Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Par Annick Brillant - Publié dans : citations ...
Dimanche 10 septembre 2006
 http://www.1st-art-gallery.com/artists/Mary%20Cassatt/Maternite.jpg

               - toile de Mary Cassatt -

" Le plus difficile dans la maternité, c'est cette inquiétude intérieure que l'on ne doit pas montrer."

Audrey Hepburn

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Par Annick Brillant - Publié dans : citations ...
Dimanche 10 septembre 2006

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toile de Marie-Claude Gyger

" ll n'est pas de souvenir plus doux
que de surprendre un homme
en lui donnant plus qu'il n'espè
re . "

Charles Baudelaire
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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Samedi 9 septembre 2006
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                        peinture de Gilbert Abric



- La nuit, je me sens seule, et j'ai peur , mais c'est pas le noir  que je crains , ce sont les étoiles et le bruit qu'elles font quand elles se cherchent et  s'entrechoquent dans l'infini .

- Tu sens  tes rêves qui t'accompagnent ?

- La nuit, je crois que tout est parti, que rien n'existe, que c'est fini , que je ne cesse de me tromper tout le temps, tout le temps, tout le temps ...

- Tu lis ses mots qui te rassurent ?

- La nuit, il n'y a plus rien qui me rassure ; le vide bleu, gris, violet est un étau qui  me compresse ; je crois que je deviens encore plus folle et que je ne sais plus avancer .

- Tu sais sa présence pourtant ?

- La nuit, je sais que tout est illusoire et je ne dois plus espérer .

- Tu vois la nuit en noir .

- La nuit, je ne vois rien ; c'est le silence que je regarde et ça me crève l'horizon ; y'a pas de paroles, y'a que des mots tapés, complètement frappés, marteaux eux aussi et je les trouve froids, parfois .

- Et si la nuit, au contraire, laissait sur sa voie les traces brillantes et nourricière de l'espoir, de l'attente, de l'amour, dis, tu l'aimerais la nuit ?

Tu l'aimerais tu crois ?
Parviendrais-tu à lire, dans tes rêves, toutes les traces d'avenir qui,  un jour, bientôt,  peut-être, t'écriront encore, encore, encore ... avant que tout s'efface ?

Annick SB


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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Mercredi 6 septembre 2006

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      - peinture d'Anthony Masure -


Est ce le bruit du vent qui m'oblige à hurler ?
Ou bien tout simplement les branches qui s'entrechoquent pour me laisser passer ?
Est ce le bruit du vent qui emporte ma peine, ma rage, ma haine ...
... et qui les fait tomber dans les flaques boueuses pour qu'elles s'y colorent de l'ocre de la vie losqu'elle devient terre ?
 
Je ne sais pas  .
J'ai peur .
J'ai froid .
J'avance à petits pas, c'est tout .
La forêt qui m'encercle m'affole  et me protège .
Et la fraicheur pourtant  s'engoufre dans ma tête et me chuchote que je vais te revoir .
 
Les troncs sont là pour me guider ailleurs .
Et les égratignures, que je sens sur mes mollets nus, sur mon torse, sur mes bras, me piquent, formant un mur de sang qui éclabousse les fougères  .
Ces belles fougères où je t'ai déposé ... tout à l'heure .

Annick SB
 
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mardi 5 septembre 2006
L'image “http://www.stgilbert.com/scanfrere1/barbeles.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Dessin de Stéphane Gilbert

... un jour viendra ...
 
... patience ...
 
Que dire ?
Que comprendre ?
Il parait qu'on est toujours tout seul, nu, bête, stupide même .
Ah bon ? on avait pas saisi tout de suite pourtant ; on avait  la foi , la douce naïveté de l'espérance, avec l'acharnement de vouloir partager, composer, maîtriser ...
... et on s'est épuisé .
Certains disent que les menaces renforcent , consolident .
bof !
C'est un point de vue .
Moi, je trouve qu'elles éparpillent, qu'elles disloquent, qu'elles écartèlent tout sur leur passage .
Elles fragmentent les larmes, la peau , le souffle . 
Tout s'en va , comme ça, tristement en lambeaux, en poussière .
 
Et concernant le partage dites-vous  ? Que penser ?
 
Vous me posez une colle là !
C'est presque inadmissible !
On ne me la fait pas !
Restons sérieux : le partage ... voyons :
 
- quelques banalités du quotidien, des clichés, des espérances, peut-être ?
et sûrement autre chose, mais mon esprit embrouillé ne me permet pas le tri sélectif des humeurs .
... pas ce soir ...
Peut-être  ressort-on meurtris, au ralenti, englués pour calmer le désir, l'émotion qui a pris trop de place parcequ'on a eu envie de les laisser se faufiler ces deux là .
Oui, ça doit être ça le partage .
 
La souffrance des uns se mesure en années ; peuchère comme on dit par chez moi !
Moi, j'ai la chance de  ressentir en quelques secondes tellement de malaise, de rage, de haine et de désillusions que ça me sauve ; enfin, j'espère ...
 
Si vous voulez vous en sortir, écoutez moi, c'est simple.
Rajoutez une couche de doute à votre épaisse muraille.
C'est la seule  protection efficace ; la lucidité infaillible qui emprisonne l'unique sentiment qui nous tienne encore chaud : la peine .
 
Un jour on y posera même des barbelés sur notre prison tellement qu'on sera devenus fortiches, comme cela on sera sûrs que l'on ne pourra plus nous atteindre .
 
... un jour viendra ...
... patience ...

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Par Annick Brillant - Publié dans : citations ...
Samedi 2 septembre 2006


" Je prête à mes disparus une légéreté aérienne .

 Maintenant qu'ils se sont dévêtus d'une chair qui pesait sur leurs épaules, ils se déplacent discrètement au milieu de la brume .
Quand ils se lamentent, de grosses larmes ne s'écoulent pas sur leurs visages . "

  - Ce qu'il reste -  
Pierre Sansot   
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Jeudi 31 août 2006

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Elle entre dans une papeterie .
Face au rayon de carnets, elle hésite longtemps .
Elle ne sait pas lequel choisir . Il y en a tant .
Son bras se lève et elle m'attrape, non pas à cause de la couverture, ni même de l'épaisseur du papier .
Non, tout simplement à cause de la spirale qui l'attire .
C'est moi qu'elle a choisi . Elle m'a prise .
Elle fait glisser la centaine de pages entre les doigts de sa main en m'approchant de son oreille gauche et le léger souffle de l'effeuillage lui fait fermer les yeux .
Elle est calme .
Elle imagine du blanc - le silence - et des carreaux - une prison de mots ... à remplir, à clore .
Les yeux fermés toujours , elle laisse glisser son index tout le long de la spirale puis elle fait remonter son ongle plus ou moins vite ; elle joue comme si c'était une fermeture éclair .
Le son atténué, pas entièrement métallique et régulier lui plait .
Et moi, je me régale .
C'est bien moi qu'elle a choisi .
Je suis fier et heureux ... et surpris aussi je l'avoue .
 
Et puis et puis elle a payé et elle est sortie en me tenant dans sa main .
J'étais bien .
 
Elle a longtemps joué en s'accrochant à la spirale et un jour elle a déballé son histoire, elle a lancé ses mots sur les pages.
A tout moment, je sens ses doigts qui glissent, sa main qui tremble et je ne veux pas qu'elle me lache .
Pourtant parfois c'est douloureux .
En elle, un petit peu de peur sans doute ; ça tourne ; c'est pas la première fois pourtant  ; je me sens maltraité, abandonné , repris ...
Je sens qu'elle aimerait à chaque fois  que ce soit la dernière .
Elle n'y arrive pas .  Elle s'emmêle . Elle se crispe .
C'est un flottement et je me trouve au milieu de mots pour rire et d'autres pas ...
Concentration embrouillée, cervelle barbouillée . Décalage . Elle mélange les lettres et les ratures , comme si elle voulait m'abimer et elle poursuit, tous les jours, à des heures différentes, quelques instants ou plus longtemps .
Et ça prend du temps ce griffonage de vie et de rêves .
 
Parfois elle me fait très mal .
Elle détache les feuilles pour les envoyer à l'amant qu'elle s'est inventée ; elle m'exhibe .
C'est insupportable .
Peu à peu je perds de la vitalité ; en gagne t-elle en agissant ainsi ?
Je crois que je vais rendre l'âme .
Je crois qu'elle m'a éparpillé .
 
Un jour, il lui reste dans la main la spirale métallique  qu'elle agite comme un ressort trop tendu , comme si j'étais une arête dorsale d'un poisson avalé à la hâte . Elle l'a fait bouger entre le pouce et l'index ; ça flotte ; c'est léger .
Elle fait ça parfois avec un crayon de papier pour faire croire qu'il est mou, qu'il ondule comme un serpent .
Elle sourit .
Elle rêve .
Ensuite, elle tire un peu la spirale, elle l'allonge et elle l'enroule autour de son cou pour imiter un collier, un joli collier .
 
 
Elle sort avec ma colonne vertébrale enroulée autour de son cou, elle marche sur le trottoir et entre tranquillement dans une animalerie .
 
Je la vois qui cherche  sur les rayonnages une muselière de cuir pour avaler des gorgées de silence devenues trop lourdes maintenant qu'elle m'a tué .
Je crois qu'elle espère s'affranchir ... sans m'en parler .
 
Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : Devinettes !
Vendredi 4 août 2006
 
Dans ma prison de verre, ils glissent un à un, lentement, en silence et se déposent là, à l'endroit, à l'envers, rien que pour elle, enfin, pour qu'elle ait le temps d'aller se faire cuire un oeuf !
 
Annick SB
 
 
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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Jeudi 3 août 2006

http://www.1st-art-gallery.com/artists/klimt/gustav-klimt-seated-female-nude-study2.jpg


- Klimt -


Ils vont faire de toi une reine de papier, une reine d'ombres et de couleurs .
Ils vont te mutiler, un tout petit peu mais en douceur comme les bouchers qui découpent les quartiers de viande délicatement et avec le sourire en faisant attention de ne pas se blesser .

La viande c'est toujours nu .
Pourquoi es-tu nue ?
Voit-on mieux les formes, les courbes ?
Tes silences seraient-ils plus facilement perçus lorsque ta peau n'est pas habillée ?
Tu ne sais pas ;  ils te scrutent .
Tu ne leur demandes pas pourquoi ils se hâtent .
Tu ne fais que les percevoir et c'est déjà terminé .
Tu leur offres ta peau, en parcelles, en lambeaux comme de la poussière lumineuse et ça te fait du bien qu'elle s'étale sur leurs feuilles en amas de grains caressés.

Annick SB

 

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mardi 1 août 2006
http://fapsesrvnt2.unige.ch/Fapse/didlang.nsf/c55d0ded04d543d6c1256c75005efe3c/fdbc765fb2a9469dc1256cfb00312509/$FILE/crayon%20-%20gauche%203%20MOD.jpg


 
Il y en a plein la maison ; ils trainent sur les tables, les meubles, les bureaux ; il sont dans des pots, dans des boites, tombés par terre, sur le tapis ; il sont partout, disponibles, car on en a toujours besoin .
Vitalement besoin et ils faut qu'il soit prêts ! Omniprésence nécessaire .
On les taille parfois pour aiguiser la pointe, affiner le glissage .
Parfois la mine est large et le trait trop gras ; c'est pas grave .
D'ailleurs, écoutez ce que celui-ci a à dire ...
 
 
Je suis posé là et j'attends qu'elle me prenne .
Elle, c'est la main droite de mon amoureuse .
Dès qu'elle m'attrape , je sais qu'elle va me faire vivre, glisser et j'adore ça .
C'est une sensation de fuite, d'envahissement, de conquête, une défloraison de feuille blanches ou quadrillées .
C'est bon .
Je ne commente jamais ce qu'elle gribouille ; elle ne le tolèrerait  pas .
Je sais juste qu'elle va épancher ses sentiments et que c'est vital pour elle ; je le sens cette urgence car elle me saisit parfois à la hâte comme si c'était son dernier recours, son dernier souffle .
Je me contente d'accompagner ses pensées, ses rêves, ses larmes , ses doigts .
Elle ne supporterait  de moi aucune initiative .
D'ailleurs , elle ne supporte pas grand chose !
 
C'est pour ça qu'elle ne dessine pas ; elle se doute que je pourrrais l'entrainer là où elle ne veut pas ; et elle , elle aime vouloir .
 
On dit qu'elle a du caractère ; un sale caractère, oui !   Insupportable .
 
Elle m'utilise pour l'adoucir ou le rendre encore plus mauvais .
Ca dépend l'heure de la journée . 
 
Elle me glisse entre ses doigts et j'aime bien ; je suis bien placé ; elle a une bonne pince comme disent les maitresses d'école !
Une bonne pince ; elle me serre, mais pas trop, elle m'agrippe et je me sens en sécurité ; elle ne me laisse jamais tomber et elle ne me fait pas mal, au contraire , elle me permet de vivre un petit peu .
 
C'est agréable de lui appartenir  ...  je crois qu'elle m'aime .
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J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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