Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




aupieddumur

Publié dans : aupieddumur
Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /2008 11:31

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" Jour  nuit " Fabrice Violante - Nov 2006


La mer a oublié de se retirer et le sable est humide dans cette main crispée qui hésite un instant à lancer la magie du sommeil.

Le hasard ne fait jamais les choses, il les dérobe à nos désirs.

On voulait, on voulait, on espérait tellement, qu' on faisait semblant de croire que ces quelques secondes de transition, numérotées à l'avance digitalement sur tous les écrans froids, prendraient la sensation du bonheur sous la peau sèche de nos incertitudes nocturnes et dans le regard confiant de nos peurs ôtées, l'espace de cet instant, de croyances stupides.

Le marchand de sable est déchaussé cette année.

Je l'ai aperçu sur le bord de la plage.

C'est un vagabond, un va nu pied qui avance sans bruit et prend au fil des heures une place infinie entrant dans les espoirs tourmentés de tous ...

Dis, ce sera mieux demain ?

Les morts nous oublieront-ils enfin ?

Que deviendront nos enfants ?

Et nos amours, les vivrons - nous tendrement sans hache et sans remord ?

Encore ?

Encore ?

Cette nuit lorsqu'il a entendu les douze coups de minuit le marchand de sable était dérouté, pressé, peut-être déjà complètement bourré, imprévisible.

Je l'ai aperçu ...

Il a hésité,

Il a hésité à arrêter le temps,

et a laissé glisser sa main sous le liquide salé, en attrapant une poignée de boue qu'il a lancé loin loin loin pour nous tous en hurlant oui, mais  sans faire de bruit sans laisser de traces...


Pas de grains dorés.

Pas d'imperceptible caresse de légéreté nébuleuse.

Non !

De la poussière humide tout simplement.


Et au douxième coup de minuit, la magie est arrivé ; l'humidité de ce sable compact, agglutiné, s'est transformée, oh merci, en gouttelettes de Champagne comme par enchantement...

Je l'ai vu, croyiez moi, car les yeux des enfants que nous sommes restés n'ont pas la cruauté de la réalité .

Je l'ai vu...

Le marchand de sable m'a souri une seconde, pas deux, faut pas exagérer !

C'était du Champagne brut, le meilleur ...

La magie a marché cette année encore.

La main du marchand de sable enfouie et immobile s'est extirpée subitement du fond salé ; les guenilles de cet étrange magicien se sont ourlées de velours ; il a retroussé ses manches et il s'est mis au boulot.

En un lancé puissant il a fait son travail, pour nous souhaiter une bonne année, une de plus, encore encore encore ... en nous donnant l'illusion du sommeil pétillant après minuit...


2007 a glissé vers 2008 en une seconde lourde et insensée

et c'est ça qu'on a reçu sur la tête pour s'endormir

de la boue compacte de quotidien enlisé, de la boue pleine de bulles soufflées, évaporées, lumineuses ...

Le marchand de sable dépité a rempli sa mission comme toutes les nuits, comme toutes les années et la mer cette vilaine capricieuse lui a joué le mauvais tour du nouvel an ; l'illusion du changement...

Le va et ne revient jamais du Temps...


Dans nos yeux devenus troubles par les vapeurs de cet alcool bu trop vite pour la fête,

un plongeon peu à peu dans le sommeil salé qui ne répare plus rien.

Le hasard est décapité, on le sait...

... mais, Bonne Année ...


Annick SB

 


Publié dans : aupieddumur
Dimanche 12 août 2007 7 12 /08 /2007 16:45


Ils ont eu un accident
stupide comme tous les accidents.

Ils s'en sont sortis vivants mais pas indemnes
c'est un peu à cause de la trouille tout ça, de sa trouille à elle
de la peur, oui tout simplement et ça a failli tout foutre en l'air pour eux

c'était une chute brutale, inattendue comme le sont très souvent ses paroles
une descente aux enfers
une rage
une terreur
une panique
un abandon
l'accident con, comme toujours

et maintenant l'incertitude qui bloque, qui paralyse, qui pétrifie jour après jour

Ils se sont retrouvés quelques mois après avec des sensations ambivalentes

d'une part l'impossibilité de faire comme si tout était pareil qu'avant bien sur
ce serait si simple !
lenteur de l'approche
hésitation
bouche sèche
larmes
sanglots
trouille encore
protocole inévitable de la distance que l'on pense salvatrice
deux baisers sur les joues
"salut" au téléphone
bouclier
rempart
protection

d'autre part la douce sensation que tout était pareil en définitive
le guiliguili au creux du ventre
un effleurement de la joue, carte de visite de la tendresse
regards
sourires
complicité
émois

pas d'amnésie

elle, c'est comme si elle ne savait plus marcher tout en se sentant pourtant la force de courir vers lui
lui, comme si il ne voulait plus l'épauler, se joindre à elle, tout en étant infinimment présent dans la distance qu'il lui impose

elle est fatigante
il est fatigué

une forme de tristesse, de compassion et de pudeur mêlées à l'incompréhension et au désir 

ils se sont vraiment sentis meurtris, blessés, abandonnés, incompris, largués

un accident stupide

ils ne savent pas si ils connaissent les bons gestes, les bonnes paroles pour aller de l'avant tête haute
c'est insupportable pour elle cela, de ne pas savoir ce qu'elle peut désormais offrir tout simplement à l'homme qu'elle aime

Ils se rencontrent néanmoins car elle insiste
elle est têtue
elle a la foi dans l'amour qu'elle lui porte
une foi infinie
en fait, elle ne peut lui offrir que son insistance justement, que sa croyance, sa persévérance et ses espoirs
ils se regardent
le regard est grave mais profond
plein de cette tendresse mêlée d'incompréhension

ils ont eu un accident

et ils espérent

Ils pansent leurs plaies chacun à leur manière, chacun dans leur coin, en attendant de pouvoir se chatouiller les cicatrices tout doucement en éclatant de rire ...

Annick SB



Publié dans : aupieddumur
Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /2007 20:44
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On est arrivé tous les deux dans une cour assez vaste.
J'ai senti que ça allait être le début du bonheur, comme ça, simplement.


Non pas parce que le chat noir miaulait pour suivre la vigneronne sous la voute...
Non pas parce que c'était la tombée de la nuit ; la nuit souvent, j'ai peur ...
Non pas parce que le gravier crissait sous nos pieds...
Cela me rapellait le jardin de mon enfance ...
Ou que les bouteilles nous attendaient.


Non, c'est pas pour ça que j'ai ressenti tant d'émois.

Ca n'a peut-être pas de rapport avec le vin d'ailleurs cette histoire, notre histoire, mes sensations, mes attentes et pourtant ...
Il faisait doux ce soir là , très doux pour la saison.


Aurais-je du voir dans l'invitation à la dégustation de grands crus un pied de nez à l'alcoolisme qui frappait ses proches ?
Aurais je du voir, la tradition régionale, le sens de la fête, la convivialité, le souhait d'être à l'écart du bruit de la ville ?

Il me semble que je ne cherchais rien à voir justement et que c'est ça qui était agréable .
Juste déguster quelques moments tranquilles.
Pour une fois, je vivais, je vivais enfin et c'était infiniment plus ennivrant que tous les parfums des alcools, que toute l'ivresse promise, que tout ce qui allait advenir...

Quelques instants, sans questionnement, sans doute, du bonheur ni gouleyant ni fruité, non pur, tout simplement .

Il faisait doux, on est arrivé dans la cour d'une cave bourguignonne ; le temps nous a permis une parenthèse douce et lumineuse.

Après on a dégusté quelques verres de vin bien sur, dans une ambiance gaie, bon enfant et c'était très agréable, très simple ...

Une chose est certaine : le bonheur avait commencé avant la dégustation.

Annick SB

Publié dans : aupieddumur
Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 08:23


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- Henri Matisse -

"Ce jour là Marthe entra dans un grand magasin de Metz et acheta deux paires de socquettes de laine : l'une bleue, l'autre marron..."
Elle n'avait pas du tout besoin d'acheter des soquettes.
La seule chose qui l'intéressait c'était d'être entourée et là, elle était sûre de ne pas s'être trompée d'endroit ni de jour : un monde fou ; il y avait un monde fou car les soldes débutaient et ça l'enchantait.
Il faut dire qu'elle avait passé la semaine toute seule.
Son compagnon était parti sans dire précisemment où il allait ni quand il rentrerait.
Habituel certes, mais peu commode.
Quant aux enfants, ils donnaient signe de vie de temps en temps ; cette semaine sa fille Clarisse l'avait appellé deux fois parce qu'elle était en vacances et quelle avait du temps ; c'est ce qu'elle avait dit !
Son fils Fredéric n'avait pas encore eu le temps, lui ; il faut dire qu'il travaillait dans le tourisme, à Paris .
Elle avait l'impression que ses enfants lui téléphonaient comme ça , presque par politesse et elle ressentait un éloignement de plus en plus grand entre eux et elle, entre leur mode de vie et le sien, l'idée qu'elle s'en faisait plus exactement car ils étaient loin.
Cela ne l'attristait pas vraiment mais c'était un constat, un déroulement ; le temps qui passe tout simplement et qui éloigne inexorablement.
Et puis, ce matin, au réveil c'était devenu subitement étrange dans sa tête ; tout s'était embrouillé et finalement elle avait du se rendre à l'évidence : elle avait le bourdon.
- la solitude
- l'inertie
- le ras le bol
 Elle en avait marre de cette attente, de ce vide grandissant, de ces silences de la lenteur des gestes quotidiens et le grand magasin lui était apparu comme un lieu salvateur.
Ce n'était pas le genre d'endroit qu'elle affectionnait particulièrement d'habitude, mais là, bon, elle avait décidé d'y passer la journée entière malgré tout, comme pour un défi.
- les galeries Lafayette - ouverture de 9 h à 19 heures sans interruption -
Quand elle était entrée, elle avait tout de suite vu à sa droite un grand bac rempli de chaussettes soldées.
Elle en avait attrapé deux paires, une bleu et une marron sans même regarder les pointures, histoire de dire qu'elle n'était pas venue pour rien si elle rencontrait une connaissance qui lui posait des questions et elle avait harpenté les allées comme ça, juste pour le plaisir d'être entourée.
Elle sentait le frôlement de gens pressés, le regard furtif des caissières entre deux clients.
Elle admirait la vie, le grouillement de la vie urbaine, ses artifices idiots et répétitifs, les dialogues surtout.
Toujours les mêmes questions : l'étiquette absente, la démarque, la taille, la cabine d'essayage ...
un tourbillon, du vent humain et ça l'a entrainé vers des regards, vers des interrogations sans réponse, des pensées qu'elle évitait soigneusement de se poser depuis quelques années.
Et ça l'a rendu heureuse, heureuse, comme ça , simplement ... toute cette vie qui l'encerclait.
Au bout de quelques heures elle s'est aperçu qu'elle était fatiguée ; rester debout à observer, ce n'était plus trop facile à son âge. Alors elle est passée à la caisse, a réglé ses maigres achats, est rentrée chez elle et a posé les deux paires de soquettes sur la chaise dans l'entrée.
Ensuite, elle s'est allongée sur son canapé .
Puis elle s'est endormie tout simplement.

Annick SB


Publié dans : aupieddumur
Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 13:50

" Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges."

Khalil Gibran


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Hélène Mellaerts     - rencontre inattendue -


...

Je verrais
Je verrais au loin les champs que je crois enneigés
Et plus loin encore le village silencieux.
Devant il y aurait toujours,
pour nous,
pour nous deux,
comme pour nous plaire,
ces touffes de couleurs qui manquent aux paupières .
Ce serait l'hiver
Ce serait maintenant
On serait là, muets, curieux, amoureux.
On regarderait les bouquets, fascinés par le charme frêle qu'ils viendraient nous offrir.
Il y aurait les teintes emmêlées et muettes qui gémiraient tout doux pour n'être que senties .
Il y aurait le vent qui comblerait tout ça d'un murmure bruissant faisant taire nos pas .
Et on s'enlacerait doucement pour rêver.
Il y aurait la danse et les bruits de l'été prometteur arrivant peu à peu avec belle lenteur.
Ce serait bien...
Même givrés, à chaque songe, nos mots nous enchanteraient.
On ne se tromperait pas.
On saurait.
On saurait tous les deux en cachette.
On comprendrait l'hiver si prometteur d'un renouveau lointain accompagné de peur, de froid, de doutes
mais on s'en moquerait.
On serait tous les deux simplement.
Plus rien que nos frissons ne compterait alors.
A chaque rêve enfoui sous les parfums subtils,
Il y aurait des fleurs et des rires et des cris ...

Ce seraient les notres.
 
On s'aimerait, comme ça, juste pour le plaisir
de notre rencontre innattendue ...

Annick SB

Publié dans : aupieddumur
Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 20:37


http://pascalcourty.free.fr/Alcoolisme/peinture/glassabsinthe.jpg
                -Van Gogh -


Entre nous c'était prévu ; ça devait se passer comme ça : messages, rendez-vous, patati, patata, le truc classique bien sur  !
Entre nous il y a toujours eu qq chose  ; d'abord il y a eu un écran, comme un bloc en plastique, en métal  ou en bois ;  un objet quoi !
Ensuite une rencontre et puis une autre et puis et puis ... Je sais plus trop .
Dans les cafés, une table .
Mais c'est pas important dans les cafés .
Pas important et je ne me souviens de rien  ; enfin j'exagère !
Je me souviens de ce que j'ai ressenti très précisemment mais pas de la forme ou la couleur de ce qui était posé là entre nous, comme il se doit .
Des objets, autant dire du vide, du faux semblant  ...
Du vide ou autre chose , un mur, une façade, une palissade ?
Une muraille .
La muraille de bienséance ?
La muraille de "calme toi ma petite" .
 
... et c'est comme ça que ça s'est passé ...
 
J'avais un chewing gum dans la bouche et il n'avait plus de goût et je ne savais pas où le poser et je trouvais ça con de ne pas le cracher par terre mais j'aime pas cracher par terre et j'aime encore moins déranger une serveuse pour cracher mon chewing gum et je ne voulais pas me lever pour ne pas perdre une miette de son regard ou de ses paroles ...
 
Le souvent il s'imprime aussi dans la durée .
Sinon on appelle ça des émotions ; éphémères .
Et quelques heures de chair et d'os à regarder quelqu'un de part et d'autre d'une table de café, on peut dire sans blesser personne que c'est encore de l'émotion ; un tout petit peu , oui .
 
Celle qui fait tout chavirer ?
Celle qui permet l'espérance ?
Ou plutôt celle qui remet les pendules à l'heure ?
 
Les pendules, ça faisait un moment quelles tournaient sans demander leur reste ; entre nous, il n'y a jamais eu de pendule . C'est dommage, ça m'aurait rassurée la régularité du tic tac, tic tac, tic tac ...
Le temps, il n'attend pas lui !
Très vite aussi, ça c'est sur, le temps s'est écoulé .
Le calme est une claque douce, comme les vagues de printemps .
Celles qui se cognent la tête également contre les rochers parce quand même c'est bon les souvenirs et là, c'est le désert qui a commencé , L'amnésie plus excactement .
Entre nous il y a toujours eu un objet .
Un téléphone portable, avec une voix qu'on aimerait pouvoir entendre dans la banalité des choses de la vie, du temps qui passe ; une voix qui nous aurait permis les éclats de rire mais les nombreux, ceux dont on est frustré frustré parce que c'est interdit  et qu'on a de la peine à imaginer justement comment on pourrait rire ensemble ; trop loin, pas de temps, pas la même vie, pas l'envie ... on sait, on sait ...
On ne doit pas, jamais jamais la dire, la faire sortir la peine pas avec la voix, jamais ; on l'a bien apprise notre leçon de savoir vivre . Alors on rit, on cause, on marmonne  des petits mots et on sait que dès le départ tout est est déjà achevé ; c'est l'artifice de la communication sans feu ni flamme .
Dans le portable il y a aussi les cristaux si bêtement liquides qu'ils s'évaporent dans deux ou trois petits mots cons, qu'on lache en se disant : quand il les lira , pendant quelques secondes il pensera à moi .
L'insupportable est là ; on sait que l'autre ne pense à pas à soi alors qu'il nous bouffe la tête sans le savoir .
On le regrette .
Ca nous chagrine .
On ne sait plus si c'est bon ou atroce ; ça dépend des jours !
Entre nous en fait il y a toujours eu un mur ; un mur bizarre, un mur informe, pas construit .
D'un côté j'y suis jamais allée alors je ne sais pas si ça s'appelle compassion, curiosité , gentillesse, amitié .
Je connais pas cette paroi là .
De l'autre il y a  l'envie et la honte ; parce que c'est pas bien ce que vous faites madame de parler et d'être attachée de la sorte avec ce type  ; ce type là qui ne vous a rien demandé, absolument rien . 
On ne harcelle pas les gens comme ça madame .
Sa patience  a surement des limites et vous avez besoin de limites  ; vite vite mettez les , allez !
Oui messieurs dames les donneurs de bons conseils .
Je sais .
Je sais .
Et je vous emmerde .
Entre nous il n' y a rien, rien que des mots et des fous rire  et ça m'a remplie chaque jour pendant de longs mois ; drôle de vide , hein ?
Ca m'a mis la limite du supportable toujours un pas plus loin de l'autre côte de la muraille vers l'horizon .
 
Je me souviens un chat avait traversé la salle du café et il l'avait caressé le veinard.
C'était la première fois ou peut-être même pas, je sais pas, c'est pas important que j'étais jalouse d'un animal et je ne lui avais pas dit car vraiment je savais que c'était archi archi con de ressentir un truc pareil .
 
C'était un énorme matou, gris, je crois que c'était une femelle , angora et il l'avait caressée en s'étonnant qu'elle soit si grosse ; ça m'avait plu qu'il la caresse .
 
Je déteste les gens qui sont indifférents aux animaux qui les approche et j'aurai détesté le détester puisque j'étais amoureuse de lui .
Tiens , j 'étais ?
Pourquoi j'étais ?
Parce que je n'ai plus le droit de l'être ou parce que je ne le suis plus ?
L'ai-je eu,  le droit,  d'ailleurs ?
Oui on a toujours le droit d'être amoureux !
Ouf ! sauvée ; je faisais  pas de bêtise .
Le suis je encore ?
C'est vraiment pas le problème !
Car, même si rien ne s'est passé comme prévu, c'est un imprévu qui ne m'a jamais  désanchanté .
 
Annick SB

Publié dans : aupieddumur
Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /2007 10:01
L'image “http://www.lionel-valot.com/img/grande/Les_SEPARATIONS_impossibles.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.



Toile de Lionel Valot - Les séparations impossibles -


L'important, je crois, ce ne sont pas tellement les mots que l'on choisi, que l'on propose, que l'on chuchote ou que l'on crie, mais le glissement de nos pensées vers un partage .

Annick SB
Publié dans : aupieddumur
Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 17:25
http://perso.orange.fr/jean-claude.leroux/barbeles%2002.jpg

Quand vous passerez surtout, baissez bien la tête, ne vous faites pas mal, prenez soin de vous ..

Allez allez courage !
L'année s'achève avec tout ce qu'elle a eu de torture, de non dit, d'attente, de blessure...

Allez allez courage !
De l'aute côté, demain, il y aura le rêve, il y aura la vie qui reprendra ses droits
Le chien qui aboiera et remuera la queue
et ce chaton qui miaulera
et la douceur du matin enneigé qui émerveillera nos yeux.

Les chants, les rires,
Les paroles des enfants,
et les questions des plus grands
C'est quand ?
C'est où et ça sera comment?
Dis moi ...

Et je leur répondrais :
Ce sera comme tu vas l'inventer
pour toi, pour nous ...
Ca sera de l'autre côté de ces fils qu'on nous a entortillé à notre insue,  de l'autre côté de cette parure que je suis tout de même désormais obligée d'enfiler pour ne pas me déchirer à mon tour ; question de survie !

Allez, allez courage !
N'ayez crainte, tout va bien se passer ...
Dans quelques heures, on va se dire "bonne année " ...

Annick SB
Publié dans : aupieddumur
Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /2006 16:00
L'image “http://membres.lycos.fr/hlayachi/images/02-peint-24.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

" Cristallisation " toile de Layachi HAMIDOUCHE .


Ella a eu une vie bien remplie, tout le monde le lui dit, parce que les gens, ses connaissances en tous cas, ont un compteur dans la tête, et fonctionnent en terme d'objet, de biens, de quantité,  elle le sait ; elle adore les écouter parler d'eux et ils en amassent des trucs et des trucs et des trucs !
Incroyable ! d'ailleurs elle aussi elle en a amassé ; c'est ça le drame !
 
Une vie très bien remplie même et soudain, comme ça, sur un coup de tête, de coeur ou de blues, elle a envie de vider le trop plein, de jeter par dessus bord  tout ce qui est  superflu, tous ces objets témoins,  et il y en a tant !
Ca lui prend comme quand on a envie de vomir après avoir trop bu ; c'est inéluctable, douloureux, nécessaire.
Il y a pourtant la sensation étrange de l'interdit, comme si elle allait faire quelque chose de répréhensible .
Elle est à un poste frontière, dans sa chambre, pour un voyage et elle ne sait pas trop ce qu'elle a à déclarer.
 
Elle  commence par ouvrir les cartons de lettres.
Toutes les lettres qu'elle a reçues ; il y en a beaucoup, rangées dans  trois cartons cachés par la grande armoire.
Les enveloppes sont posées comme une petite chanson en abime ...
Dans sa chambre, savez vous ce qu'il y a ?
Il y a trois cartons.
Et dans ces trois cartons, savez vous ce qu'il y a ?
Il y a des paquets.
Et dans ces paquets, savez-vous ce qu'il y a ? 
Il y a des preuves.
 
Des preuves du remplissage !
 
Sensation de  nausée.
 
Trois cartons avec des paquets de lettres entourées de rubans en velours .
Pour chaque correspondant ou correspondante, un petit paquet .
Rangé  ; c'est à peu près la seule chose qui le soit d'ailleurs dans cet intérieur.
 
Besoin de désordre. Vital.
 
Elle arrache tous les rubans, les plie, les porte contre sa joue, se souvient. 
Elle étale toutes ces missives oubliées, jette un regard amusé sur chaque calligraphie, les points sur les i en forme de rond, de coeur !
Elle sourit .
Certains paquets sont  énormes.
Comment a - t - elle  pu correspondre aussi longtemps avec des personnes dont elle n'a plus de nouvelles et dont elle ne se souvient pas du tout ou si peu ; tout est flou.
Dans le lot elle cherche deux lettres, plus importantes que les autres probablement, non, pas probablement, c'est certain et ça fait mal cette importance.
Elle ne les trouve qu'après un long moment de farfouillage et semble émue.
Pas de larme dans les yeux pourtant.
 
Le vide commence à se faire, ces gens, ces prénoms, ces enfants, ces amies, ces hommes.
Enchainés dans des mots.
Imagés dans des enveloppes.
Pliés.
Que faire de tout ça  ?
Tout bruler à la manière romantique ? 
L'idée la fait sourire !
Les jeter dans le fleuve ? encore plus débile ; elle rit .
Les remettre une fois encore dans les mêmes cartons et attendre un autre passage à vide ou un autre trop plein, plus tard, un jour viendra, c'est sur.
 
Elle refait ses petits tas, renoue ses petits rubans, précautionneusement.
 
Non, le vide se sera pour l'ultime voyage et ce n'est pas encore ce soir.
 
 
Le lendemain, c'est au tour de la garde robe d'être mise à nue.
Elle a eu une vie bien remplie de toutes les tailles du corps ou bien un corps bien couvert de toutes les tailles d'habits.
Ce corps qui a su sagement, le docile,  jouer au  yoyo entre le semblant d'anorexie et le semblant de boulimie, selon les saisons, les drames. 
Sortir des étagères de l'armoire tous les pantalons , tous les corsages démodées et jamais jetés, les jupes, les chemises de nuit, les sous pulls, les tee-shirt ... 
La mode va, vient, idiote et consternante alors pourquoi se débarrasser de ce qui pourra resservir ?
Elle s'est toujours dit ça.
Amusée elle déplie tous ses habits jetés sur le lit et pose devant son corps ses toilettes qui n'en étaient pas, parce que les vêtements, c'est vraiment pas important  !
Et il y en a tant !
 
 
Que faire de toutes ces fringues ?
Le vide de l' armoire.
- Emaüs ?
- la croix rouge ?
- le secours populaire ?
Comment pouvoir imaginer que d'autres corps se plairont ou non dans ces tenues simples, colorées .
Replier les tricots, les pulls en laine sagement tricotés sur le canapé, à l'époque ou regarder la télévision faisait encore partie des occupations de ses soirées.
Non, le vide ce sera pour l'ultime voyage.
Repli ; changement de cap.
Mirage.
 
 
Les disques, alors ?
Et si elle s'attaquait aux disques  ?
Après tout, les brocanteurs en sont friands.
Passionnée d'airs, de chants, de cantiques... 
Passionnée ?
Non, surement pas de ça , elle le sait depuis toujours aussi. 
La musique comme une présence, une indispensable mélodie pour ne plus penser, les paroles des autres pour se  vider la tête et s'endormir sans ressasser les siennes.
 
 
Elle enlève de leurs supports les centaines de  CD poussiéreux en se demandant ce qu'elle va en faire et puis, comme pour les lettres, comme pour les vêtements, elle range une fois encore dans les colonnes toutes ces boites de plastique.
C'est presque désespérant. 
Elle époussète et replace un à un, dans le désordre bien entendu toutes les boites à musique devenues muettes qui attendent ou peut-être même pas de se libérer de l'étau plastifié.
 
 
Oui, c'est certain,  le vide se sera pour l'ultime voyage et elle sent bien qu'il n'est pas encore temps.
 
Et ça l'affole complètement de penser qu'il n'est pas encore temps ...
 
Que c'est long ...
 
Alors, elle s'assoit sur son lit en décidant d'ouvrir un des nombreux albums photo qui la narguent sur les étagères.
 
 
Annick SB


Publié dans : aupieddumur
Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 10:29
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                        Toile de Layachi Haminouche

 
Elle avance, peureuse, incertaine.
Elle n' a plus de force.
La voyez-vous ?
Elle veut saisir mais rien n'est encore posé.
Le tracé du temps n'a pas de contour.
C'est désespérant cette fuite.
Le mot géométrie variable la terrorise comme tout ce qui est variable car elle, elle ne varie jamais.
Elle est.
Elle est prisonnière du reste du corps à vie.
 
Elle avance droit devant elle,
lentement.
Le chemin n'est pas tracé.
Elle doit franchir les murs qui s'élèvent.
Le passage est périlleux.
Chaque pierre est un souvenir qu'il faut surmonter sans que tout s'écroule.
Elle le sait mais elle se tend comme le font les enfants peureux dans le noir.
Puis se replie,
comme les aveugles lorsque la canne choit
et qu'il sont seuls.
Elle a besoin de se poser sur le temps pour s'approprier une infime réalité de l'espace et laisser glisser les secondes entre ses doigts.
Tout ce temps, oublié ou perdu, qui coulera encore, sans souvenir, pour mourir sans rien dire .
Les doigts veulent agripper ce que les yeux ne peuvent percevoir.
pas de contours
pas de forme
Une trace ou la couleur s'efface pour laisser l'ombre envahir le contact.
Les aiguilles qui tournent n'entendent pas ses cris.
Il n'y a pas de cris.
Le silence est seul.
Les doigts se tétanisent.
Elle tente une dernière approche.
 
Le vaste monde, soudain,  lui parait minuscule.

Annick SB
Publié dans : aupieddumur
Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 18:33



Avec l'envie d'avancer toujours plus grande
 
Mais la crainte du devenir qui s'amplifie
 
Ou qui nous fait succomber dans le doute
 
Urbain, solitaire,
 
Récurrent

Silencieux
 
 
 
 
 
Fugue et vanité des larmes
 
Rituels mortuaires exibés en cachette sur des écrans
 
Attendre et se demander jusqu'à quand et pourquoi
 
Garder le souvenir comme seule espérance
 
Maudire l'avenir
 
Eviter le désir, surtout bien l'éviter
 
Nier nos sensations
 
Taire à l'entourage, les émois, la passion, la vie qu'on sent renaître
 
Etrangler nos remords à n'être que sensible
 
Et avoir peur encore et encore et toujours
 
Sentir la trahison, la peine et l'amertume, l'illusion, l'abandon traversant tout le corps, le sang et puis la vie,  ; courir vers nos émois avant qu'ils nous dépassent et les voir disparaitre, encore, toujours, dans le grand labyrinthe où l'on ne peut crier ; puis, au moment où notre main reprend forme humaine, fierté, détermination pour toucher, caresser, faire délices un jour, comprendre que c'est trop tard ; hurler, hurler, hurler, prendre une hache et couper un à un les membres envahisseurs de ces amours fragmentées  .

Annick SB

Publié dans : aupieddumur
Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 00:37


C'est une voix, une  voix  rassurante, calme, grave que je me souviens avoir entendu, comme ça, par hasard, je ne sais plus bien où au juste.
 
Une voix qui racontait, qui conviait au rêve.
Une voix paisible avec un léger souffle entre deux phrases.
Une voix lente, calme et grave qui a chamboulé mon petit cerveau, mon petit coeur.
Alors,  je me suis cachée dans la salle de bain refuge des larmes et j'ai mouillé mes joues , simplement en fermant les yeux, seule, attendrie et appeurée par le bruit de la vie qui courait et glissait encore dans mes oreilles closes.
 
C'est une voix que j'ai aimé entendre.
Grave et calme avec un soupçon de conviction, de passion d'emballement dans la diction.
Une voix qu'on écoute pour ce qu'elle est ; une promesse.
 
Une voix qui ne retentit pas pour infomer, appeller, expliquer, être et prétendre ameuter non, simplement une voix qui ne prétend rien justement,  qui se pose lentement, comme par enchantement, pour nous faire comprendre que la vie est là aussi et qu'il faut savoir la saisir par les mots, tout doux .
Une voix lointaine, inaxcessible mais présente .
Une voix qui n'inquiète ni ne protège ni ne calme.
Une voix qui est ...
 
Il a parlé, calmement lentement, et ça m'a transpercé.
 
... une voix ... un vivant ... une personne vivante qui parle ... aux uns et autres ... pas à moi en particulier, je sais et pourtant ...
 
Je ne l'entends pas vraiment et je l'écoute encore.
Il ne m'adresse pas la parole et je me passe sa voix en boucle. 
Je peux écouter, réentendre à l'infini ce timbre, ces légers chuitements
le souffle qui laisse percevoir un élan et une retenue mélés.
 
Une voix calme et grave , paisible.
Une voix d'homme.
J'ai écouté aujourd'hui une voix d'homme et ça ma fait pleurer.
 
Je ne sais pas ce qui me manque le plus de mes amours défunts.
Peut-être la voix...
Peut-être le parfum,  peut-être tout bien sur !
C'est peut être la voix des morts qui est la plus délicate à faire revivre,
plus que le passé,
plus que le souvenir,
la voix des défunts glisse sans intonation et en perd le son...
 
J'ai entendu une voix grave avec un léger chuitement,une accélération, un petit quelque chose de très particulier, de presque enfantin.
j'ai entendu une voix à distance et j'en  suis encore  toute retournée, boulversée.
 
Hélàs, elle était lointaine cette voix, lointaine, lointaine ... mais elle m'a néanmoins  bercée .

Annick SB

J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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