Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Dimanche 31 décembre 2006 7 31 12 2006 17:25
http://perso.orange.fr/jean-claude.leroux/barbeles%2002.jpg

Quand vous passerez surtout, baissez bien la tête, ne vous faites pas mal, prenez soin de vous ..

Allez allez courage !
L'année s'achève avec tout ce qu'elle a eu de torture, de non dit, d'attente, de blessure...

Allez allez courage !
De l'aute côté, demain, il y aura le rêve, il y aura la vie qui reprendra ses droits
Le chien qui aboiera et remuera la queue
et ce chaton qui miaulera
et la douceur du matin enneigé qui émerveillera nos yeux.

Les chants, les rires,
Les paroles des enfants,
et les questions des plus grands
C'est quand ?
C'est où et ça sera comment?
Dis moi ...

Et je leur répondrais :
Ce sera comme tu vas l'inventer
pour toi, pour nous ...
Ca sera de l'autre côté de ces fils qu'on nous a entortillé à notre insue,  de l'autre côté de cette parure que je suis tout de même désormais obligée d'enfiler pour ne pas me déchirer à mon tour ; question de survie !

Allez, allez courage !
N'ayez crainte, tout va bien se passer ...
Dans quelques heures, on va se dire "bonne année " ...

Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Lundi 25 décembre 2006 1 25 12 2006 23:06

http://imagineressources.linternaute.com/document/image/550/noel-joyeux-chemoa-paris-france-187492.jpg



Pendant des années, le Père Noël a apporté chez nous des petites souris ...
comme celle-ci !!!

Souvenir délicieux ...


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Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Dimanche 24 décembre 2006 7 24 12 2006 17:26
Comptine ...

Elle est longue l'attente,
Alors les enfants chantent :
" Petit papa Noël,
Descends vite du ciel. "

Les enfants ont chanté,
Puis ils l'ont appellé :

   - Dis Noël es-tu là ?

                         - Chers amis, me voilà !

L'image “http://forum.alsacreations.com/previews/1376-pere-noel.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Joyeux Noël à vous tous !


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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Jeudi 14 décembre 2006 4 14 12 2006 07:14
L'image “http://perso.orange.fr/cflahaut/images/globe_livre.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Ce que je vais vous raconter n'a rien d'extraordinaire.
Je vais vous parler d'un ami que j'ai perdu de vue depuis longtemps, hélas... mais que je sens encore au fond de moi de manière très intense .
La dernière fois que l'on s'était retrouvés, il avait évoqué un voyage aux pays des gens normaux .
Spontanément, ça m'avait fait sourire, rire, éclater de rire comme expression !
Mais au regard des nombreuses conversations que nous avions eu ensemble,  je m'étais  rendue compte qu'il ne fallait peut-être pas considérer cela en plaisantant .
Avait - il vraiment envie, non pas de me le faire découvrir, mais que j'envisage un jour d'y débarquer ... juste quelques instants peut-être, pour l'expérience, pour pouvoir comparer l'enfermement et la liberté, pour poser mes valises  ?  
Je ne sais pas, pas plus que je ne réponds véritablement à ceci :
Avait-il seulement envie de me faire découvir quelque chose ?
 
 
C'était il y a longtemps, et depuis j'ai changé d'adresse .
Mais je me souviens ...
Je me souviens, qu'après mes éclats de rire à la terasse du café,  je m'étais  mise à pleurer et à douter ...
Pas de moi-même, pas de lui , notre relation s'estompait comme toutes les relations .
C'était inévitable .
Je m'étais mise à douter de la vie plus simplement, de la sincérité qui nous appeure, de la spirale des rencontres toujours mouvante comme un tourbillon qui t'emporte et qui t'éjecte, là, en contre-bas, sans te prévenir, inexorablement .
Je ne vous cache pas que c'était douloureux, très douloureux .
 
Le pays des gens normaux ... j'y songe encore aujourd'hui en me rappelant de cet ami , mais  je serai bien incapable de vous en proposer un guide .
Je suis trop ancrée dans mes songes .
 
Un guide d'ailleurs ... pour trouver quoi ?
un soulagement ?  
un ennui ?
une réponse ?
une solution ?
une action ?
 
Et pour aller où ?
 
 
Malgré toute mon immobilité, je m'étais rendue à l'époque dans de nombreuses agences de voyages, et moi qui ne voyageais jamais, je n'avais rien à demander de concret  à l' interlocutrice tirée à quatre épingles et à la voix stéréotypée .
 
C'était de la curiosité pure comme un défi en vue d'une délivrance, qui sait ?
 
- Vous souhaitez un renseignement madame ? demandait-elle gentimment .
 
- Non merci , je regarde, répondais-je assez mal à l'aise .
 
Je feuilletais les brochures , en vain .
 
 
Et puis , quelques minutes après , au moment de ressortir de l'agence , l'hôtesse me sentant  désemparée et bredouille, me proposait des destinations, comme ça, par hasard, dans l'espoir de me faire réagir probablement ou de me faire sourire et rêver qui sait ?
 
Sur le catalogue qu'elle  me tendait , je voyais par exemple la photo d'un couple en train de se marier , à l'autre bout du monde :
costard gris clair et grande robe blanche ...
Pourquoi aller si loin pour faire un truc aussi banal ? Le goût de l'exotisme probablement ?
 
Je ne comprenais  pas ; émotions non partagées .
 
Puis, dans ma tête, je voyais la photo qui  s'animait et alors là, l'angoisse me prenait ; le pays des gens normaux, ça devait être  le pays de la mascarade . 
Je ressentais des ricanements angoissants .
 
Je n'aurais jamais pu pas jouer ce rôle ; je ne sais pas faire !
 
 
Remarquant mon rictus appeuré, l'hôtesse  me tendait une autre photo sur une autre page, et là, c'étaient des gens entassés dans des wagons bruyants avec des portes qui font pshhhooout ... à chaque arrêt , une heure aller une heure retour : visite incontournable , Versailles, tour Eiffel champ de mars, etc etc ... le bruit, la foule ...
 
Je ne voyais rien de très excitant dans cette fourmillière et l'hôtesse n'insistait pas .
 
De cliché en cliché, je ne sentais ni soulagement, ni attrait . Que du vide ...
 
 
Alors, lasse,  je suis retournée chez moi, j'ai pris un bouquin extraordinaire, je me suis allongée sur mon lit et je suis entrée dans  le pays des gens rêveurs !
 
Pas besoin que je vous communique le titre, n'est ce pas ?
Au pays des gens normaux, on ne sait pas communiquer... c'est certain !
Mais vous vous savez deviner ... c'est étrange notre complicité ... vraiment étrange vous ne trouvez pas ?
 
Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Samedi 25 novembre 2006 6 25 11 2006 17:20
 
Ils ont des robes noires et des cols de fourrure.
Tu les regardes.
Tu n'as jamais vu ça.
Tu ne parles pas.
Tu ne sais pas véritablement pourquoi tu es là.
Qu'as-tu fait ?
As-tu décidé quelque chose ?
Ou la vie t'a pris de court, comme ça, comme souvent depuis six ans ?
Tu dois y être.
C'était écrit.
Tu ne sais pas lire.
Mais on t'a dit que c'était écrit, qu' il fallait y aller, que ça allait changer ta vie .
Tu ne veux pas que ta vie change, pas tout le temps, pas maintenant, surtout pas, non.
Tu es bien.
Tu as peur aussi.
Tu as  senti qu'il se passait quelque chose d'important.
Mais tu ne sais pas vraiment ce que c'est.
 
Avec leur robe noire et leur col de fourrure , ils te paraissent grands, plus grands que les autres personnes qui sont présentes aussi .
Il y a beaucoup de gens dans ce long couloir.
Ils attendent comme toi.
Ils ne parlent pas.
Chacun a l'air préoccupé, à, sa manière.
Ne pas  montrer aux autres que tu l'es .
Ils ne te regardent pas dans les yeux.
Tu te sens seul.
Et pourtant tu  es accompagné.
Tu as toujours été accompagné, même quand ...
Le paradoxe est un mot que tu ne connais pas ; tu le vis seulement.
Tu attends.
 
C'est ton tour.
Tu entres dans une très grande salle.
La table est immense, vraiment immense.
Tu te souviens que tu n'avais jamais vu de table avant.
Tu n'avais jamais vu de table comme ça .
On t'installe sur un grand fauteuil.
Tu ne peux pas t'adosser sinon tes pieds touchent le velours et elle t'a regardé en te faisant signe de ne pas les poser dessus.
Tu as compris son signe.
Tu l'aimes.
Elle t'aime.
Tu ne mets pas les pieds sur le fauteuil.
Elle n'est pas comme d'habitude.
D'habitude elle te serre, elle rit, elle parle.
Là, elle est sur un autre fauteuil et elle se tait.
Et lui aussi.
Il t'aime.
Tu le sais.
Ils sont tous les deux de part et d'autre de ton siège.
Tu ne peux pas être sur leurs genoux, ni à elle, ni à lui.
Tu réalises que c'est la première fois que tu ne peux pas les toucher.
Tu cherches la bêtise que tu as pu faire pour qu'il soient si éloigné de toi .
Tu ne la trouves pas.
 
Une dame avec sa grande robe noire et son col de fourrure blanche parle.
Tu entends ton nom.
Elle le prononce mal.
Mais tu ne dois rien dire.
On ne te demande rien.
Tu as même l'impression qu'on ne te parle pas vraiment.
Mais tu es là et on parle de toi.
 
 
On te demande de retourner dans le couloir.
Encore attendre.
D'habitude tu bouges, tu souris, tu vis.
Là tu es tétanisé.
Tu as peur.
Tu ne sais pas ce que tu as fait.
Tu ne bouges pas.
 
Ils reviennent te chercher longtemps après.
Tu t'assoies sur le même fauteuil et eux aussi, chacun sur le sien, de part et d'autre.
 
La dame avec sa longue robe noire et son col de fourrure blanche parle de l'autre côté de l'immense table.
Elle a le sourire maintenant.
Tu entends ton nom.
Ils l'éppellent, pour être sur que c'est bien toi peut-être ?
Tu entends les lettres et ça te rassure car tu les connais par coeur les lettres de ton nom.
Tu ne sais toujours pas ce que tu as fait.
 
Voilà, c'est fait.
Tu sors avec eux.
Ils sourient.
On  les félicite.
Ils remercient.
Pudeur.
Toi tu regardes la longue robe noire avec le col de fourrure  de toutes ces personnes en tournant la tête tout en avançant.
Tu donnes la main à ton papa et à ta maman qui t'aiment et tu ne laches pas du regard les longues robes noires et les cols de fourrure.
 
Il parait que maintenant tu es français .

Annick SB
 
 
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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Vendredi 17 novembre 2006 5 17 11 2006 00:00
L'image “http://mireilleturcot.chez-alice.fr/photo7l.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Aquarelle de Mireille Turcot - Encerclée -


chut ...
 
silence dans la messagerie
 
tout est calme
trop calme
plus rien ne répond
 
je ne réponds plus de rien, pense Cendrillon mi affolée mi hagarde
 
étrange virtuel qui lui bouffe la tête
lentement
pire que le chiffon à poussière qu'elle oublie de passer sur la masse immobile de son quotidien
là, ça s'effiloche dans les pensées depuis quelques temps et ça ne fait pas de cloques aux doigts
c'est déjà ça !
Cendrillon n'est pas une fée
elle a l'habitude
elle sait supporter,  attendre, encaisser, pleurer, crier, grimacer, se tordre, gémir, sans bruit et sans bouger
elle sait avaler
c'est comme un acide invisible qui ronge tout dedans
 sans douleur apparente car ingurgité à gorgées trop rapides
 avec la frénésie du   "c'est surement trop tard "
quand rien pourtant ne semble commencer
comme la lettre d'un défunt que l'on entrouvre très longtemps après sa disparition, très longtemps après par surprise, comme le pli "boum-errant" qui revient sans avoir été lu.

Cendrillon est pudique et démolie par tant d'indifférence ; malgré tout, elle crie en silence pour que l'acte soit établi, l'autorisation d'y croire, sans notaire, sans écrits, juste par la pensée, douce, animale, magique, intense, vraie
comme la lumière qui se cache sans bruit derrière les volets que l'on n'ouvrira plus parce qu'un jour il n'y aura plus de maison
comme la vie qui fuit, à toute hâte et c'est pourtant si long la vie que l'on se doit de s'y sentir aspiré
 
tout est calme dans la messagerie
plus rien ne répond
 
 
l'immobilisme des uns a fait place à l'incertitude des autres
ou bien alors c'est l'inverse
Cendrillon n'a pas de logique
elle ne sait pas ; elle n'a jamais su
sa tête est comme un girouette stupide qui grince par rafales
 
les nouvelles sont bonnes
le chien est toujours là
tout va bien

dormez, dormez
la terre tourne
le vent souffle
les femmes font

et les hommes n'ont pas disparus
enfin, on ne l'a pas su
 
cliquez brave gens, cliquez
l'allumeur de réverbères a trépassé en chemin
vous ne risquez plus rien
personne ne vous épiera
personne ne vous surprendra à rêver en cachette
il n'y a plus de honte, plus de passion, plus rien
 
personne d'ailleurs ne vous entend,  vous calme ou vous protège
cliquez 
c'est un autre temps désormais
 
pas de salive
pas de postillons
pas de clameur
pas de sueur
pas de chaleur
 
Cendrillon n'est plus en haillons
 
de la distance
une effroyable distance
qui ne fait peur qu'aux fragiles
qui déroute les vaincus
qui effrite les désespérés
qui morcelle l'âme de tout un chacun 
 
 
tout doux  
 
autorisation de minuit
 
Cendrillon s'est trompée de bal, la sotte
 
 
l'horloge tourne
mais aucun coup ne retentit
on peut tricher sur le calendrier
le temps ne veut plus rien dire
et joue avec les nerfs, tout doux, c'est tout
on peut faire pause, arrêt sur image
retour, retour, éphémère
 
on peut tout dire, tout dire
et ne jamais parler vraiment
 
le virtuel...
 
Cendrillon s'est trompée de bal,
quelle idiote, quelle sotte !
 
repasser, débarasser, laver, rincer et puis aller se coucher avec des mots coincés dans le gosier
 
attendre
demain...
bal...
peut-être plein de rendez vous  princiers

qui sait ?

Annick SB



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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Lundi 13 novembre 2006 1 13 11 2006 21:25

http://www.blogs-afrique.info/senegal-politique/images/mars%202007/intendance-militaire-2%20.jpg


Derrière le mur, elle ne voit rien .

Bien entendu, cela serait trop facile de pouvoir les espionner comme ça, incognito.

Elle ne voit rien avec les yeux mais les imagine et ça lui suffit.
La cour n'est pas très grande, vide, les barbelés sont toujours en hauteur., les couleurs n'existent pas ; tout est terne.
Rien n'a changé.

Elle sait que des femmes se retrouvent chaque jour, à chaque saison, dans une cour sans joie, similaire à celle là, pour une promenade ni très longue ni très courte, une promenade qu'elles n'ont pas choisie, qui n'a de sens que celui de la respiration obligatoire, pour ne pas sombrer dans l'enfermement alors que ... derrière le mur justement, il y a toutes la peine des femmes, celles qui avaient faim, celles qui étaient misérables et qui le sont encore, celles qui étaient un peu folles, un peu trop à contre courant, un peu trop vivantes et qu'il fallait calmer, celles qui n'ont eu d'autre choix que celui de se recroqueviller après avoir crié trop fort.
Toutes ces femmes qui lui ressemblent dans ses rêves de délivrance.

Derrière le mur, elle cherche à apercevoir, à comprendre, à voler l'explication des chemins tortueux qui entrainent certaines à d'innomables meurtres.
Certaines mais pas elle, et dans son oeil qui scrute elle sent l'amer goût du regret d'avoir toujours été parfaite, enfin, à ce qu'on lui disait, de ne jamais avoir pu montrer sa rébellion, de s'être tue tout le temps.

Derrière le mur elle aurait aimé voir le silence , la terminaison de la cruauté, l'arrêt des peines , elle aurait aimé voir les ombres de ses songes, elle aurait aimé voir le passé, le lointain passé qui n'aurait plus lieu d'être, elle aurait aimé voir un musée de cire, des statues, des fantômes artistiques posés contre des arbres, des corps de fil de fer animés, des corps de cartons machés allongés dans des cercueils de verre, elle aurait aimé voir les saisons, des couleurs, une fête, des pas de danse, des rubans qui s'envolent, mais non, elle contemple une cour, vide.

Elle sait que l'heure n'a pas encore retenti, que le temps a demandé une permission, ce qui lui permet d'être voyeuse, juste un instant , en passant, ce qui lui permet de trahir ses bonnes manières, sa bonne éducation, sa longue absence de curiosité pour les autres, son manque éducatif de compassion.
C'est plus fort qu'elle, en passant, il faut qu'elle regarde.
Elle ne voit rien mais ça la remplit quand même de doutes, d'interrogations tout à coup.
Ce n'est pas le " où sont-elles ? " qui la chatouille, mais peut-être le " pourquoi ? " .

Elle sait que tout à l'heure, un jour ou bientôt, la cour sera à nouveau pleine et bruyante de toutes les ombres féminines vivantes mais anéanties qui peuplent encore nos cachots, ici, là-bas, pour nous donner la conscience que le châtiment humain est nécessaire, pour nous enlever le poids du jugement individuel , pour lui permettre de croire, à elle et à quelques autres que dehors on est libres.

Derrière le mur, elle ne voit rien, mais elle imagine.

Annick SB

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Samedi 11 novembre 2006 6 11 11 2006 16:00
L'image “http://membres.lycos.fr/hlayachi/images/02-peint-24.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

" Cristallisation " toile de Layachi HAMIDOUCHE .


Ella a eu une vie bien remplie, tout le monde le lui dit, parce que les gens, ses connaissances en tous cas, ont un compteur dans la tête, et fonctionnent en terme d'objet, de biens, de quantité,  elle le sait ; elle adore les écouter parler d'eux et ils en amassent des trucs et des trucs et des trucs !
Incroyable ! d'ailleurs elle aussi elle en a amassé ; c'est ça le drame !
 
Une vie très bien remplie même et soudain, comme ça, sur un coup de tête, de coeur ou de blues, elle a envie de vider le trop plein, de jeter par dessus bord  tout ce qui est  superflu, tous ces objets témoins,  et il y en a tant !
Ca lui prend comme quand on a envie de vomir après avoir trop bu ; c'est inéluctable, douloureux, nécessaire.
Il y a pourtant la sensation étrange de l'interdit, comme si elle allait faire quelque chose de répréhensible .
Elle est à un poste frontière, dans sa chambre, pour un voyage et elle ne sait pas trop ce qu'elle a à déclarer.
 
Elle  commence par ouvrir les cartons de lettres.
Toutes les lettres qu'elle a reçues ; il y en a beaucoup, rangées dans  trois cartons cachés par la grande armoire.
Les enveloppes sont posées comme une petite chanson en abime ...
Dans sa chambre, savez vous ce qu'il y a ?
Il y a trois cartons.
Et dans ces trois cartons, savez vous ce qu'il y a ?
Il y a des paquets.
Et dans ces paquets, savez-vous ce qu'il y a ? 
Il y a des preuves.
 
Des preuves du remplissage !
 
Sensation de  nausée.
 
Trois cartons avec des paquets de lettres entourées de rubans en velours .
Pour chaque correspondant ou correspondante, un petit paquet .
Rangé  ; c'est à peu près la seule chose qui le soit d'ailleurs dans cet intérieur.
 
Besoin de désordre. Vital.
 
Elle arrache tous les rubans, les plie, les porte contre sa joue, se souvient. 
Elle étale toutes ces missives oubliées, jette un regard amusé sur chaque calligraphie, les points sur les i en forme de rond, de coeur !
Elle sourit .
Certains paquets sont  énormes.
Comment a - t - elle  pu correspondre aussi longtemps avec des personnes dont elle n'a plus de nouvelles et dont elle ne se souvient pas du tout ou si peu ; tout est flou.
Dans le lot elle cherche deux lettres, plus importantes que les autres probablement, non, pas probablement, c'est certain et ça fait mal cette importance.
Elle ne les trouve qu'après un long moment de farfouillage et semble émue.
Pas de larme dans les yeux pourtant.
 
Le vide commence à se faire, ces gens, ces prénoms, ces enfants, ces amies, ces hommes.
Enchainés dans des mots.
Imagés dans des enveloppes.
Pliés.
Que faire de tout ça  ?
Tout bruler à la manière romantique ? 
L'idée la fait sourire !
Les jeter dans le fleuve ? encore plus débile ; elle rit .
Les remettre une fois encore dans les mêmes cartons et attendre un autre passage à vide ou un autre trop plein, plus tard, un jour viendra, c'est sur.
 
Elle refait ses petits tas, renoue ses petits rubans, précautionneusement.
 
Non, le vide se sera pour l'ultime voyage et ce n'est pas encore ce soir.
 
 
Le lendemain, c'est au tour de la garde robe d'être mise à nue.
Elle a eu une vie bien remplie de toutes les tailles du corps ou bien un corps bien couvert de toutes les tailles d'habits.
Ce corps qui a su sagement, le docile,  jouer au  yoyo entre le semblant d'anorexie et le semblant de boulimie, selon les saisons, les drames. 
Sortir des étagères de l'armoire tous les pantalons , tous les corsages démodées et jamais jetés, les jupes, les chemises de nuit, les sous pulls, les tee-shirt ... 
La mode va, vient, idiote et consternante alors pourquoi se débarrasser de ce qui pourra resservir ?
Elle s'est toujours dit ça.
Amusée elle déplie tous ses habits jetés sur le lit et pose devant son corps ses toilettes qui n'en étaient pas, parce que les vêtements, c'est vraiment pas important  !
Et il y en a tant !
 
 
Que faire de toutes ces fringues ?
Le vide de l' armoire.
- Emaüs ?
- la croix rouge ?
- le secours populaire ?
Comment pouvoir imaginer que d'autres corps se plairont ou non dans ces tenues simples, colorées .
Replier les tricots, les pulls en laine sagement tricotés sur le canapé, à l'époque ou regarder la télévision faisait encore partie des occupations de ses soirées.
Non, le vide ce sera pour l'ultime voyage.
Repli ; changement de cap.
Mirage.
 
 
Les disques, alors ?
Et si elle s'attaquait aux disques  ?
Après tout, les brocanteurs en sont friands.
Passionnée d'airs, de chants, de cantiques... 
Passionnée ?
Non, surement pas de ça , elle le sait depuis toujours aussi. 
La musique comme une présence, une indispensable mélodie pour ne plus penser, les paroles des autres pour se  vider la tête et s'endormir sans ressasser les siennes.
 
 
Elle enlève de leurs supports les centaines de  CD poussiéreux en se demandant ce qu'elle va en faire et puis, comme pour les lettres, comme pour les vêtements, elle range une fois encore dans les colonnes toutes ces boites de plastique.
C'est presque désespérant. 
Elle époussète et replace un à un, dans le désordre bien entendu toutes les boites à musique devenues muettes qui attendent ou peut-être même pas de se libérer de l'étau plastifié.
 
 
Oui, c'est certain,  le vide se sera pour l'ultime voyage et elle sent bien qu'il n'est pas encore temps.
 
Et ça l'affole complètement de penser qu'il n'est pas encore temps ...
 
Que c'est long ...
 
Alors, elle s'assoit sur son lit en décidant d'ouvrir un des nombreux albums photo qui la narguent sur les étagères.
 
 
Annick SB


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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Mardi 7 novembre 2006 2 07 11 2006 18:02
Je suis depuis toujours fascinée par les faits que l'on dit divers . Ils se répètent au gré des années, des pays, et ils représentent pour moi une source inépuisable d'interrogations sur le sens de la vie, des vies, de l'histoire, des histoires humaines.
Et j'aime les histoires humaines car je suis curieuse de vous ...

L'actualité récente me donne envie de vous livrer ce texte, écrit l'hiver dernier à partir d'une consigne précise où l'on devait imaginer ce qu'il advenait de la lumière du frigo une fois la porte de celui-ci fermée .

Bonne lecture .

L'amour maternel existe ; je l'ai rencontré ...

- Mademoiselle, est ce vrai que ...

- Oui, j'ai fait ça .

- Mais ça a été facile à réaliser ?

- Oui, c'était enfantin .

- Et vous ne regrettez pas votre geste ?

- Non, je ne regrette pas ; je n'ai jamais rien regretté de ce que j'ai fait .
 Pourquoi regretter ?

- Mais enfin, c'est abominable .

- Non, je vais vous raconter, en fait, c'est simple .

Plusieurs fois d'affilé, là, bêtement, je me suis pointée ce jour là devant mon frigo et j'ai ouvert, puis fermé la porte à la recherche d'une idée, d'une explication ...
J'ai essayé de coincer le petit interrupteur , mais je n'avais aucune assurance qu'il reste coincé une fois le frigo fermé .
J'ai mis du sparadrap, mais bon, il pouvait se décoller ...
Je ne voulais pas que la lumière s'éteigne dès que j'avais repoussé la porte et je me doutais bien qu'elle s'éteindrait .
Mais à ce moment de l'histoire, ça me déplaisait comme idée ; pire que déplaire d'ailleurs ; c'était angoissant à souhait .
Maintenant, et pour quelques jours encore la lumière ne pouvait pas, ne devait pas s'éteindre.
Il ne le fallait pas !
Il en allait de ma santé mentale et vous allez vite comprendre pourquoi ...
Enfant, mon angoisse de l'obscurité était telle que je ne pouvais m'endormir sans veilleuse .
Mes parents avaient tout essayé en vain ; les calins, les menaces, les punitions, le raisonnement ...
On ne raisonne pas les personnes qui ont la trouille aux tripes ; jamais !
Et là, je me mettais à sa place ; il ne devait pas être drôle pour lui, d'être là, recroquevillé dans le froid , alors si en plus c'était dans l'obscurité !
Rrecroquevillé, c'est un doux euphémisme, morcellé plus excactement, morcellé .
Comment allait -il passer la nuit ?
J'avais réussi à l'extraire péniblement de moi, mais j'avais été incapable de le jeter comme prévu.
Je m'étais donné une semaine, une semaine de réflexion pour trouver quoi faire de ce petit corps chaud et visqueux qui s'était étouffé en silence sous mon oreiller .
Je ne me trouvais pas cruelle ; seule la vie l'était ; l'incapacité de l'avenir en fait était cruel , mais pas moi .
Non, là, je ne pouvais pas me sentir coupable ou cruelle.
Je savais que ça viendrait peut-être après les sentiments de regret, de perte et de rage, de culpabilité même qui sait ?
Pour l'instant je dégustais avec saveur le premier sentiment maternel, le seul, celui qu'on ressent quand on donne la vie, dans n'importe quelle condition :

- le sentiment de protection -

J'avais vidé le frigidaire de tout ce qu'il contenait :
une plaquette de beurre
une botte de radis
quelques yaourts nature
un pot de confiture de framboises et un pot de moutarde ...

J'avais désinfecté avec du jus de citron les parois blanches .
Pendant mon ménage, le bébé refroidissait calmement sur mon lit ; ma mère m'avait toujours dit que pour ne pas abimer le frigo, il ne fallait jamais mettre de choses chaudes dedans .
J'étais précautionneuse .
Quelques heures plus tard, j'avais déposé mon bébé sur la clayette, sans layette parce que je n'en avais pas sous la main, pour qu'il se rafraichisse les idées .
Mais en le posant, je m'étais soudainement rappelé que moi, depuis toute petite, j'avais peur du noir ...
Et si lui aussi avait la même peur ?
C'était mon fils après tout .
Il fallait que je trouve un moyen de lui laissser une petite lumière à mon bébé ; je ne voulais pas qu'il ait peur .
D'ailleurs, je compte sur vous pour m'expliquer comment faire si jamais le sparadrap se décolle .
S'il vous plait , vous m'expliquez ?

Annick SB

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mercredi 25 octobre 2006 3 25 10 2006 10:29
L'image “http://membres.lycos.fr/hlayachi/images/02-peint-26.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

                        Toile de Layachi Haminouche

 
Elle avance, peureuse, incertaine.
Elle n' a plus de force.
La voyez-vous ?
Elle veut saisir mais rien n'est encore posé.
Le tracé du temps n'a pas de contour.
C'est désespérant cette fuite.
Le mot géométrie variable la terrorise comme tout ce qui est variable car elle, elle ne varie jamais.
Elle est.
Elle est prisonnière du reste du corps à vie.
 
Elle avance droit devant elle,
lentement.
Le chemin n'est pas tracé.
Elle doit franchir les murs qui s'élèvent.
Le passage est périlleux.
Chaque pierre est un souvenir qu'il faut surmonter sans que tout s'écroule.
Elle le sait mais elle se tend comme le font les enfants peureux dans le noir.
Puis se replie,
comme les aveugles lorsque la canne choit
et qu'il sont seuls.
Elle a besoin de se poser sur le temps pour s'approprier une infime réalité de l'espace et laisser glisser les secondes entre ses doigts.
Tout ce temps, oublié ou perdu, qui coulera encore, sans souvenir, pour mourir sans rien dire .
Les doigts veulent agripper ce que les yeux ne peuvent percevoir.
pas de contours
pas de forme
Une trace ou la couleur s'efface pour laisser l'ombre envahir le contact.
Les aiguilles qui tournent n'entendent pas ses cris.
Il n'y a pas de cris.
Le silence est seul.
Les doigts se tétanisent.
Elle tente une dernière approche.
 
Le vaste monde, soudain,  lui parait minuscule.

Annick SB
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J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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