Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /Mars /2006 15:10

http://www.curiositel.tm.fr/waniek/a6_g.gif


Henryk Waniek - peintre polonais - La brodeuse -


J'ai trouvé ce petit flacon en rangeant le  grenier de ma grand-mère .
Elle m'en avait parlé autrefois .
 
Je croyais alors qu'elle plaisantait en l'évoquant, avec ses sourires rieurs et ses allusions bizarres .
Elle adorait tellement rire elle aussi ! 
Son rire était si doux ...
 
Zou !
 
Intriguée, j'ai ouvert  le flacon , humé lentement ...
- odeur délicieuse -
 
Ca sentait les amandes fraîches ... un régal .
J'ai trempé mes lèvres et 

                        ... flouououououp ...

 le grand voyage a commencé .
 
 
Elles sont là, toutes les deux dans une pièce sombre .
Les teintes sont sépias .
... du bois, de la terre battue, des étoffes de lin et de coton, quelques porcelaines ...
Elles sont assises en train de broder des fleurs au point de bourdon  sur du linge .
 
... la lumière de la chandelle éclaire leur visages
le feu crépite dans l'âtre
sur la poutre, une tisanière de Moustiers ...
elles paraissent  tristes, fatiguées
une veuve et une orpheline
les petits garçons dorment déjà
il fait nuit dehors
sur la table, ne trainent que quelques échevaux
sur le bahut, il y a des pommes rouges dans une assiette ébréchée
tout est calme 
elles ne se regardent pas
elles ont trop à faire
elles font leur ouvrage ...
 
J'entrouve la porte .
Elles ne me voient pas .
Je regarde leur chevelure ;
chignons et mèches retombantes  .
Elles sont extraordinaires de simplicité .
... un silence religieux
une concentration absolue
on dirait une oeuvre d'art ...
 
Leur mains sont si belles .
Les doigts accomplissent le même geste maintes et maintes fois,
des petits picotements d'étoffe , très précis et peu colorés . 
C'est délicieux .
Dire que ce sont mes ancêtres !
Qu'elles besognent dur .
Je les admire .
C'est très étrange .
Au début, je n'ose pas leur parler .
J'ai peur de les effaroucher avec ma voix grave .
Peu à peu je m'habitue à leurs manières, à leur silence , à leurs gestes
et tout à coup je m'entends dire très doucement comme une confidence :
 
- C'est moi, Annick ...
 
Marie dit à Zoé :
 
" As - entendu,  petiote ? "
 
et Zoé lui répond :
 
" ô, aïe entendu, ma maïre ."
 
                      ... silence ...
 
Leur regard se sont croisés quelques secondes .
Elles se sont souri, elles m'ont senti venir , j'en suis sûre et ça me rassure d'être dans leur coeur .
Elles mettent le peu d'espérance  de leur vie dans le désir de me savoir un jour  mieux lottie qu'elles .
 
J'ai discerné une grande  complicité dans leur solitude, dans le croisement de leurs yeux, dans leurs attentes  ; toute la complicité des mères et de leurs filles, des femmes .
 
                      
 
Je n'ai pas osé les déranger plus .
J'ai ravalé une petite gorgée de mon breuvage et j'ai refermé le flacon .
 
 
                        ... pouououououf ...
 
 
Maintenant,
je suis à nouveau dans le grenier .
Immensément éprouvée par ce que je viens de percevoir, de sentir, de deviner .
Immensément chagrinée aussi que  le passé ne soit que silence .
Immensément peinée également que ces  Provençales ne soient plus ... que leurs voix se soient tues .
 
 
Annick SB
 
 

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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 22:00

http://www.artnet.com/picture.asp?date=20050504&catalog=74226&gallery=110889&lot=00009&filetype=2

Femmes, oiseaux, étoiles,
devant le disque solaire
-
Joan Miro -

C'est l'agonie d' une mouette qui n'est plus au bord de la mer .
 
La vie lui a cassé les ailes .
Elle a été chassé en quelque sorte ... 
... à moins qu'elle ne se soit enfuie ...
Elle ne sait pas très bien .
Son malaise envahissait les autres et elle a compris qu'il fallait quelle s'éclipse pour ne pas gêner, comme toujours .
 
La mer, c'est fini pour elle ...
plus de vagues,
plus de vent,
plus de bleu, ni de gris,
plus de rochers,
plus de petits poissons frais à se mettre dans le bec,
plus d'eau salée à aspirer,
plus de danse avec ses congénères,
plus de marin à enchanter,
plus rien de tout cela  .
Elle est mourante la mouette et les seules nourritures qu'elle trouve sont celles des décharches publiques loin de la côte .
Elle a l'impression désormais de se nourrir d'immondices .
Ce n'est plus la mer qui la porte, la vie qui l'émeut .
Elle grelotte .
Elle est vide .
Elle ne peut plus déployer ses grandes ailes, et ses pattes sont ridicules .
- les pattes chez les volatiles c'est ce qu'il y a de plus pitoyable -
elle n'arrive plus à avancer .
 
C'est l'agonie d'une mouette qui n'est plus au bord de la mer .


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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /Mars /2006 21:13
L'image ?http://www.lionel-valot.com/img/grande/Les_Oublies_370.jpg? ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Les oubliés - Lionel Valot -

( Pour voir le tableau en entier cliquer ... comme d'hab! )
http://www.lionel-valot.com/Galerie-3.htm
 
Les oubliés n'ont plus les pieds sur Terre ; il s'effritent bien entendu ; que pourraient-ils faire d'autre ?
S'enliser dans leur rêve, finalement c'est mieux que le désespoir !
Les oubliés attendent un regard, un soupçon de patience dans nos yeux ignorants .
On les traitait d'artistes, de vagabonds ... ce n'était rien à entendre .
Maintenant c'est le silence qu'ils perçoivent, 
et ça fait bien plus mal ...
 
Même la lune ne les admire plus ; il fait froid c'est la nuit .
Ils sont immobiles, mi nus, mi figés ; ils attendent une gloire perdue ou même pas : juste une reconnaisance qui les conduirait à nouveau au pays du désir .
Terrorisés par leur propre baillon , les oubliés ne vont,  ni ne viennent ; ils sont .
 
Annick SB
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Par Annick Brillant - Publié dans : mystères
Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /Mars /2006 18:19
http://www.galerie-boulet.com/

Toile de Elena et Michel GRAN - Léventail de cartes -
( en allant sur le lien, s'il marche, vous verrez la toile en entier !
elle est sublime !)






Chaque semaine, c'était la même chose ; il fallait se répartir les rôles .
Qui de nous quatre allait devenir qui ?
On tirait au sort les deux couleurs - rouge ou noir ... puis la plus jeune choisissait sa carte etc...
Il suffisait alors de déposer un doux baiser sur la couronne de papier et hop ... disparition ...
Nous guettions mes trois amies et moi, et en quelques  secondes il fallait nous glisser dans la partie de cartes de ces messieurs sans qu'il s'en rendent compte .
sans se faire piéger
sans se sentir aux abois
sans être prisonnière
et sans rire surtout !
c'était ça le plus difficile !
Ils nous croyaient à la maison,  les idiots !

On profitait d'une tournée supplémentaire apportée par le barman ; deux mauresques, un perroquet et une tomate au Ricard bien sûr, au Ricard !
... c'était assez  facile ; il suffisait d'attendre la troisième tournée ; le tour était joué .


flouououppppp !

... nous devenions  des Dames ...

Ce n'était qu'un jeu, on le savait, mais qui pouvait mal tourner néanmoins, si les joueurs arrêtaient trop tôt ou nous manipulaient trop mal ...
Nous avions le goût du risque .
Nous étions prêtes à tout pour les enquiquinner .

Deux fois par  semaine, depuis vingt ans, ils se retrouvaient au bar du coin pour taper le carton .
Et on leur en voulait à mort, à ces quatre messieurs - nos maris - qui  ne voulaient plus jouer avec nous .
Les femmes, à la maison, disaient-ils : des abrutis !

Le  comble de la médiocrité masculine .
Et comme des idiotes, on les avait épousé ! Pour le meilleur et pour le pire en plus !

Nous ignorer, nous les quatre inséparables ; il en était hors de question .
Toutes les diseuses de bonne aventure rencontrées, les marabouts, les cartemanciennes nous avaient prévenues
- on les aurait tôt ou tard, on les aurait -

Ils allaient perdre leur manie de couillons et s'occuper de nous !

Les belotes succédaient aux belotes , chaque semaine , le mercredi  et le samedi , même café, même heure , même tablée ... lassant, lassant ...

Dès que nous devenions des Dames, ils avaient beau tenter toutes les ruses possibles et inimaginables dans  leur jeu pour poursuivre concentrés leur partie,  on se débrouillait toujours pour fausser le dernier pli, le dernier atoût  et leur partie était ridicule, courte, foutue d'avance , brouillée  ; personne ne gagnait ; personne ne perdait ; cela finissait par des disputes ... des enguelades et chacun rentrait chez lui ...

HIHIHIHI !
Nous quatre, on jubilait, coincées entre leur doigts , caressées, tripotées, cornées malgré tout et semant la zizanie surtout .

C'était  bon !


On devenait Pique, Trèfle, Carreau ou Coeur  dans le seul espoir de les faire suer, pour qu'ils doutent de leur amitié, pour qu'ils renoncent à leurs parties , qu'ils se disputent, qu'ils se menacent ...

De vraies garces de carton !


Aplaties, mais vivantes nous glissions dans le bonheur d'un jeu simple ; une séduction de papier, une partie  qui changeait de nos habitudes frigides ou frivoles selon les amies .   Excquise métamorphose  !

- mercredi 8 mars 2006 - journée internationale des droits de la femme : ça va cartonner encore ce soir ...-

Droit numéro un lamentable et bon : la vengeance des Dames !


 



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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 09:11


Y'a qu'à cliquer !!!

http://amnesty.kamayo.com/


Bonne journée !

Au fait, pendant que j'y pense , le temps ne s'arrête pas à une date sur un calendrier ...
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 01:47


 

Gratee-ciel - Elena et Michel GRAN

 
Je suis une collectionneuse de boîtes . J'ai des tas de merdouilles dedans . J'adore le passé et son enfermement dans des boîtes, car ce qui est génial, à la différence des cerceuils c'est qu'on peut les ouvrir et regoûter, furtivement, au doux bonheur de ce qu'elles contiennent .

Ce sont les boîtes qui tiennent chaud au coeur ...
Je ne les empile pas , je les pose .
Ce sont des boîtes qui me reposent .
Elles ne ressemblent pas à celles de ce tableau .

Elles sont éparpillées ...

Dans chaque pièce, dans chaque armoire, n'importe où, mais je sais qu'elles sont là, à portée de mains .

Je les oublie .

Elles se montrent de temps à autre, au détour d'un rangement, d'une recherche d'autre chose .

J'aime mes boîtes, les merdouillles encore vivantes qu'elles renferment et qui me glissent les mots d'amour des souvenirs, dans le coeur de temps en temps !


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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 02:46
Souvent j'écris un petit quelque chose et je cherche l'illustration adéquate .
Là, j'ai l'illustration que je trouve très belle ; j'ai aussi l'accord du peintre - lionel Valot - pour vous la livrer, avec les quelques mots que ça m'a inspiré ...


http://www.lionel-valot.com/img/grande/Les_Voyeurs_370.jpg

Les voyeurs m'ont coupé les jambes .
Ils m'ont rendue immobile, ancrée dans du brouillard , tétanisée .

Je pouvais plus partir je ne savais plus bouger .

immuable
inerte
affolée

disloquée

... des lambeaux d'espérance se détachaient de moi ...

Sans vraiment m'étonner,

ça m'a mis un masque triste, leurs têtes  !
ça m'a fait rentrer en moi encore plus fort

ça m'a blessé l'âme .

C'était un regard sans communion qu'ils proposaient

Un éclair qui te traverse en te laissant là, faible, appeurée, vide .

Ce n'était pas un regard en fait, tout juste une menace .

Ils étaient nombreux les voyeurs ...

Ils m'ont figée un instant, longtemps ...

Mais je rêve encore ...

Avec des mots ...

Il faut qu'ils le sachent ...
Ma bouche n'est jamais masquée .


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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 16:25
L'image “http://www.lionel-valot.com/img/petite/La_Boule.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

L'attente - Lionel Valot -

Je suis de l'âge où tout est un peu déjà arrivé et où tout encore peut survenir.
Je suis à l'âge charnière - ça grince -
 
Et parce qu'on pourrait désormais se reposer et déposer valises , soucis et tracas, on décide de changer,
de poursuivre
de survivre,
de marcher,
et d'errer ... l'âme à peine poursuivie par les rêves.
Ceux des autres, des inconnus, des écrivains et poètes, lus , relus et récités, assimilés .
Et nos rêves deviennent étranges,  éparpillés et s'étalent parfois comme des souvenirs ...
des rochers, de l'eau bleue ...
plus rien que le bruit du vent ...
 
Ce n'est plus la question du temps qui passe qui se pose comme une évidence.
Qu'adviendra-t-il ?
Qu'importe !
C'est la question du lieu - où suis-je et qu'y fais- je ?
 
Ici ou ailleurs ...  j'attends .
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Par Annick Brillant - Publié dans : aupieddumur
Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 03:39
L'image ?http://www.marseille-images.net/vagues/Largade_Pointe_Rouge_r.jpg? ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Les vagues passent et repassent
la vague vient et revient
sans s'arrêter comme le temps qui passe et qui coule et recoule lentement
Comme le goutte à goutte des doutes et des tourments


Je  me jette à la mer ...


Je flotte

Je me laisse porter lentement puis plus vite puis lentement ...

Le ressac ...

Les vagues roulent, tanguent, me transportent dans tous les sens
C'est magique la mer et en même temps affolant, terrifiant .

Je perds connaissance
Je perds la raison
C'est trop grand, c'est trop grand , trop profond ...

Je n'ai pas pieds et je trébuche quand même
Je me retrouve à plat ventre
Je bois
C'est salé
J'adore le salé
Sur le dos
Je roule
Je tangue

C'est incroyablement simple de se laisser porter
et tellement angoissant aussi .

Parfois je me laisse déposer sur la berge ou sur la plage vers la Corniche ...
Parfois la vague m'éclate sur les rochers
la vague passe   avance    dépasse,  cruelle
indéfiniment
Ma tête claque sur la coquille des arapèdes étonnées d'être réveillées ...
et j'ai la sensation de ne plus avoir mal ...


Annick SB

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Par Annick Brillant - Publié dans : Femmes
Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 12:52
L'image “http://misszoecat.tripod.com/Couple_with_their_Heads_Full_of_Clouds.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
 
         Un couple avec têtes pleines de nuages - Dali - 
 
 
Sa tête penche ... elle flanche.
Et lui, reste immobile.
Elle s'aggrippe au rebord de la table.
Je suis certaine qu'elle va lentement arracher la nappe pour s'envelopper et voiler ses cicatrices.
Ce dont je suis moins sûre, c'est le sens du vent dans les nuages.
La connaissance intellectuelle des éléments lui est étrangère .
Elle aime la sensation du vent sur son corps, tout simplement .

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J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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