Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




Publié dans : Femmes
Dimanche 22 juin 2008
Elles sortent du lit lentement et enfilent leurs mules à pompoms plumés en appuyant les mains sur leurs genoux endoloris pour faire balancier avec le reste du corps.

Elles avancent dans le couloir, à petits pas, en plissant les yeux pour ne pas être éblouies par le jour nouveau, encore un qui éclabousse d'intensité arrogante.

Elles se font chauffer le café et le regarde passer, goute à goutte en tenant prèts pour l'affronter, bol et cuillière dans chaque main.

Elles agissent parfois comme des supporters et crient crient en silence pour partager la grande blessure et oublier lentement le sort, ce coquin comme on dit chez nous qui dresse une armure rouillée avant la pluie et qui empêche tout regret car il lave le crâne à la manière d'une douche froide.

Elles sombrent béantes et immobiles dans l'illusion d'une journée sans surprise car on ne doit pas effaroucher par le timbre de la voix, ni le voisinage, ni le chat qui dort, ni le paillasson poussièreux et encore moins le repos forcé, gaspillé à regarder passer le temps crochet à la main.


Elles ferment les paupières alourdies par la poudre devenue inutile, qui les rendait plus bleues, plus vertes, plus claires jadis c'est vrai , et qui ne scintille plus que dans le rêve glacé du papier de revue que l'on lit à la hâte, bêtement calée dans le fauteuil ou pire, dans la salle d'attente d'un service.


Elles attendent d'ailleurs, là, seules, le moment difficile du verdict ou il faudra sortir, mimer la promenade, et immédiatement avouer la fatigue, le souffle court, en enfilant la toile de coton et  lin tamponnée comme si c'était une peau dessous l'armure de chair enflée par le chagrin, la fatigue et même l'irrespect d'autrui parfois.


Elles tendent le bras aux veines bleues indécentes qui invitent l'aiguille à expirer le glou glou glou du liquide froid qui les aidera peut-être à chasser les raclements de gorge incontrôlés et les autres maux bien malins.

Elles chuchotent pourtant en fredonnant " le tour de l'île " de leur vedette adorée désormais muette dans radios mal réglées qui occupent la pensée au tout petit matin.


Enfin, oui enfin, lentement, elles soupirent , se recroquevillent et imaginent le grand départ, le grand voyage de 42 milles , loin plus loin , encore plus loin ...


Annick SB


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  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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