Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Mercredi 27 septembre 2006
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 Toile de Ian Marek - la dame au linceul -

Est ce un linceul de terre, d'ombres ou plus simplement une boue si sépia qu'elle remonterait délicatement du sol ou du ciel pour te  chatouiller les pieds !
Sur quoi avances -tu ?
Te sens -tu poursuivie ?
As-tu peur ?
Trembles -tu ?
Ou bien est-ce agréable d'errer ici et là ?
Cette ombre qui va, qui vient, qui semble rôder, s'accrocher  sur la longueur des jours, sur le temps de ta peine, la vois-tu ?
Entends - tu au lointain un cheval qui galope, un fantôme qui gémit, qui approche, qui fait les cent pas autour près de toi  ?
 
Non, tu le sais, tu n'entends rien .
Tu ne peux plus entendre .
Tu ne peux plus te retourner .
Il est trop tard .
Tu es trop loin de tout, seule, et tu contemples ... silencieuse ton nouvel univers .
Tu contemples, béate, le rocher qui se fend,
Le sol qui se retire,
La mer qui se déchaine,
Et ton  coeur qui attend, immobile et tremblant, sourd .
Tu avales, peureuse, les formes des nuages qu'un jour tu rejoindras quand tu auras le temps ...

Annick SB

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Par Annick Brillant - Publié dans : citations ...
Lundi 25 septembre 2006
http://blogsimages.skynet.be/images/000/047/822_le%20baiser.jpg

Le baiser - Klimt -

" Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout . "

Guy de Maupassant

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Par Annick Brillant - Publié dans : Devinettes !
Jeudi 21 septembre 2006
   http://images.google.fr/images?q=tbn:DzgsjFoqTC42sM:http://www.galerieart.cz/Picasso-Le_Visage_de_la_Paix_VI.jpg      

  Pablo Picasso - le visage de la paix -


- Il parait que c'est pour aujourd'hui ...

- Alors profitez-en , parce que ça ne dure jamais ...

Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : films
Mercredi 20 septembre 2006


L'image “http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/35/31/18649138_vign.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

film réalisé par Denis Dercourt

On appréciera la  vengeance froide, exquise, distanciée avec violence déguisée ...   super beau et très intense de simplicité !!!

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Dimanche 17 septembre 2006
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La dame au linceul - Ian Marek -

Le sable est si mouvant sous mes pieds que j'ai l'impression de m'enfoncer.
Je me débats depuis si longtemps dans la glaise brûlante des amours envolées que je ne peux pas saisir cette indescriptible et agréable sensation de bonheur soudaine sans la démolir aussi vite que ce qu'elle est arrivée dans le creux de mon ventre en me disant :
non, non, ce n'est pas possible ...

selon les heures, tourments ou douceur
selon le temps, les ennuis, la vie
une aspiration à sortir du gouffre et un tourbillon si habituel à y stagner, encore, par force ou par nécessité, que ma tête chavire,fiévreuse ou embrumée .
 
j'ai froid
j'ai froid à l'âme et au corps
j'ai peur
j'ai peur aux tripes et au sang
j'ai mal
j'ai mal partout et ça s'enroule cette douleur comme un linceul, comme une pelote de laine, coomme une bobine de fil de nylon, translucide et coupante si on n'y prend pas garde
je saigne
mais mon coeur bat encore
car tu as délicatement osé tirer un morceau d'étoffe, une mèche de laine, un filament glacé pour y déposer une promesse de baiser
peut-être qu'il fait moins froid
peut-être que je respire
peut-être que je vais tordre la souffrance comme une serpillière pour la mettre à sécher sur le fil à linge de la cour
bientôt il neigera
bientôt il gèlera
et ce sera l'hiver que j'aime tant
l'hiver comme berceau
le linge glacé se craquèlera en mille morceaux de souvenirs
s'envoleront-ils  dans l'infini du ciel ?
ou retomberont-ils sur le sol, cristaux merveilleux, promesses givrées ?

la laine s'entortillera pour devenir couverture
le fil du cerf-volant s'agitera loin, loin, dans le vent du ciel, dans le coton des nuages
je me sentirai libre,
légère et transportée,
toute douce,
 
... sur la pointe des pieds ...

Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Dimanche 17 septembre 2006
 

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Toile de Lionel Valot - le temps perdu -

Il n'y a pas de temps perdu, jamais, jamais ...
Il n'y a que le temps qui passe et c'est bien plus redoutable .
Regarde, écoute le .
Il s'accroche au réverbère et attend  que la nuit l'éclaire .
Il se cristallise dans tes rêves et te donne les jambes que tu as perdu jadis pour courir enfin et enfin oser ...
Enfin ! 
C'est ce qu'il dit quand tu lèves la tête, ce qu'il croit, ce que tu attends, impatiente, triste  et assoiffée ... pour que tout s'enchaîne .
 
S'enchaîne ?
Et pour quelle peine cette fois ?
Qu'as-tu fait ?
Sans chaîne ?
Quelle folie meurtrière supplémentaire et dictée par le temps passé ?
Quelle tuerie imaginée ?  
Quelle passade, fausse, adaptée ?
 
Celle de tes pensées, de tes désirs, de l'effacement espéré de certains êtres que tu ne veux plus sur ton chemin, sur ta route  ?
Aurais-tu tout à coup le droit de vie et de mort sur le temps qui coule , sur les gens qui errent dans tes pattes aux pieds nus ?
Serais tu à ce point mégalo, déglinguée que tu penserais pouvoir tout décider seule, tout faire comme il te semble et courir, et crier, et chanter cette liberté ôtée qui se tait aussi, si violemment, tout le temps, tout le temps perdu qui passe et te ressasse, sans fin  ?
Calme toi ma fille, le monde est ce qu'il est  et les êtres égaux et si nombreux dans  le silence .
N'aie crainte .
Enfant, je te prie, calme toi .
Je te fais vivre un peu doucement, doucement, doucement ...
chaque jour ....
pour mieux espérer ton voyage ...
pour mieux entendre  ton visage ...
Ta voix .
 
Annick SB

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Par Annick Brillant - Publié dans : citations ...
Samedi 16 septembre 2006
L'image “http://www.odette-art.nl/emotion%201.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Toile d' Odette Dankaart.


       " Au commencement était l'émotion . "

Louis Ferdinand céline .


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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Vendredi 15 septembre 2006
Je remercie Vivian Kral, artiste peintre pour m'avoir fait connaître ses sublimes pastels intitulés :
" à la tentation "
et qui ont inspiré ce texte .






1, 2, 3 soleil !
y'a trop de lumière, faut que je m'abrite, alors je rentre par la petite porte du fond .

C'est  la première tentation  : avancer .

Je suis  seule pour décider .
C'est délicat ce choix d'étoffe !
Il n'y a vraiment personne, j'ai vérifié .
Seule au milieu des tissus .
Qu'est ce que je veux ?
Qu'est ce que je prends ?
Qu'est ce que je m'offre ?
C'est à moi de trier ?
Oui .

Bon, dans ma tête, je me répète :
" je suis seule et lasse de choisir " , en boucle comme de l'éponge .
J'absorbe .

Je préfèrerais m'enrouler dans ces tissus et dormir ; flemme !
Envie pressante de calme .

Ou alors me momifier ?
Pourquoi pas après tout ...
... ça me donnerait de l'importance !
Mais qui le verrait ?
Qui s'en rendrait compte ?
Pas fondamental !
Je suis seule et incapable de choisir, c'est simple .


Et en attendant, je vais utiliser le dallage pour faire ma partie d'échec quotidienne .
Ca va m'ordonner l'esprit .




C'est la deuxième  tentation  : jouer .

Déplacement des pions invisibles, ces empêcheurs de vivre simplement qui fourmillent dans les circonvolutions, invisibles elles aussi dans ma tête .
Poussez-vous, vous faites de l'ombre au rêve !
Ils bougent pas .
IIs restent immobiles ces cons de pions .
Ils prennent toute la place sans bouger .
Ils sont en ordre ; ils veulent être en ordre et moi désobéir bien sur ...

déplacement impossible
décalage habituel
débarassage lent
délabrement imminent
défense autorisée
je replie
je range tout ...
Le jeu  est terminé .
C'est enroulé !

Allez, faut je change d'espace avant d'étouffer ...
Petit sursaut .




C'est la troisième tentation  : saisir .

Je vois mieux les rouleaux ici mais il n'y a toujours personne .
étrange !
J'aurai souhaité que vous approchiez avec moi .
Quoi ?
Vous auriez eu  peur ?
Je n'y crois pas !
Pas vous !
Comment ça, pas envie de suivre ?
Passez devant, je vous en prie ...

En attendant, tiens, je vais toucher les rouleaux .
C'est interdit ; j'adore !
... sublime sensation ... ni velours, ni soie,  ni coton, ni lin  ...

Problème de vocabulaire !
Ah les mots !

Je file à droite et , ooooooooh !!!

Vous n'êtes plus là !
En retard peut-être ?
Vous n'avez jamais été là , j'ai tout inventé !
Je vous ai chassé de ma tête et j'ai trainé .

Trainée !
J'ai mal entendu ; trop de silence dans la réserve .

Dehors il fait encore  trop chaud .

Sans doute, probablement , vous aviez laissé tombé le drap et me m'avez pas attendu ...
Vous étiez pressé ?
Tant pis pour vous !
Pas besoin d'aide .
Regardez, c'est facile :

Pour étouffer la vie, enroulez-la dans l'étoffe ... après moi .

Annick SB





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Par Annick Brillant - Publié dans : enfance
Mercredi 13 septembre 2006
L'image “http://www.artsquebec.net/upload/resize/450/COSTANZO_ANGELO_PEUR_2906Image.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Peinture acrylique de Angelo Costanzo .

J'étais là, petite, blottie, témoin appeurée de ta souffrance et je n'ai pas su quoi faire .
Ta tête et tes yeux m'affolaient .
Etrangement je pressentais que mon appitoiement était très vulnérable, et que je ne te serais d'aucun secours, car j'étais trop meurtrie moi aussi,  peut-être plus que ta torture .
Je me sentais doublement démunie, incapable d'aider, décalée .
Je crois que j'ai fermé les yeux pour m'éloigner du bleu des tiens .
Oui c'est ça .
Je n'ai plus voulu voir, savoir, je n'ai pas souhaité comprendre et je me suis mise en retrait, ailleurs, en espérant que tu aies l'énergie pour transformer lentement ta solitude en paroles .
J'ai attendu que tu puisses te libérer .

Pourquoi ta bouche est restée close ?
Pourquoi n'as-tu rien prononcé ?
Est-ce si délicat de murmurer ta peine ?
Et l'oubli, est-il au rendez-vous de tes pensées ?

J'étais là, petite, blottie, témoin apeurée de ta souffrance et j'ai attendu ...

Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Lundi 11 septembre 2006

L'image ?http://www.jaquillard.fr/paintings/largepicts/le_supplicie.jpg? ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

- Toile de Danièle  Jaquillard - le supplicié -
http://www.jaquillard.fr/index-fr.html

- La phrase entre guillemets est extraite da la chanson " de la neige en été " du groupe Diabologum. -



- Grand- mère c'est quoi  la révolution ?

Le mouvement , le bruit, la foule , le changement ? 
- Oui c'est ça , le changement ....
- Tu es sure grand-mère ?
- Non, je ne suis sûre de rien  ... on est toujours intercalé dans des images qui ne nous ressemblent pas et qui nous parlent en silence  ; ça j'en suis sûre ma chérie .
- Grand - mère raconte moi comment ça c'est passé , s'il te plait ; je n'ai pas bien compris , explique -moi .
- Une seule fois alors !
Tu es petite et je suis fatiguée de tout ressasser et puis y'a rien à comprendre tu sais ; c'est comme ça .
 
 
Ce jour  là , elle était encore en train de baragouiner  toute seule, tu vois .
 
Elle était devenue sourde, hermétique  !
- Grand-mère , ça veut dire quoi hermétique ?
- Chut, attend .
Elle répétait entre ses dents quelques mots insaisissables ; ça faisait plusieurs semaines que ça durait , qu'on l'avait observée .
Des mots, du vent, il n'y avait que ça dans sa tête ; elle monologuait, hagarde .
Elle n' avait pas lu le journal qui circulait en cachette,  de main en main .
Elle n' avait pas écouté toutes les conversations au réfectoire .
Elle n'entendait pas le bruit qui grondait .
Non, apparemment, rien n'entrait plus dans ses oreilles, tu vois, depuis qu'ils l'avaient emmenée un matin pour nous la rendre le soir, tuméfiée, en la lançant à nos pieds comme un paquet de chiffons .
 
- Grand-mère, ça veut dire quoi tuméfiée ?
- Chut, attend, je t'expliquerais après ; laisse -moi poursuivre .
 
Elle était sur son lit et il n'y avait plus qu'une chose qui comptait pour elle : remplir son petit carnet,  frénétiquement .
Remplir des pages et des pages de mots, de témoignages je crois ... de vérité elle disait .
La vérité ...
Tourner les mots dans tous les sens .
pour imager le vide .
le vide à manipuler ...
la vérité à fixer ...
Elle était  vide, oui,  et ça la faisait tellement pleurer qu'elle en  remplissait des feuilles, tu vois, de son vide à elle .
Et elle ne nous adressait plus la parole .
Mais bon, on allait quand même pas la laisser croupir, là, toute seule, avec ses phrases ressassées .
Drôle de manière de digérer sa vie qu'on se disait !
Elle commençait à nous agacer sérieusement avec ses silences suivis de  cris stridents  qui nous affolaient,  pour rien, et sa paresse , ses yeux vides eux aussi, morts .
Nous, on essayait d'attirer son attention, pour qu'elle voit ce qui se passait, qu'elle comprenne , qu'elle réagisse, qu'elle sorte de sa bulle .On tentait des conversations . On lui expliquait que tout allait changer que c'était bientôt fini . Rien n'y faisait .
 
Cet après-midi là, je l'ai observée , juste quelques secondes, sur le pas de la porte en me demandant ce que je devais faire de cette fille ; si c'était  bien la même qu'à son arrivée et puis voyant qu'elle ne répondait pas à mon appel, je l'ai empoignée de force et l'ai tirée dans le couloir . J'avais pas le temps de la raisonner , tu sais .
 
Il y avait du bruit à tous les étages, partout .
ça grouillait
ça bardait
ça s'écroulait
ça tremblait
ça grondait ...
On aurait dit une fourmillière dans laquelle on avait lancé une pierre, tu vois .
On  se bousculait, on  courait dans tous les sens  en hurlant de joie ...
Et elle, rien, elle ne disait rien .
Rien ne l'intéressait .
Rien de rien .
Un poids mort ; elle se laissait tirer sans réaction et j'étais épuisée .
Ses yeux étaient muets , en attente .
Son regard ? "On aurait dit la guerre ou bien un jour férié, sans repas de famille et sans électricité ."
Il me semblait  qu'elle n'existait plus , qu'elle était déjà éteinte  et je ne savais plus quoi faire pour la ramener à la raison, pour qu'elle se relève, fière, comme au début .
 
- Pourquoi tu as dis que les images ne nous ressemblent pas, grand-mère ?
- Parce que peut-être que ça ne s'est pas passé exactement comme ça ma chérie .
Dehors la révolution  avait éclaté, la liberté nous tendait les bras et elle, et bien, elle s'est recroquevillée,  sans parler .
 
Annick SB
 
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J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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