Au pied du mur ... quelques gribouillis ...
... l'atelier d'écriture
"la poudre d'escampette", sur le net,
qui inspire beaucoup de mes textes ...


La mer a oublié de se retirer et le sable est humide dans cette main crispée qui hésite un instant à lancer la magie du sommeil.
Le hasard ne fait jamais les choses, il les dérobe à nos désirs.
On voulait, on voulait, on espérait tellement, qu' on faisait semblant de croire que ces quelques secondes de transition, numérotées à l'avance digitalement sur tous les écrans froids, prendraient la sensation du bonheur sous la peau sèche de nos incertitudes nocturnes et dans le regard confiant de nos peurs ôtées, l'espace de cet instant, de croyances stupides.
Le marchand de sable est déchaussé cette année.
Je l'ai aperçu sur le bord de la plage.
C'est un vagabond, un va nu pied qui avance sans bruit et prend au fil des heures une place infinie entrant dans les espoirs tourmentés de tous ...
Dis, ce sera mieux demain ?
Les morts nous oublieront-ils enfin ?
Que deviendront nos enfants ?
Et nos amours, les vivrons - nous tendrement sans hache et sans remord ?
Encore ?
Encore ?
Cette nuit lorsqu'il a entendu les douze coups de minuit le marchand de sable était dérouté, pressé, peut-être déjà complètement bourré, imprévisible.
Je l'ai aperçu ...
Il a hésité,
Il a hésité à arrêter le temps,
et a laissé glisser sa main sous le liquide salé, en attrapant une poignée de boue qu'il a lancé loin loin loin pour nous tous en hurlant oui, mais sans faire de bruit sans laisser de traces...
Pas de grains dorés.
Pas d'imperceptible caresse de légéreté nébuleuse.
Non !
De la poussière humide tout simplement.
Et au douxième coup de minuit, la magie est arrivé ; l'humidité de ce sable compact, agglutiné, s'est transformée, oh merci, en gouttelettes de Champagne comme par enchantement...
Je l'ai vu, croyiez moi, car les yeux des enfants que nous sommes restés n'ont pas la cruauté de la réalité .
Je l'ai vu...
Le marchand de sable m'a souri une seconde, pas deux, faut pas exagérer !
C'était du Champagne brut, le meilleur ...
La magie a marché cette année encore.
La main du marchand de sable enfouie et immobile s'est extirpée subitement du fond salé ; les guenilles de cet étrange magicien se sont ourlées de velours ; il a retroussé ses manches et il s'est mis au boulot.
En un lancé puissant il a fait son travail, pour nous souhaiter une bonne année, une de plus, encore encore encore ... en nous donnant l'illusion du sommeil pétillant après minuit...
2007 a glissé vers 2008 en une seconde lourde et insensée
et c'est ça qu'on a reçu sur la tête pour s'endormir
de la boue compacte de quotidien enlisé, de la boue pleine de bulles soufflées, évaporées, lumineuses ...
Le marchand de sable dépité a rempli sa mission comme toutes les nuits, comme toutes les années et la mer cette vilaine capricieuse lui a joué le mauvais tour du nouvel an ; l'illusion du changement...
Le va et ne revient jamais du Temps...
Dans nos yeux devenus troubles par les vapeurs de cet alcool bu trop vite pour la fête,
un plongeon peu à peu dans le sommeil salé qui ne répare plus rien.
Le hasard est décapité, on le sait...
... mais, Bonne Année ...
Annick SB
Ils ont eu un accident
stupide comme tous les accidents.
Ils s'en sont sortis vivants mais pas indemnes
c'est un peu à cause de la trouille tout ça, de sa trouille à elle
de la peur, oui tout simplement et ça a failli tout foutre en l'air pour eux
c'était une chute brutale, inattendue comme le sont très souvent ses paroles
une descente aux enfers
une rage
une terreur
une panique
un abandon
l'accident con, comme toujours
et maintenant l'incertitude qui bloque, qui paralyse, qui pétrifie jour après jour
Ils se sont retrouvés quelques mois après avec des sensations ambivalentes
d'une part l'impossibilité de faire comme si tout était pareil qu'avant bien sur
ce serait si simple !
lenteur de l'approche
hésitation
bouche sèche
larmes
sanglots
trouille encore
protocole inévitable de la distance que l'on pense salvatrice
deux baisers sur les joues
"salut" au téléphone
bouclier
rempart
protection
d'autre part la douce sensation que tout était pareil en définitive
le guiliguili au creux du ventre
un effleurement de la joue, carte de visite de la tendresse
regards
sourires
complicité
émois
pas d'amnésie
elle, c'est comme si elle ne savait plus marcher tout en se sentant pourtant la force de courir vers lui
lui, comme si il ne voulait plus l'épauler, se joindre à elle, tout en étant infinimment présent dans la distance qu'il lui impose
elle est fatigante
il est fatigué
une forme de tristesse, de compassion et de pudeur mêlées à l'incompréhension et au désir
ils se sont vraiment sentis meurtris, blessés, abandonnés, incompris, largués
un accident stupide
ils ne savent pas si ils connaissent les bons gestes, les bonnes paroles pour aller de l'avant tête haute
c'est insupportable pour elle cela, de ne pas savoir ce qu'elle peut désormais offrir tout simplement à l'homme qu'elle aime
Ils se rencontrent néanmoins car elle insiste
elle est têtue
elle a la foi dans l'amour qu'elle lui porte
une foi infinie
en fait, elle ne peut lui offrir que son insistance justement, que sa croyance, sa persévérance et ses espoirs
ils se regardent
le regard est grave mais profond
plein de cette tendresse mêlée d'incompréhension
ils ont eu un accident
et ils espérent
Ils pansent leurs plaies chacun à leur manière, chacun dans leur coin, en attendant de pouvoir se chatouiller les cicatrices tout doucement en éclatant de rire ...
Annick SB

Non, c'est pas pour ça que j'ai ressenti tant d'émois.
Ca n'a peut-être pas de rapport avec le vin d'ailleurs cette histoire, notre histoire, mes sensations, mes attentes et pourtant ...
Il faisait doux ce soir là , très doux pour la saison.
Aurais-je du voir dans l'invitation à la dégustation de grands crus un pied de nez à l'alcoolisme qui frappait ses proches ?
Aurais je du voir, la tradition régionale, le sens de la fête, la convivialité, le souhait d'être à l'écart du bruit de la ville ?
Il me semble que je ne cherchais rien à voir justement et que c'est ça qui était agréable .
Juste déguster quelques moments tranquilles.
Pour une fois, je vivais, je vivais enfin et c'était infiniment plus ennivrant que tous les parfums des alcools, que toute l'ivresse promise, que tout ce qui allait advenir...
Quelques instants, sans questionnement, sans doute, du bonheur ni gouleyant ni fruité, non pur, tout simplement .
Il faisait doux, on est arrivé dans la cour d'une cave bourguignonne ; le temps nous a permis une parenthèse douce et lumineuse.
Après on a dégusté quelques verres de vin bien sur, dans une ambiance gaie, bon enfant et c'était très agréable, très simple ...
Une chose est certaine : le bonheur avait commencé avant la dégustation.
Annick SB

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" Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges."
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Pas de Pannick, tout va s'arranger ...
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