Au pied du mur ... quelques gribouillis ...
... l'atelier d'écriture
"la poudre d'escampette", sur le net,
qui inspire beaucoup de mes textes ...

Bonne année à vous !
L'R du temps, l'air de Renouveau

Création réalisée pour Renouveau Association Villages Vacances, qui fêtait ses 45 ans avec le passage à l'an 2000.
Je m'appelle Zoé, je suis servante.
Vous savez certainement que les fées peuvent faire des miracles.
Oui, bien sûr, vous savez !
Mais pas en toutes circonstances.
Ceci vous ne le saviez peut-être pas ... c'est la nuit de Noël qu'elles décident du ou de la miraculée à venir.
Oui, les fées aussi fêtent Noël depuis deux siècles je crois et d'une étrange manière que je vais vous conter.
Jadis, avant les Rois mages, elles se penchaient sur les berceaux et "hop", d'un coup de baguette magique... vous connaissez la suite .
Mais les Rois mages ont compliqué leur tâche et voilà comment cela se déroule désormais.
Chaque année, le 30 novembre, elles commencent par confectionner ensemble un calendrier de l'avent un peu spécial ; ce ne sont ni les 24 cases remplies de chocolats, ni le même nombre de fenêtres décorées à ouvrir, ni des bougies à allumer, non, rien de tout cela.
Vous devinez sans doute ?
Oui, c'est exact, ds listes, bien sûr, ce sont des listes.
Elles écrivent des listes de mots.
Chacune d'entre elles doit écrire cent mots sur un long parchemin de papier très fin, du papier hostie.
Cela leur prend vingt cinq jours avant Noël : quatre mots par journée, deux beaux et deux laids.
La difficulté est qu'elles n'ont pas le droit d'utiliser ceux de l'année dernière, ni ceux bien sûr d'une autre fée, ce serait trop facile autrement !
C'est inouï la mémoire d'une fée, inouï !
L'encre qu'elles utilisent sent bon car elles distillent des pétales de fleurs pour la fabriquer, mélangée à un peu d'ambre grise.
Une plume d'oie sert à consigner les mots, et peu importe l'ordre et peu importe l'orthographe.
Au final, seul le goût comptera.
Cent mots à écrire à l'encre parfumée sur un parchemin. Simple .
Et à la clé ... un miraclme.
Ensuite, quand les listes sont terminées, le matin du réveillon, elles préparent des mets aux saveurs exquises ; c'est là que j'interviens, moi, Zoé leur servante ; j'épluche, je lave, je rince, je fais bouillir, je récure, je frotte,...
Mais pour ce qui est de l'incontournable spécialité : la meringue fondante dentellée, je ne peux pas vous en dire davantage ; je ne connais pas la recette ; je sais seulement que l'ingrédient principal est le blanc d'oeuf monté en neige à la baguette, puis posé magiquement sur la fameuse liste de mots écrite pendant des jours et des jours.
Quelques minutes de cuisson suffisent.
Un délice.
Goûtez-en si vous avez l'occasion.
Mais, attention pas d'abus, surtout pas d'abus !
Une heure avant le repas, elles dressent une tablée féerique.
Je les aide bien entendu, modestement.
Et puis, quand tout est prêt, elles me laissent seule poure allumer le feu dans la grande cheminée et elles sortent ; pour attraper un docteur.
Au hasard.
Pas le hasard des statisticiens, non celui des fées, un hasard très spécial.
Elles le happent.
Ne me demandez pas comment elles font ; elles n'ont jamais voulu me le raconter et encore moins me le montrer.
Dès qu'il arrive dans leur deumeure, elles lui offrent un délicieux repas en guise de bienvenue, un repas de réveillon d'une finesse incomparable et puis quand il a terminé le dessert, ce cher homme, elles l'écoutent ; c'est aussi simple que ça.
Mais attention, gare à celui qui dit n'importe quoi !
Le pouvoir des fées est sans limite, enfin, presque.
Elles parlent toutes les langues, elles comprennennt tous les mots, toutes les paroles ; elles sont perspicaces, même si le plus souvent elles se taisent et écoutent les autres, silencieusement.
Gare au docteur, il ne doit pas raconter des broutilles, non.
C'est un miracle qu'elles attendent, un miracle, ni plus ni moins.
Et comme ce sont des fées, et qu'elles ont des pouvoirs magiques et bien, dès que le miracle est relaté, hop, elles le réalisent ... vé ... ri ... ta ... ble ... ment ...
Ca non plus je ne sais pas comment elles font.
Je sais juste qu'un miracle n'est jamais divin mais féérique ; c'est aussi simple que ça, je crois !
Cette nuit-là, c'est le docteur Bonenfant qui avait été happé - au hasard -
Il n'avait rien compris à ce qui lui arrivait et puis il ne savait pas trop quoi dire devant tant de fées, car des miracles, eh bien il n'en avait jamais vu de sa vie et puis il était intimidé par les femmes.
A la fin du repas, il ne quitta pas la table tout de suite, car il était très très enquiquiné ; il répétait :
- " Un miracle, un miracle ... mais si..., j'en ai un, et un bien étrange encore ; c'est une histoire fantastique.
J'ai vu un miracle ! Oui, mesdames, un miracle, la nuit de Noël !"
Il disait n'importe quoi pour faire passer le temps et peut-être aussi car il commençait à avoir peur, qui sait ?
- Aaaaaaaaaaaah ??? ont-elles murmuré d'une seule voix.
Elles le regardèrent très attentivement retenant leur souffle.
Pris de panique, .......................... il tendit précipitemment son assiette, comme un imbécile.
Une deuxième part ; il souhaitait une deuxième part.
Il osa demander une deuxième part de meringue fondante dentellée aux fées le soir du réveillon de Noël.
C'était inouï, incroyable, extraordinaire mais pas féerique du tout, ça je vous le dit !
Il ne restait plus que leurs regards et le silence qui envahissait la salle.
Le docteur ne comprenait pas pourquoi tant d'étonnement, d'agacement dans le regard des fées.
Il était mal à l'aise.
Elles le resservirent néanmoins, poliment.
De vraies fées. Et ceci se répéta toute la nuit.
Une fois, deux fois, trois fois ; et à chaque fois, il en redemmandait!
Et le repas ne se terminait pas ; et elles attendaient le miracle et il mangeait, mangeait, mangeait.
Je ne crois pas que c'était gourmandise de sa part ce besoin de se remplir de la sorte.
Cela dura toute la nuit, oui, toute la nuit.
Et au petit matin, chers amis, désolée de vous décevoir, ce sont elles , les fées, qui sont restées sur leur faim, sans un seul miracle, car le docteur Bonenfant avait mangé tant et tant de meringue fondante dentellée, qu'il ne pouvait plus parler.
Il était écoeuré, malade quoi !
Elles l'ont laissé sortir dans le parc ; je l'ai accompagné et en refermant la porte j'ai cru en entendre une qui disait aux autres :
Non, ça ne se passera pas comme ça !
Je n'ai pas bien compris pourquoi, mais c'est comme ça que ça s'est pasé .
1 - le miracle -
Ce fait-divers s'est passé il y a une vingtaine d'années environ, un tout petit peu moins très précisément , mais pourquoi de la précision ?
On en a pas besoin ; c'est trop tard .
On est au 21 ème siècle , non !
Qu'importe après tout que cela se soit passé le 14 avril 1986 ou le 25 décembre de cette même année ?
Cela aurait-il changé quelque chose ?
Le courant traverse les vêtements de la même manière, qu'ils soient chauds ou non , d'hiver ou d'été ?
Quelqu'un à l'atelier peut-il me dire la composition des chaussures de sécurité sur les chantiers EDF ?
Et qu'est ce que j'en ferai de cette composition si vous aviez l'obligeance de me la communiquer ?
Pas grand chose !
Rien très exactement !
L'absence de divin dans cette terrible histoire ne nous manque pas .
Et pourtant la miracle a eu lieu.
C'est le temps du miracle qui lui était trop court .
Le manque est dans la durée.
Le matin, j'ai reçu un appel téléphonique dont je n'ai retenu que les dernières paroles :
" Tu vas devoir être courageuse ".
C'était son père à l'appareil.
Tous ceux qui me connaissent savent que je n'ai AUCUN courage .
Aucun !
Je suis une peureuse, une froussarde, une pétocharde , une trouillarde ... et si un sujet traitait des peurs sur l'atelier , vous seriez obligés de vous désinscrire pour ne pas voir votre boîte mail exploser tellement j'en aurai des choses à écrire, tous les jours, toutes les heures.
J'ai toujours eu peur .
Alors me faire injonction d'en avoir - du courage - c'était déjà prévoir le pire .
Du courage en ai-je eu lorsque j'ai décroché le téléphone pour joindre l'Hôtel dieu de Marseille - service des grands brûlés ?
Je ne sais pas exactement .
Ce n'était ni courage ni appréhension, je crois.
Le miracle se situe là .
Et le docteur Bonenfant, chef de service dans cette unité spéciale a longtemps témoigné devant ses infirmières :
- Le miracle, c'est qu'après que le courant - 60 000 volts - l'ai traversé de la tête aux pieds le projetant sur le sol avec un violence extraordinaire, il était encore en vie -
C'est ce qu'il m'a dit ce cher docteur au téléphone :
" Un miracle, madame, il est brûlé à 90°/° ; seuls les pieds sont intacts ; et il est encore en vie."
J'ai balbutié :
" Vous allez le sauver ? "
Le docteur Bonenfant, la gorge serrée m'a fait comprendre que le miracle était très court .
Le miracle ce n'est pas de la magie.
Le miracle ce n'est pas du merveilleux .
Le miracle se heurte aux limites de la Science.
Ce n'est pas beau un miracle, pas forcément.
Le miracle de la Vie ...
Et ...
Et il était encore en vie , car il attendait la nuit pour partir ...
Et il attendait la nuit pour partir, parce que la nuit, c'est calme ...
Et la nuit c'est calme, car les étoiles veillent sur les survivants .
Elles brillent .
Et elles brillent pour qu'on y croit .
Dans la nuit qui suivit cette atroce matinée , sa mère et moi nous nous sommes réveillées à la même heure, envahies par une même chaleur ; terrifiées par le même sentiment de la Perte .
Nous l'avons senti partir, nous quitter .
Chacun choisirait-il son heure ?
Cette nuit là, et peu importe si ce n'était pas Noël, nous sommes devenues elle et moi , pour de longues années encore, victimes et complices de l'extraordinaire , de la magie de la mort ; nous avons eu la preuve que l'Amour est plus fort que la Mort .
Nous sommes devenues des fées d'hiver .
On ne croyait pas aux miracles avant ; maintenant non plus .
On a vu son désir frôler sa Mort et la détourner de quelques heures.
Il n'aurait jamais pu partir sans nous saluer elle et moi.
On a vu notre douleur s'acheminer vers l'espoir .
On n'aurait jamais pu le quitter sans le saluer , lui.
On a levé nos yeux vers le ciel , enfin vers le plafond de nos deux chambres.
Elle était à Dieulefit , moi à Marseille.
On a crié .
C'était fou, intense, atroce, long.
On a voulu croire.
On a voulu un miracle .
Il a eu lieu .
Il a duré moins de 24 heures, mais la précision du temps n'a aucune importance , je vous l'ai déjà dit .
PS : Les fées d'hiver sont des personnages féminins très fragiles, héroïnes du quotidien banal et parfois sordide de la société du 20 ème siècle .
2 - la cruauté -
La fée d'hiver a 25 ans .
Elle est en manque .
Elle n'est ni alcoolique , ni toxicomane.
Elle vient de perdre son Amour de mort violente .
C'est cruel.
Elle est abattue .
Elle survit .
Elle vit.
Elle ne sait pas faire autrement car elle aime la Vie .
Elle est belle.
Après qu'elle soit devenue bien malgré elle une fée d'hiver , elle a plongé , elle ne sait pas dans quoi exactement , pas dans la mer ça c'est sur !
Ni dans la merde non plus d'ailleurs, car elle n'était pas seule ; on l'a aidé.
Merci à tous ceux qui étaient là .
Merci à Sophie .
Elle a plongé car la Vie avait décidé qu'elle ne la mène plus, tout en la continuant.
Vous suivez ?
C'est la corbeille ou vous vous accrochez ?
Ce soir, elle a trois verres de Beaujolpif dans le nez alors ça va déménager elle en est sûre !
Enfin, c'était incroyable d'être robotisée et mise à l'écart tout en étant devenue un centre d'intérêt pour beaucoup .
Ca ne s'observe pas à la loupe une nana qui a perdu son Amour de mort violente, non, on n'oserait pas !
On cache la loupe mais elle la sent quand même, souvent, toujours .
Par exemple,en mai, elle est allée en boîte de nuit antillaise sur le Vieux port avec des amis et elle a dansé la biguine, et une copine, pas vraiment une amie, non, a prononcé ces mots malheureux de " veuve joyeuse" .
Car elle l'avait vu rire aux éclats en dansant.
Un mois après ; dans une boîte antillaise ; en mai 1986.
Qui se souvient d'un seul jour de sa vie où elle n'a pas ri ?
Personne .
Elle a peur et elle rit .
Imbécile heureuse ?
Non, pas vraiment .
Culpabilisée ?
Même pas .
Ecoeurée, ça oui .
Vous qui avez surement une belle culture littéraire, vous vous souvenez de l'interrogatoire de gendarmerie dans " Plume d'ange" de Nougaro ?
Si oui, continuez.
Si non , allez sur Google, tapez, "Plume d'ange - Nougaro " et laissez-vous emporter par le texte .C'est son texte préféré.
Et bien oui, à l'interrogatoire, la fée d'hiver, elle y était .
A Gardanne précisemment ; l'adresse du chantier.
Incroyable , hein ?
Pas en mai, non, directement en avril, à chaud quoi ?
Complètement abasourdie qu'on puisse en être arrivé là !!!
On ne la soupçonnait pas de pédophilie, elle, non, ça non, bien entendu .
Mais tout simplement d'être peut-être à l'origine d'un suicide .
Et oui, les assurances et tout et tout ... elle n'ont que ça à foutre de mener une enquête sur un jeune couple plein de vie, de gaité et d'amour qui part en fumée .
Un accident du travail ça se démontre dans une gendarmerie, pas sur le chantier !
Et elle a du témoigner sur Procès Verbal ce qu'était leur Vie.
Elle a du raconter son intimité à des gendarmes .
Elle ne fera plus l'Amour avec son Amour et elle doit leur dire qu'ils faisaient l'Amour.
Et ils disent ces cons : " Souvent, toujours, comment, pourquoi ? "
Elle ne mangera plus en tête à tête avec son Amour et il faut qu'elle raconte qu'elle mangeait le soir, le midi, parfois, tous les jours ; elle habitait à 10 mètres du " royaume de la Chantilly" sur le Vieux port à Marseille, et ils en mangeaient souvent le dimanche , et ils jouaient avec même, et ils déconnaient et ils se marraient ; la Vie quoi !
Elle ne se lavera plus avec lui dans la salle de bain , mais il faut qu' elle dise qu'ils jouaient comme des amoureux, comme des gamins sous la douche.
Il fallait qu'elle raconte son projet de voir Mathilde naître .
Mathilde n'est jamais née .
Elle n'a pas eu le temps.
Les spermatozoïdes se sont arrêtés en chemin ; il ont été brûlés eux aussi .
Et elle le dit aux gendarmes tout ça, car en parlant elle a l'impression que son Amour est là, derrière leur putain de porte et qu'il va l'emmener en lui disant : " n'aie pas peur, c'est fini ; c'était un cauchemar " . Il est là ; elle le veut ; elle l'espère et elle raconte, elle raconte, elle raconte...
Elle est pitoyable de naïveté.
Et elle a peur, et c'est jamais fini, et c'est pas un cauchemar...
Elle s'en souvient comme si c'était hier .
IL LUI ONT FAIT SUBIR UN INTERROGATOIRE ALORS QU'ELLE VENAIT DE LE PERDRE .
Elle leur en veut toujours . A mort .
Elle n'en est pas tout à fait remise .
Magré la Vie qui a pris le dessus, malgré les autres compagnons , malgré son mari , ses enfants, ses amis, malgré la Vie qui continue.
Dites docteur Bonenfant, avez - vous un petit miracle à lui proposer ?
S'il vous plait ?
S'il vous plait ?
S'il vous plait ?
Elle est cruellement en manque de miracle .
3 - la réalité -
Je me souviens ... elle fredonnait :
" Ecoutez cette histoire que je vais vous conter , ...elle se passe en Provence au milieu des moutons, dans le sud de la France au pays des santons ..."
Constat :
Le ravi, froissé, a glissé de sa terre en papier...
Les veillées ont hélas disparues depuis longtemps...
La fée d'hiver est seule . Elle attend la révélation de sa réalité .
Son Amour n'est plus ; vous le savez .
Finis leurs projets, envolés leurs rêves .
Trop meurtrie pour continuer " les études"... de sociologie .
(Le sujet était sympathique pourtant : " Analyse du changement social à travers un exemple de littérature - Alice aux pays des merveilles - ")
Il faut trouver une autre idée, une autre réalité .
Passage obligé par l'Anpe :
Tests .
Des manivelles et des poulies que l'on tourne dans tous les sens ; du bidon, du bidon .
Elle joue le jeu ; elle se prend au sérieux, elle répond, coche, entoure, écrit ...et attend les résultats .
Surprise lorsqu'elle les lit .
Photographe !
Voilà ce que l'on lui suggère ! ( entre autre, mais en premier ! )
- sens aigu de l'observation , souci du détail , précision , émotion, sensibilité : tout y est !
Même la déprime ils l'ont vu .
Vous croyez que France-dimanche voudra d'elle ? SOURIRES !!!
Il y a toujours une photo que l'on a oublié de prendre, un cliché qui n'a pas trouvé les mots.
Cette réalité proposée ne sera pas la sienne ; la fée d'hiver est allergique au révélateur .
Annick SB
Je cherche ce qui me gène le plus dans le blog.
C'est le mot -BLOG - justement qui ne veut rien dire pour moi.
Rien.
Je cherche ...
Bavasse Lisse Occidentale Généralisée ?
Big Litanie Overdosée Gluante ?
Bégaiement Long Oppressant Glacé ?
Bourde Lumineuse Orientée Géniale ?
Je ne sais pas très bien .
Je ne cherche plus ; il faut vivre avec son temps !
Pas de Pannick, tout va s'arranger ...
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à vous ...