Publié dans : Femmes
Lundi 25 juin 2007
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18:27
Layachi HAMIDOUCHE
Tu envisages le manque comme un goutte à goutte d'acide
une brûlure lente
une fragile dépendance qui te hantait, que tu n'étais pas prête à vivre.
Tu envisages le manque qui t'habite comme une vengeance sur tes espoirs fous, interdits, peureux, brimés
comme une caresse polluée d'amertume
comme un oeil scrutant tes désirs d'ascension, de rebond, annonçant un vertige qui hisserait tes mots en les pinçant entre le pouce et l'index et te les mettrait sous le nez comme on met la truffe d'un chien dans la pisse lorsqu'il s'est oublié.
Tu envisages la manque comme une sentence
comme un tourbillon d'affolements
d'hésitations
de frousse
le manque comme une longue habitude dosée à chaque étape par les rires et les mots
jamais trop haut
jamais trop fort
mais néanmoins timbrés.
Tu envisages le manque comme un destin tordu
comme un tord boyaux sans liquide
comme une vague sans ressac
comme un sac dans lequel on a enfermé le petit chat qui venait de naitre
pour l'étouffer justement
tu envisages le manque comme ton asphyxie
et tu te cramponnes pour ne pas trébucher.
Parfois le manque devient une rampe
un paravent au trop d'abandon
l'aspiration à tout abandonner justement pour ne pas succomber
un appel vers la mort pas encore apparue
une retenue
un suicide vivant
une déchéance
mais la tienne seulement, la tienne bien sûr, pas celle de tout le genre humain
tu vois le manque comme un égoïsme
une coupure, nette, franche
une solitude mondaine
un appel au secours.
Et puis, jour après jour, tu envisages le manque comme un escalier d'oxygène
comme les murs salvateurs d'une liberté qui t'appeure
la tienne
celle que tu as gagnée
conquise
gravée dans les plis de ton indifférence et de ta compassion envers toi-même
tu envisages le manque comme ta vérité ...
alors, alors seulement, tu vois la vie en rose et, apaisée tu fermes enfin les yeux et tu souris comme un bébé !
Annick SB
à vous ...