je peux dans un monde que je ne comprends pas.
Dans l'attente .
Calmement, comme les autres, oui, vraiment comme les autres .

Bien sûr, ça me rassure !
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Samedi 28 janvier 2006 6 28 /01 /2006 12:55



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le chat noir  - Claude Theberge -

Il  chuchote .
Tu ne l'entends pas .
Il ne t'a pas oublié .
Tu ne le crois pas .
Il ne t'a pas laissé .
Il est parti .
Il n'a pas choisi .
C'est ainsi ...

Tout s'est tu, trop vite.
Et le bruit du silence est envahissant .

Il faut le décortiquer ce silence, lentement, puis percevoir l'absence, s'en imprégner et l'envelopper sans la froisser .

Que ça fait mal, je sais .

Il faut accepter au réveil d'être seule, glacée, seule.
Il faut renoncer aux dialogues, aux rires, au passé et pourtant encore et toujours  imaginer un contact .

Dans mes rêves il me parle souvent , encore , tout le temps.
Et cela fait pourtant vingt ans qu'il n'est plus .
Vingt ans ...

Voilà , c'est ça, dans les rêves, il chuchote, tu ne l'entends pas , il ne t'a pas oublié, il n'a pas choisi ...
C'est ainsi ...


 
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /2006 18:43
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         A travers le silence - Turedjiev -



 
Mon silence est long .
 
Et pourtant je me parle .
Je me parle tout le temps ...
... et ça ne me saoule jamais, moi !

Je me raconte et surtout je m'espère .
Je chuchote et je chantonne tout ce que je voudrais vous dire,
vous faire comprendre,
leur dire,
leur faire comprendre ...
Ou tout simplement, te raconter .
 
Mon silence ...
 
C'est une enveloppe de mots que je ressasse chaque jour et ça me réveille même la nuit tout ce bruit muet .
Parfois ça me rassure .
Parfois ça me détend .
Parfois ça me fait rire !
Et souvent  ça m'emmure ...
Alors,  je me surprends à  le chercher encore
mon silence,
mon long silence plein de mots .
 
Et puis, hop , ça s'efface , comme c'est arrivé !
Pas de trace , plus de paroles, plus de pensées .
 
 
Une fatigue . On dirait que je m'endors .
 
Je suis là  et j'attends en murmurant encore ...
Chut, chut, pas si fort !
 
 
Quand on pense que  le bavardage me caractérise si bien  !
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /2006 21:45
http://seb.brunel.free.fr/english/peinture/images/assise2.jpg

               Seb.Brunel - assise -


J'aimerai souvent être partout à la fois, pour vous écouter, pour vous protéger, pour vous satisfaire .
Sauter dans un avion, aller vers vous , courir, vous parler, vous saisir , vous surprendre ...
 
Mais c'est l'immobilisme qui me caractérise .
Serait- ce une peur ?
Serait ce une flemme ?
La prétention que rien ne se fera sans moi et  la fatigue renouvellée  de penser que tout est déjà là, tout est déjà arrivé ...
... sans même que je m'en aperçoive  ? 
 
Qu'est ce que je cherche au juste,
en m'entourant d'attente et en restant assise sur le coin d'un fauteuil ?
Pourquoi ces mots - amour et amitié - ne contiennent plus chair et me laissent esseulée ?
 
Je pense .
J'aurai envie de remplir vos dimanches de bouquets et vous offrir mes éclats de  rires et ma douceur .
J'aimerai vous lire et vous chantez les poètes .
Vous m'écouteriez  ; vos paupières seraient closes et je jubilerais de voir l'esquisse d'un sourire sur vos lèvres lorsque je dirais - rose - avec le O ouvert ...
... ouvert comme mon coeur qui espère et qui lentement, très lentement pourtant ralenti la cadence .

Mais que fait-elle ?
 
Oui, c'est l'immobilisme auquel vous songez .
Je reste .
Je songe .
Je suis à ma place .
Clouée .
Statique.
J'attends ...
... le lent dénouement sans raison apparente ?
Même pas !
Je suis lente .
On ne le croirait pas !
 
Je me complets dans l'immobilisme des gens qui ont peur , sans savoir bien sûr ni pourquoi, ni de quoi !







 
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Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Samedi 21 janvier 2006 6 21 /01 /2006 18:10
Consigne :
Ecrire un texte en employant les mots suivants :

morfondre ; port ; botte ; relation ; rauque ; enferrer ; épinette ; dérogatoire ; sixièmement ; confiseur ; essor ; avisé ; nul ; tranchant ; défier ; mouvoir ; déboulonnage; siffloter ; désservir ; crapuleux.


http://www.mollat.com/cache/upload/blaise.jpg Blaise, le poussin masqué de Claude Ponti .


 
 
Voici donc Ali .
 
C'est un petit poussin, tout droit sorti d'un album de Ponti , un petit poussin triste et seul , desservi par le sort .
Il s'appelle Ali et porte sur son dos un petit sac de délices .
 
Mais Ponti  a préféré Blaise, le Poussin Masqué et Ali, lui, et bien il s'est retrouvé froissé dans une feuille, direction la corbeille à papier .
 
Oh la la ! C'est pas facile ça, de siffloter en étant si snif snif !
 
Il est pas gentil monsieur Ponti aujourd'hui !
Il est même crapuleux et tranchant.
Il va le regretter le déboulonnage excessif et sans pitié de sa maquette .
 
Ali va aller se faire voir ailleurs . Voilà, c'est décidé !
 
Bon, comme dans toutes les histoires de petit poussin, Ali décide de faire le tour du monde parce qu'il parait que c'est là que se trouve l'ailleurs .
 
Il escalade le plastique de la corbeille, prend son essor, et ...
Plaf ! Il tombe sur le  sol , avance dans la pièce et sort .
 
Il aperçoit un port .
Tiens ! il y a des bateaux aux mâts d'épinette, des poissonniers aux lames tranchantes, des passants, des sauveuses de relation, celles qui vendent des frissons ... ça lui fait peur à Ali tout ce petit monde qui s'agite sans cesse autour de son duvet  .
 
Paniqué, il se réfugie chez un confiseur et reprend son souffle , mais déjà, il entend :
- Dégage de mes bottes !
Ah bè ça alors, il se fait disputer tout de suite alors qu'il a rien fait .
C'est nul !
Il ressort dégouté par son triste sort et avance encore .
 
Un petit poussin avisé en vaut deux : méfiance !
 
Il s'assoie et se souvient ...
 
Troisièmement : les parents de carton
Premièrement : Oum platichotte
Deuxièmement : la tempête
Quatrièmement : l'Eugénie des larmes
Cinquièmement : Broutille
Septièmement : Niagara Tiboize
Sixièmement : les biscuits du château d'Hanne hiversère
Dixièmement : Schmélele
Huitièmement : Bâbe
 
Il n'est pas sur de très bien savoir compter, mais ses souvenirs ça le rassérène .
Il n'est plus tout seul .
Il est si petit qu'on ne va pas le trainer en justice pour obtenir une commission dérogatoire pour si peu !
Il ne va pas se laisser aller à se morfondre , non !
 
Enferré depuis deux cent soixante six secondes dans ses pensées, il se dit qu'il a faim .
Il entend tout à coup une gentille voix pas rauque du tout qui lui dit :
- Ali, tes rations !
C'est Métébouché qui ne l'a pas oublié et qui l'a suivi.
Il  comprend qu'il lui suffit d'ouvrir son petit sac à délices pour se mouvoir sans crainte dans ce monde de brutes .
 
Il s'assoit, et attrape sans plus attendre l'album - un ami invisible - de son maître et change de son .
 


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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Samedi 21 janvier 2006 6 21 /01 /2006 15:29

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                  Ombres et lumières - Nacer Boudjou -


Je venais de mettre au monde Arsène peu de temps avant .
 
C'était bon, c'était doux, c'était chaud ... contre mon sein, sentir sa peau et dans mes mains... et des câlins et mes caresses, de la douceur ...
                     - intense -
 
Et puis, parce que dans le quotidien je repasse mes fleurs roses en écoutant la radio, j'ai entendu une info folle, une véritable parenthèse au bonheur .
 
Une toute jeune femme avait accouché la nuit,
seule, chez elle, et, envahie d'angoisses, de cauchemars, de détresse, de misère, de douleur,  de manque, d'absence, d'amertume, envahie par le rien qui censure la raison, elle avait laissé tombé son bébé dans le vide-ordure de son appartement.
 
Où étions nous, dis moi ?
Où étions - nous ?
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Par Annick Brillant - Publié dans : en vrac !
Vendredi 20 janvier 2006 5 20 /01 /2006 23:20
Merci Majoma ( que je ne connais pas soit dit en passant , et c'est ça que je trouve marrant !) de m'avoir gentiment autorisé à participer à ton :

Et si vous l'écriviez ?     



 
Marianne a un parcours estudiantin sans faille : major de promo - Cagne et Hypocagne - concours de conservateur de bibliothécaire de Lyon en poche , elle a choisi de travailler néanmoins dans sa petite ville natale car , eh oui,  même les intellos ont du coeur  et de la nostalgie : quitter plus d'une semaine sa boulangère, sa charcutière et sa crémière, ... non, elle ne l'aurait pas supporté !
Elles la connaissent si bien !
Marianne ne sort quasimment pas, alors à quoi bon la grande ville  ?
Marianne est célibataire, 30 ans  ; célibataire et ... vivant seule ! ( on se doit de le préciser car le mariage n'est plus une institution ! On est au XXI ème siècle , non !)
Marianne passe ses soirées et ses temps libres à traduire les classiques . Ca a déjà été fait maintes fois, mais elle ne fait confiance à personne, même pour traduire Homère ...
 
Néanmoins, la vie de Marianne vient de changer du tout au tout , car ...
Elle  a lu un article sur la fécondité dans la salle d'attente du dentiste et, à 30 ans, elle se dit , dans un langage plus académique certes, qu'il serait temps de s'affoler !!!
Et l'Amour et bien , ça ne se commande pas !
Et ça, ça l'affole encore plus !
Parce qu'aller en Belgique pour se faire inséminer, c'est pas vraiment fait pour elle !
 
Bref, à 30 ans elle est toujours seule ; ça l'ennuie ... horriblement . Et elle cogite .
Ca l'ennuie, pas pour l'amour à proprement parler, non, elle a l'habitude de ne pas se sentir  aimée ; cela l'ennuie à cause du ... du ventre qui parle .
 
 
Elle est assez spéciale comme fille !
Bon, je peux vous le dire, je la connais depuis ...
toujours ; école primaire, collège, lycée ... après je n'ai pas pu suivre !
On est presque pareilles toutes les deux, mais moi je suis pire en fait car " bourrée de complexes !
Elle non !
Elle est déterminée et c'est ce que j'adore chez elle ; une fonceuse .
 
Mais ...
 
Marianne est ... hideuse .
Oui. C'est le terme le plus approprié !
Pour vous le prouver, je ne vous cite qu'un exemple.
Elle a enlevé les miroirs de son appartement ; elle a même  décroché celui qui était dans l'ascenceur, car ...  on ne sait jamais !
Elle a peur de se faire peur .
Et ce n'est pas une plaisanterie .
 
 
Bon,côté  drague, il y a un big problème ; elle n'a aucune confiance en elle ; avec sa tête c'est normal !
Le seul jeune homme qu'elle approche c'est ce crétin de voisin  plein de taches de rousseur sur le visage
- Paul - qui habite l'immeuble d'en face et à qui elle donne des leçons particulières deux fois par semaine  ; mais bon, il a 15 ans et le détournement de mineur , ce n'est pas fait pour elle non plus !
 
 
C'est néanmoins dans l'immeuble d'en face que tout a commencé !
 
Elle me l'a confié l'autre matin et je suis tellement ravie qu'il lui arrive un truc , de ... normal , que je m'empresse de vous le raconter, même si c'est un secret !
 
Un secret entre nous deux .
 
" Lucie, j'ai un mec dans ma vie ! ", voilà comment elle m'a présenté les choses .Sans détour et sans style . Inhabituel !
 
Jusqu'à présent, elle l'évite ce jeune homme , elle l'observe de son balcon ; elle n'ose pas ; elle est très conne, Marianne !
Mais bon, moi je suis son amie et ... je compatis - elle n'a aucune chance ; elle est laide , lui un play-boy , enfin presque , d'après ce qu'elle dit .
Bon remarquez, il est toujours célibataire et il a la trentaine passée, alors ... cela doit être un drôle de play-boy !
 
On l'imagine ...
 
 
Tout s'est réellement accéléré la semaine dernière ; elle est montée comme d'habitude chez le petit Paul .
Il lui a demandé si elle connaissait le voisin du dessous .
Elle lui a dit qu'elle ne voyait pas de qui il voulait parler .
Il a répondu "c'est  celui qui tous les soirs sort pendant trois heures ... et qui doit avoir le même âge que vous " .
Elle a poursuivi  instantanément :
- " Il vit seul ? "
Il a acquiessé .
Ils n'en n'ont plus parlé mais ...
 
Désormais elle guette !
 
Oui, il vit seul.
C'est une certitude .
Mais pourquoi sort -il chaque soir à la même heure ?
Et où va-t-il ?
Depuis une semaine, tous les matins, tous les soirs, elle surveille , cachée derrière son rideau pour ne pas se faire remarquer.
Bon le concierge a l'air d'avoir compris le petit manège !
Malin, il lui a demandé l'air de rien :
- Vous êtes souffrante mademoiselle Marianne ?
Elle n'a pas répondu !
 
Marianne est très régulière , en tout et elle sait  quand cela doit arriver .
Elle a fixé la date .
Elle a pensé à tout .
C'est réglé comme du papier à musique tout ça .
Le 20 janvier ...
... elle va se métarmophoser en rapace ; oui, c'est cela ; il sera sa proie pour le meilleur et pour le pire .
Elle espère ... surtout pour le meilleur !
 
 
En attendant, tous les soirs, elle réitère en regardant son petit calendrier féminin.
 
Son ultimatum : le 20 janvier , elle ne soufflera pas les bougies de son 31 ème anniversaire en compagnie de papa, maman, frérot, soeurette, non, le 20 janvier , elle va le suivre et ...
 
Advienne que pourra ...
 
 
Le jour J est arrivé .
Marianne a travaillé et en sortant de la bibliothèque elle a senti un  frissouilli guiliguili lui chatouiller le nombril .
Elle allait devenir femme d'ici quelques heures et ça, c'était incroyablement excitant !
 
 
 
Elle accélère le pas .
Où va-t-il bon sang, où va-t-il ?
Il marche tranquillement sans se retourner, seul .
Il se promène .
C'est étrange , on dirait qu'il ne va nulle part .
Il fait le tour du quartier ... plusieurs fois ...
 
 
 
Elle est planquée là, sous la porte cochère et quand il apparait, hop elle lui saute carémment dessus, persuadée qu'il va dire :
- Pourquoi ?
- Pourquoi moi ?
 
Et lui, ah !  la classe ! 
Il lui entoure la taille et lui dit :
- Pourquoi ici !
 
Vous le croirez si vous voulez, il l'a emmené chez lui, comme ça, là, sans détour et elle a adoré ça .
 
Elle me l'a dit sans me donner de détail mais j'ai vu à son regard que ... hummm...
 
J'ai imaginé la soie, les frissons, tout ce que vous voulez savoir sur la sexualité d'une laide et que vous n'osez pas demander .
Je l'ai tellement imaginé que ça m'a donné une idée ...
 
 
Quand un mois plus tard, elle m'a appelé pour venir savourer le résultat du test, on a ri, on a ri .
 
Et moi, Lucie, qui ne suis ni mieux, ni pire qu'elle ,  eh bien, je vous promets de vous raconter sans plus tarder comment je m'y prendrai avec Nathan, le beau voisin de palier de ma grand-mère que la Providence vient de me mettre sous le nez dimanche dernier !
( Enfin , pour ceux qui croient à la Providence ! )
 
 ... à suivre !

Annick SB


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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Vendredi 20 janvier 2006 5 20 /01 /2006 22:48

L'image “http://www.centrevillepourtous.asso.fr/IMG/Lorette_squat.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Il l'avait trouvée au passage de Lorette  ... c'était une soirée inhabituelle ...
Elle était allongée.
Ses lèvres ne bougeaient plus.
Elle gémissait.
Elle avait mal, très mal .
Elle souffrait et son regard le suppliait.
Elle saignait abondamment.
Sur la couche, des fils s'effacaient dans le rouge .
Merde, pensa-t-il, qu'elle est jeune, dix-douze ans, à peine .
La vie ne va pas sortir de son corps simplement.
Ses lèvres étaient cousues.

Du kool coulait un peu sur ses joues  ; des larmes noires  ; elle s'essuya d'un geste lent et geint une fois encore .

Il n'avait jamais vu une chose pareille.
Il avait honte .
A quoi bon , la honte ne sert à rien.
Il ne pouvait pas rester indifférent .
Il avait peur qu'elle claque, là, si jeune, si frèle dans l'indifférence habituelle .
Il demanda qu'on l'emmène.
Personne ne l'écoutait vraiment .
Beaucoup pensaient il est trop tard .

Il la mit dans une énorme doudoune et la transporta aux urgences .
C'était un soir de réveillon, je crois , je ne sais plus trop quelle année .

Annick SB






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J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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