Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




mystères

Publié dans : mystères
Dimanche 22 juin 2008

...

...
Publié dans : mystères
Lundi 24 décembre 2007



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L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige, toute la terre est changée."

André Laurendeau

Publié dans : mystères
Dimanche 7 octobre 2007


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  " Ça arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un
qui levait la tête... et qui la voyait.

C'était un truc de fous !
Comme une coïncidence mais en fait j'étais le seul à savoir que ça n'en était pas du tout une.
Je les regardais derrière le poteau du temple.
J'avais conscience de faire quelque chose de pas très bien, d'être devenu malgré moi une espèce de voyeur, un être sans sentiment, robotisé à vie, là, uniquement là pour dispatcher les individus de l'autre côté du miroir.
Je notais sur un petit carnet qui, quand  et comment ils levaient la tête et ça faisait une sorte de danse sous mes yeux.
Une danse qui serait ralentie en fait, car il pouvait y avoir de longues minutes d'interruption entre chaque passage.
Parfois au contraire c'était comme une bousculade.
C'est difficile de vous expliquer...

Je crois que je ne ressentais rien.
Il avait fait en sorte que ça soit ainsi pour ne pas que j'ai trop de pouvoir.
Je ne sais pas comment il avait procédé.
J'agissais, ni contraint, ni forcé, ni tout à fait libre.
J'agissais, c'est tout et je n'y gagnais ni gloire, ni tourment.
C'était mon destin...

Il y avait plusieurs rangées.
Le premier de la rangée levait toujours  les yeux et à un moment ou un autre, la voyait ; puis quelques longues minutes passaient et c'était au tour du deuxième de cette même rangée de lever la tête...
et ainsi de suite...

Moi ?
Je ne la regardais pas bien sur !
Jamais !
Je n'avais pas peur, non .
Je n'étais pas attiré c'est tout .
Elle ne m'intéressait pas.
C'est ça en fait.
J'avais conquis une telle indifférence des choses et des évènements que je me sentais parfois loin, très loin alors que j'étais aux premières loges.
Je notais scrupuleusement sur mon petit carnet qui, quand et comment les hocheurs de tête opéraient.
C'était ça le plus intéressant : crispation de la machoire inférieure, levé des yeux au ciel, tremblement, sueur, soupirs, cris parfois même ; j'assistais à toutes les mimiques et gesticulations possibles.
Ce qui est sur, c'est qu'elle ne laissait personne indifférent.
C'était une observation qui me procurait un plaisir immense et nouveau.
Je n'avais jamais eu tant de curiosité auparavant, jamais.

Certains semblaient affolés de la voir et rabaissaient la tête subitement comme pour se persuader qu'ils l'avaient juste imaginée.
D'autres au contraire prolongeaient le regard et scrutaient longuement, attentivement  comme si ils la suppliait de les aider.
Pour d'autres encore, le mouvement du cou était furtif et je ne savais pas très bien en fait s'ils avaient eu le temps de l' apercevoir vraiment. Je pensais qu'ils jetteraient un nouveau regard mais, non ; ils attendaient impassibles et rassurés.
Il la voyait une seule fois chacun.
Uniquement une fois.
Et le tour était joué :
Ils pouvaient entrer dans l'éternité ... "

Saint-Pierre

..................................................................................................................................

Annick SB

Publié dans : mystères
Dimanche 9 septembre 2007
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- Anomalie bijective - Layachi Hamidouche


... rien ...
... rien qui nous rappellerait que l'on a existé ...
... on ne sentirait plus notre peau, nos veines, nos rides ...
... on ne sentirait pas non plus notre impatience, le tourbillon du temps qui passe, le choc de celui qui s'arrête bêtement ...
... aucun petit carnet ne troublerait nos paupières des nuits entières ...
... pas de rendez-vous ...
... pas d'attente ....
... pas de souvenir ...
... pas de photos ...
... pas d'image ...
... pas de quai de gare ....
... pas de vieille chemise à grands carreaux ....
... rien ...
... il n'y aurait rien et ça serait limpide comme la lumière du petit matin qui est déjà trop présente quand je veux faire le vide ...
... rien ...
... il n'y aurait pas non plus ta voix dans mes oreilles bien sur, ni les paroles blessantes que j'ai envie de t'offrir en partage et que je ressasse à longueur de journée pour comprendre ...
... rien ...
... ni ta peau ...
... ni ton corps sur le mien ...
... et on ne serait ni là ni ailleurs ni présents ni absents ...
... rien ...
... pas de couleur, ni de forme ...
... pas de saveur ni de doute ....
... pas de souffrance ni d'espoir ...
... pas de rire, pas de voix, pas de souffle, pas de désir, pas de paroles amères, pas de trahison ...
... rien ...
... il n'y aurait jamais rien eu ...
... tout serait à inventer, uniquement pour que l'on puisse faire le vide ...

Annick SB

Publié dans : mystères
Mardi 20 mars 2007


http://www.france-vacances-tourisme.com/files/perche_05_PRINTEMPS_FOREST_CHEMIN_15X15.JPG



On a retrouvé le petit carnet de la fillette dans les fougères du bois.
On a interrogé tous les gens du village.
Ils ne comprenaient pas .
Personne ne comprenait en fait ce qui avait bien pu se passer, ni les gendarmes, ni le vieillard menotté et maltraité, ni les habitants révoltés, ni les journalistes aux aguets, ni moi.
Et c'était bien ça le plus grave.
Moi, je suis le juge et j'ai classé ce dossier - sans suite - après les nombreuses années d'instruction qui ont suivi ce mercredi après midi du mois de mai.

Je n'ai jamais plus rencontré dans ma carrière de faits aussi étranges, aussi sombres, aussi énigmatiques que celui ci.
Je n'ai jamais plus été dans cet embarras d'énigmes insolubles, d'interrogations sans fin, de questionnements sans réponse, d'absence de preuves, de dénouement.

Qui croire ?

Je me souviens qu'il y avait au village une petite fille prénommée Lola, oui, c'est ça, Lola et pas Lolita.
Sa mère avait longuement hésité à donner ce prénom à son enfant car dans le village voisin une fillette était née peu de temps avant, prénommée de la même manière.
Là-bas, la fillette s'appelait Lola mais tout le monde la surnommait "le petit chaperon rouge" car sa grand mère, couturière , patati patata ... enfin, vous voyez le truc quoi !
N'importe quoi !
A notre époque !

Dans le village, personne n'avait surnommée Lola d'aucune manière et c'était très bien ainsi.

C'était très bien ainsi car cette fillette, comme sa mère, aimait toutes les couleurs, sans distinction et n'aurait sûrement pas supporté une obligation vestimentaire colorée.
J'ai compris qu'elle aimait les couleurs en feuilletant son petit carnet.

Lola avait les cheveux couleur de boue, les yeux charbon et ses habits vert printemps égayaient les mèches brunes qui tombaient sur ses épaules.

Je dis ça pour faire nature, enfantin, pour vous faire un clin d'oeil aussi, je peux pas m'en empêcher, mais sur le dossier, rassurez vous, j'avais demandé à ma greffière de noter précisemment ceci :
" Lola S., née le premier mai 1990, cheveux châtains foncés, aux yeux noirs, habillée ce jour d'une tenue vert pomme - short + tee shirt en coton - ,portant des socquettes rouges et une paire de tennis blanches, mesurant un mètre 47 et pesant 33 kilos. etc, etc..."

Elle était jolie, gaie, rigolote ... insouciante ; enfin, c'est ce qu'on m'a rapporté
Elle avait tout pour elle comme on dit ; c'est ce qu'ils avaient déclaré les uns après les autres.
Ils avaient également souligné que, peut-être encore plus que les autres fillettes du même âge, elle possédait une capacité d'obervation sans pareille.
Elle passait son temps depuis le plus jeune âge à griffonner.
Apparemment, cela l'aidait à comprendre l'univers des adultes.

Tout se passait à merveille dans le meilleur des mondes...
Elle jouait.
Elle riait.
Elle imitait le bruit des animaux.
Elle lisait de nombreux livres.
Elle posait des questions.
Elle inventait les réponses.
Elle écrivait quelques mots avec des feutres vifs sur des petits carnets à spirales et rêvait, rêvait de transformer tout ça en de longues histoires.
Elle dessinait souvent sur d'autres carnets avec ses crayons de couleur ; elle adorait croquer la vie dans tous les sens du terme.
Un régal de petite fille chérie.
Elle grandissait, grandissait, grandissait ...

Tout allait très bien oui,
mais,
mais,
mais,
elle adorait les promenades en forêt et s'en allait souvent, seule, sans forcément prévenir son entourage de son départ.

Mais oui, c'est comme ça, vous allez avoir du mal à y croire, il lui arriva un jour une mésaventure extraordinaire.
Lola sortit un mercredi après-midi sans prévenir, comme d'habitude, pour aller se promener et à l'orée d'un bois voici ce qui se passa :

Elle tomba nez à nez avec un soldat endormi, genre "le dormeur du val" vous savez, parce qu'il faut bien dire une chose, mis à part celui là qu'on a tous en tête, on a quand même du mal à se les imaginer les soldats endormis dans les bois à notre époque et dans notre pays, peut-être encore plus de mal d'ailleurs que le loup dans nos forêts.

Oui, Lola avait fait un pas de trop sur le bord du chemin et un homme, étrangement vêtu - mi soldat, mi chevalier astral - était allongé sur les fougères sèches qui formaient ça et là des monticules, comme des tapisseries aux couleurs fanées jetées sur des fourmilières géantes.
Elle retint son souffle pour l'observer attentivement pendant de longues minutes.
Sa veste était kaki ; son pantalon fait d'une toile grisâtre était sale et tenait par de larges bretelles.
Ses chaussures en cuir noir étaient trouées.
A ses côtés, sur le sol, était posé un énorme sac kaki lui aussi, sur lequel était accroché un casque bombé.
Autour de son cou elle apercut une corde de chanvre ; elle semblait emmélée à sa longue barbe grise.
Elle sursauta.

Elle crut un moment que cet homme s'était pendu à la branche d'un arbre et qu'il était tombé ; elle chercha du regard le corbeau, le fromage, le renard pour appel à témoins mais personne ne vint déclamer quoi que ce soit et la corde qui pendait autour de son cou n'étant pas serrée, elle se dit que non, ce n'était pas un pendu.
D'ailleurs, il respirait encore.
Cela la rassura.
Elle n'avait pas du tout envie de croiser un pendu, ni un mort.
Elle avait entendu parler de choses et d'autres à leur sujet et voulait éviter la confrontation directe.
On ne sait jamais.

L'homme tout à coup sembla s'éveiller lentement et lui murmura péniblement avec sa bouche sèche :

- Regarde fillette, mes cheveux ont poussé, j'ai vieilli, je fatigue, je peine à marcher, à vivre, à respirer ; je peine à croire que la guerre est encore là et se poursuit et pourtant si tu savais...
Les armées de lézard jaunis qui se liquéfient parfois dans les camps en veulent toujours à mon casque sous lequel se dressent les ressorts du cerveau qui peuplent mes nuits et qui tôt ou tard ....

Il s'interrompit un moment, essoufflé puis repris comme s'il récitait une complainte :

- Regarde , mes cheveux ont poussé car je marche depuis des mois dans les régions boueuses, seul.
J'ai traversé des vallées, et des vallées et des vallées, à ta recherche, pour m'abreuver d'eau fraîche, pour parler, pour être aidé et enfin, enfin, te voilà.

Il s'arrêta à nouveau un long moment et Lola l'observa encore plus attentivement.
Ses ongles étaient sales.
Au coin de ses lèvres elle aperçut une trainée blanchâtre, pâteuse.
Elle était presque dégoûtée mais elle se rendit compte que les boutons de sa veste étaient multicolores ; c'était très étrange et très beau.
Cela contrastait avec le reste du personnage.
Et le vieux sauvage crasseux lui parut soudain captivant.

Cet homme ne semblait pas en être un en fait et c'est ça qui plaisait infinimment à Lola tout à coup.
C'était plutôt une créature, une chose, ni fantôme, ni démon, ni bête, légèrement répugnant et malgré tout attachant, une personne tout de même très étrange et qui parlait sans qu'elle comprenne excatement ce qu'il voulait dire.

- Mes cheveux ont poussé et les oiseaux se collent à eux avec leurs petites pattes griffues pour y nicher car le printemps est revenu ; des jets d'eau du torrent s'échappent des couleurs qui montent sur l'écorce des arbres abattus et grimpent comme des chenilles qui ne parviendront jamais à s'envoler avant d'atteindre la cîme.
Car tout est toujours trop loin.
Les arbres sont couchés, abattus aussi férocement que mes amis soldats l'ont été, hier, jadis, tout le temps ; ils ne se lèveront plus.
Tout le monde gît maintenant dans ce bourbier.
Nous sommes abattus et jetés dans cette boue acide qui ne brûle pas et qui pourtant pénétre et tue à la manière des jets d'eau ou de gaz des camps de la mort, de façon à ce que nous ressemblions tous rapidement à ces panthères noires enfermées qui rugissent sans fin dans des cages pour le plaisir gratuit de l'oeil et des oreilles de quelques passants sadiques.
S'il te plait , aide moi ...aide-moi ...


Lola était bien embarassée, vous le comprenez aisément, d'avoir fait une telle rencontre.
Elle ne comprenait pas du tout d'où pouvait bien sortir ce bonhomme et saisissait encore moins le sens de ses paroles.
Elle était intriguée.

La balade prenait une allure fantastique et même si elle détestait ces histoires où se mêlent le vrai, le faux, elle se sentait obligée d'agir en allant chercher des secours au plus vite, quitte à passer pour une petite folle auprès des villageois.

Elle ne comprenait pas très bien en réalité les deux notions propres à toute croyance : vrai et faux.
Elle écoutait souvent les souvenirs des anciens du village et ne savait jamais véritablement si ils inventaient leurs dires ou si les choses avaient pu être ainsi jadis.
Qui fallait - il croire en définitive ?
Et comment cela c'était - il véritablement passé ?

Croire.

Croire un instant que le soldat endormi va renaitre, que Rimbaud hallucinait, que c'était une farce, une pièce de théâtre en extérieur, un pari, c'est ça un pari, qu'on inventait dans les livres d'histoire les détails les plus cruels pour faire peur aux enfants, uniquement pour faire peur, que ça pouvait pas être vrai tout ça, toute cette souffrance, toute cette absurdité, toute cette folie.

Croire.

Un pari d'imbéciles qui voulaient lui faire peur ?
Elle hésitait, se questionnait tout en observant l'homme gisant à ses pieds.


Croire...

Le val était calme et puis là, dans les fougères, cet homme, perdu, agressif d'immobilité, de crasse, de paroles confuses, cet homme sans apparence humaine et pourtant pas bestial, inoffensif de faiblesse qui lui rapellait que oui, effectivement, on pressentait encore l'infâmie toute proche, que tout était hélàs possible, était vrai : la torture et l'abandon, les blessures et la misère, l'inespérance et tout le reste qu'on n'ose pas nommer de peur de le faire apparaître...

Croire .


Elle ne lui répondit pas et partit à toute allure en direction du village chercher des secours pour le sauver ... laissant tomber au sol son carnet à spirale.


Annick SB
Publié dans : mystères
Jeudi 1 février 2007
 
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Bureau de l'ANPE - 15 h 15 - jeudi 1 février -
 
 
- Madame Durand , c'est bien avec vous que j'ai rendez-vous ?
- Oui, asseyez -vous , je vous en prie ; nous allons remplir un dossier de recherche d'emploi, mais d'abord pouvez-vous me dire pourquoi vous vous adressez à nous puisque , si j'ai bien lu votre courrier, vous avez déjà un travail ?
 
- Voilà, je cherche un nouvel emploi car je n'en peux plus de travailler dehors ; je suis frileux .
Et c'est difficile à trouver tout seul quoi, alors, je pensais,  je me suis permis de, de ... prendre rendez vous avec vous pour m'aider , car je n'ai pas une grande expérience .
- Vous avez bien fait, je suis là pour ça .
 
- Pouvez-vous déjà me parler de votre emploi actuel, en quoi il consiste etc ...
 
- Oui, bien entendu !
Voilà c'est simple ; il consiste à emballer du poisson.
Mais je craque, je ne peux plus supporter d'être à côté mon père et surtout de l'entendre ...
 
Emballez, c'est pésé !  Emballez, c'est pésé !
 
Toute la journée à répéter cette injonction idiote mon paternel !
Quel con !
Ah , être sous fifre du pêcheur du coin, j'avais  rêvé autre chose quand j'étais sur les bancs de l'école, ça je vous le dis  !!!
Et travailler en famille, une horreur .
Je  peux à chaque fois et au gramme près dire le poids de ces poissons que je plie toute la matinée dans du vieux papier journal .
Un matin,  justement , mon regard fut attiré par une annonce  explosive :
 
Cherche emballeur professionnel !
- Très gros salaire assuré -
 
Une aubaine : j'allais pouvoir plaquer les écailles, les ouies et branchies dégoulinantes, l'odeur de l'iode et surtout surtout l'injonction horrible de mon père.
 
J'ai attrapé à la hâte un vieux crayon et j'ai noté les références  sur un coin de journal sec que j'ai caché  dans ma poche .
L'après-midi même, je me suis rendu sur le lieu indiqué ... j'ai poussé la porte cochère et suis allé directement au fond de la cour .
Sur la porte vitrée était suspendu un carton avec en lettres grasses les mots suivants tracés au marqueur :
 
   RECHERCHONS EMBALLEURS
- Explications à l' intérieur -
 
 
J'ai ouvert la porte vitrée et un  homme d'une cinquantaine d'années a levé les yeux en me disant :
-  Je vous attendais .
Ca m'a paru bizarre bien sur, puisque je n'avais contacté personne ni raconté à quiconque où je me rendais .
Mais bon, j'étais là et je n'allais pas commencer à chipoter si je voulais me faire embaucher .
 
- Savez-vous en quoi consiste le métier d'emballeur ? me demanda-t-il en me scrutant de la tête au pied .
 
Il me pria rapidement  de m'asseoir et timidement je répondis que j'emballais du poisson tous les matins ; je pensais donc qu'emballeur était un métier du même genre, qui consistait à placer  des objets dans des boîtes, dans des paquets, etc ... un métier d'usine, à heures régulières et où j'aurai plus chaud que sur le port les jours de grand vent .
 
- Je l'entendis soudain rire à gorge déployée et pouffer et pouffer et pouffer encore .
J'étais agacé mais je tenais le coup et décidais d'interrompre son gloussement joyeux .
- Pourrais je avoir plus de précison s'il vous pait ? je suis pressé .
Et il repartit à rire mais à rire encore plus fort puis s'arrêta net !
Il fronça ses sourcils et d'une voix posée me répondit  alors :
- Non monsieur, emballeur ce n'est pas du tout, du tout, du tout, du tout ça.
 
Puis il enchaina :
- Répondez par oui ou par non voulez vous . Avez vous le goût du risque ?
- Oui .
- Avez-vous peur la nuit ?
- Non .
- Avez-vous déjà pris l'avion ?
- Non .
- Savez vous courir très vite ?
- Oui
- Portez vous des slips ou des caleçons ?
- Ca dépend, mais ...
- Votre sexe en érection est - il de longueur convenable ?
- Oui, euh, je crois, enfin, personne ne s'en plaint , mais ... 
- Etes vous frileux ?
- Oui , et c'est pour ça que je cherche à faire emballeur d'autre chose que de poissons car ...
 
Il m'interrompit brutalement :
 
- Alors vous ne ferez pas l'affaire . Au revoir Monsieur . L'emballeur professionnel , ne doit pas être frileux, jamais !
 
Légèrement agacé par ce personnage loufoque, je tentais :
- Et puis-je savoir pourquoi  ?
 
- Bon, écoutez, comme il n'y a pas foule au portillon, je vais vous expliquer .
L'emballeur professionnel, commence sa carrière avec un billet d'avion dans la poche .
L'avion se rend dans un pays de l'Est quelconque ( Bulgarie, Roumanie sont les plus prisés , mais il arrive parfois de devoir aller jusqu'à Saint Pétesbourg en Russie) et là , les frileux ne tiennent pas la route . Savez-vous pourquoi ?
Car ce qu'ils vont pêcher, eux,  est sans écaille ni plume !!!
Et il éclata  de son rire sarcastique : Ah ahahahahahahah ....
Persuadé d'être tombé sur un fou, je sortis en claquant la porte ...
Et là, j'ai besoin de votre explication,  Madame Durand .
 
Pourquoi d'après vous a-t-il hurlé " naïf  " quand je suis sorti ?

Annick SB
 
 
 
 
 
 
 
 
Publié dans : mystères
Jeudi 14 décembre 2006
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Ce que je vais vous raconter n'a rien d'extraordinaire.
Je vais vous parler d'un ami que j'ai perdu de vue depuis longtemps, hélas... mais que je sens encore au fond de moi de manière très intense .
La dernière fois que l'on s'était retrouvés, il avait évoqué un voyage aux pays des gens normaux .
Spontanément, ça m'avait fait sourire, rire, éclater de rire comme expression !
Mais au regard des nombreuses conversations que nous avions eu ensemble,  je m'étais  rendue compte qu'il ne fallait peut-être pas considérer cela en plaisantant .
Avait - il vraiment envie, non pas de me le faire découvrir, mais que j'envisage un jour d'y débarquer ... juste quelques instants peut-être, pour l'expérience, pour pouvoir comparer l'enfermement et la liberté, pour poser mes valises  ?  
Je ne sais pas, pas plus que je ne réponds véritablement à ceci :
Avait-il seulement envie de me faire découvir quelque chose ?
 
 
C'était il y a longtemps, et depuis j'ai changé d'adresse .
Mais je me souviens ...
Je me souviens, qu'après mes éclats de rire à la terasse du café,  je m'étais  mise à pleurer et à douter ...
Pas de moi-même, pas de lui , notre relation s'estompait comme toutes les relations .
C'était inévitable .
Je m'étais mise à douter de la vie plus simplement, de la sincérité qui nous appeure, de la spirale des rencontres toujours mouvante comme un tourbillon qui t'emporte et qui t'éjecte, là, en contre-bas, sans te prévenir, inexorablement .
Je ne vous cache pas que c'était douloureux, très douloureux .
 
Le pays des gens normaux ... j'y songe encore aujourd'hui en me rappelant de cet ami , mais  je serai bien incapable de vous en proposer un guide .
Je suis trop ancrée dans mes songes .
 
Un guide d'ailleurs ... pour trouver quoi ?
un soulagement ?  
un ennui ?
une réponse ?
une solution ?
une action ?
 
Et pour aller où ?
 
 
Malgré toute mon immobilité, je m'étais rendue à l'époque dans de nombreuses agences de voyages, et moi qui ne voyageais jamais, je n'avais rien à demander de concret  à l' interlocutrice tirée à quatre épingles et à la voix stéréotypée .
 
C'était de la curiosité pure comme un défi en vue d'une délivrance, qui sait ?
 
- Vous souhaitez un renseignement madame ? demandait-elle gentimment .
 
- Non merci , je regarde, répondais-je assez mal à l'aise .
 
Je feuilletais les brochures , en vain .
 
 
Et puis , quelques minutes après , au moment de ressortir de l'agence , l'hôtesse me sentant  désemparée et bredouille, me proposait des destinations, comme ça, par hasard, dans l'espoir de me faire réagir probablement ou de me faire sourire et rêver qui sait ?
 
Sur le catalogue qu'elle  me tendait , je voyais par exemple la photo d'un couple en train de se marier , à l'autre bout du monde :
costard gris clair et grande robe blanche ...
Pourquoi aller si loin pour faire un truc aussi banal ? Le goût de l'exotisme probablement ?
 
Je ne comprenais  pas ; émotions non partagées .
 
Puis, dans ma tête, je voyais la photo qui  s'animait et alors là, l'angoisse me prenait ; le pays des gens normaux, ça devait être  le pays de la mascarade . 
Je ressentais des ricanements angoissants .
 
Je n'aurais jamais pu pas jouer ce rôle ; je ne sais pas faire !
 
 
Remarquant mon rictus appeuré, l'hôtesse  me tendait une autre photo sur une autre page, et là, c'étaient des gens entassés dans des wagons bruyants avec des portes qui font pshhhooout ... à chaque arrêt , une heure aller une heure retour : visite incontournable , Versailles, tour Eiffel champ de mars, etc etc ... le bruit, la foule ...
 
Je ne voyais rien de très excitant dans cette fourmillière et l'hôtesse n'insistait pas .
 
De cliché en cliché, je ne sentais ni soulagement, ni attrait . Que du vide ...
 
 
Alors, lasse,  je suis retournée chez moi, j'ai pris un bouquin extraordinaire, je me suis allongée sur mon lit et je suis entrée dans  le pays des gens rêveurs !
 
Pas besoin que je vous communique le titre, n'est ce pas ?
Au pays des gens normaux, on ne sait pas communiquer... c'est certain !
Mais vous vous savez deviner ... c'est étrange notre complicité ... vraiment étrange vous ne trouvez pas ?
 
Annick SB
Publié dans : mystères
Vendredi 17 novembre 2006
L'image “http://mireilleturcot.chez-alice.fr/photo7l.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Aquarelle de Mireille Turcot - Encerclée -


chut ...
 
silence dans la messagerie
 
tout est calme
trop calme
plus rien ne répond
 
je ne réponds plus de rien, pense Cendrillon mi affolée mi hagarde
 
étrange virtuel qui lui bouffe la tête
lentement
pire que le chiffon à poussière qu'elle oublie de passer sur la masse immobile de son quotidien
là, ça s'effiloche dans les pensées depuis quelques temps et ça ne fait pas de cloques aux doigts
c'est déjà ça !
Cendrillon n'est pas une fée
elle a l'habitude
elle sait supporter,  attendre, encaisser, pleurer, crier, grimacer, se tordre, gémir, sans bruit et sans bouger
elle sait avaler
c'est comme un acide invisible qui ronge tout dedans
 sans douleur apparente car ingurgité à gorgées trop rapides
 avec la frénésie du   "c'est surement trop tard "
quand rien pourtant ne semble commencer
comme la lettre d'un défunt que l'on entrouvre très longtemps après sa disparition, très longtemps après par surprise, comme le pli "boum-errant" qui revient sans avoir été lu.

Cendrillon est pudique et démolie par tant d'indifférence ; malgré tout, elle crie en silence pour que l'acte soit établi, l'autorisation d'y croire, sans notaire, sans écrits, juste par la pensée, douce, animale, magique, intense, vraie
comme la lumière qui se cache sans bruit derrière les volets que l'on n'ouvrira plus parce qu'un jour il n'y aura plus de maison
comme la vie qui fuit, à toute hâte et c'est pourtant si long la vie que l'on se doit de s'y sentir aspiré
 
tout est calme dans la messagerie
plus rien ne répond
 
 
l'immobilisme des uns a fait place à l'incertitude des autres
ou bien alors c'est l'inverse
Cendrillon n'a pas de logique
elle ne sait pas ; elle n'a jamais su
sa tête est comme un girouette stupide qui grince par rafales
 
les nouvelles sont bonnes
le chien est toujours là
tout va bien

dormez, dormez
la terre tourne
le vent souffle
les femmes font

et les hommes n'ont pas disparus
enfin, on ne l'a pas su
 
cliquez brave gens, cliquez
l'allumeur de réverbères a trépassé en chemin
vous ne risquez plus rien
personne ne vous épiera
personne ne vous surprendra à rêver en cachette
il n'y a plus de honte, plus de passion, plus rien
 
personne d'ailleurs ne vous entend,  vous calme ou vous protège
cliquez 
c'est un autre temps désormais
 
pas de salive
pas de postillons
pas de clameur
pas de sueur
pas de chaleur
 
Cendrillon n'est plus en haillons
 
de la distance
une effroyable distance
qui ne fait peur qu'aux fragiles
qui déroute les vaincus
qui effrite les désespérés
qui morcelle l'âme de tout un chacun 
 
 
tout doux  
 
autorisation de minuit
 
Cendrillon s'est trompée de bal, la sotte
 
 
l'horloge tourne
mais aucun coup ne retentit
on peut tricher sur le calendrier
le temps ne veut plus rien dire
et joue avec les nerfs, tout doux, c'est tout
on peut faire pause, arrêt sur image
retour, retour, éphémère
 
on peut tout dire, tout dire
et ne jamais parler vraiment
 
le virtuel...
 
Cendrillon s'est trompée de bal,
quelle idiote, quelle sotte !
 
repasser, débarasser, laver, rincer et puis aller se coucher avec des mots coincés dans le gosier
 
attendre
demain...
bal...
peut-être plein de rendez vous  princiers

qui sait ?

Annick SB



Publié dans : mystères
Vendredi 6 octobre 2006
L'image “http://acaciaa.club.fr/agnes-courrault/images/01-13-Ventoux%20.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Toile d'Agnès Courrault

Elle descend du train,  happée par la foule.
Elle regarde en face d'elle, avance à pas lents.
Parfois des gens la frôlent : elle marche lentement, coupe le rythme du flot humain.
Le bruit des roulettes des valises. Assourdissant.
Le bruit des hauts parleurs. Assourdissant.
Les gens ne parlent pas.
Mais le bruit l'angoisse, l'affole.
Le quai est long.
La foule, si dense.
Vendredi soir. Il est tard ;  beaucoup de personnes sont descendues dans cette gare .
La capitale attire grand nombre de voyageurs.
Elle en fait partie, de ces voyageurs, qu'elle ne regarde pas, pourtant.
Elle avance au milieu d'eux, anonyme,  sortant de sa poche un morceau de papier.
Les métros passent, nombreux, sous le bitume.
Elle arrivera à bon port, très vite.
Elle le sait.
Elle marche.
Elle avance, sans accélérer.
Quelque chose en elle n'est pas tranquille.
La volonté aurait-elle cédé la place à l'inquiétude ?
Elle entend encore le bruit assourdissant des valises et des hauts parleurs.
Elle sent les bras des passants qui la frôlent.
Mal à l'aise.
Elle a inscrit sur le petit papier qu'elle tient dans sa main le nom de la station de métro où elle doit descendre et l'adresse exacte où elle doit se rendre.
Elle s'imagine enfermée dans un wagon.
Elle panique.
Soudainement, elle bifurque au lieu de s'engouffrer dans la bouche de métro, avalée par les escaliers métalliques.
Elle ne s'enfonce pas dans ce sous terrain grouillant, bruyant, anonyme.
Elle sort de la gare,fait quelques pas.
Elle respire ; l'air est pollué, mais déjà elle se sent mieux .
Elle regarde devant elle,  puis lève les yeux vers le ciel,aperçoit la lune.
Elle sourit.
La lune ici, déjà, toute ronde, brille et luit dans le ciel ...
La lune ...
Pas de nuage.
Pas de fumée,.
La lune,
jaune,
ronde,
pleine ...
Elle sourit encore, immobile.
La lune, un astre qu'elle veut immensément prometteur ...
Les bruits des voitures remplacent ceux des valises, mais elle sourit encore.
Elle n'entend plus rien.

Elle se souvient ...

Elle mâchonnait toujours son crayon dans ses moments là , cherchant l'inspiration, la bouche laissait couler un léger filet de salive sur le bois vert du crayon ; elle était comme les petits enfants qui se concentrent et réfléchissent, ailleurs, perdue dans ses pensées , ses rêves, ses questionnements .
Le plan ?
Que dire ?
Que démontrer ?
Trouver une citation à la hâte ...
"La lecture apporte à l'homme plénitude, le discours assurance et l'écriture exactitude." de Francis Bacon ; je placerais celle là, s'était-elle dit .
Une pensée à glisser entre deux lignes, l'enchaînement des paragraphes et surtout, surtout quel message laisser, quelle empreinte personnelle qui donnerait au lecteur un souvenir lumineux ?
Au lecteur ...
la solitude de l'écolière devant la feuille à remplir
A remplir ...
A remplir ...
A remplir ...
Pour qu'elle soit pleine, justement, comme cette lune là dans le ciel parisien, ce vendredi soir à heure tardive.
Peut-être que ...
On lui avait dit ...
Ce n'était pas raisonnable de ...
Pas de son âge encore ...
Qu'elle avait tout son temps ...
Que ce serait mal pris ...
« La lune est pleine et on ne sait pas qui l'a mise dans cet état. »
Que vous inspire cette citation  d'Alphonse Allais ?
C'était le sujet de rédaction que le jeune professeur parisien qui remplaçait madame Charmy pendant son congé de maternité, avait distribué à ses élèves de première L. pour ce devoir surveillé de bac blanc.
Et tout avait commencé ainsi, instantanément lors de la distribution des sujets justement .
Deux regards ...
Une attirance un peu troublante depuis quelques semaines, mêlée de gène, de non-dits ...
Elle avait immédiatement décidé d'utiliser ces perceptions infimes et intuitives que son corps féminin annonçait, de ne pas se démonter et d'offrir à ce lecteur particulier - un charmant professeur - un trouble court mais intense, une séduction particulière.
Souriante et confiante elle avait transformé cette dissertation au sujet surréaliste et ambigu, en une longue déclaration d'amour ... en un précieux moment de plénitude.

Annick SB

Publié dans : mystères
Mercredi 27 septembre 2006
L'image “http://ian.marek.chez-alice.fr/images/dameaulinceul.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
 Toile de Ian Marek - la dame au linceul -

Est ce un linceul de terre, d'ombres ou plus simplement une boue si sépia qu'elle remonterait délicatement du sol ou du ciel pour te  chatouiller les pieds !
Sur quoi avances -tu ?
Te sens -tu poursuivie ?
As-tu peur ?
Trembles -tu ?
Ou bien est-ce agréable d'errer ici et là ?
Cette ombre qui va, qui vient, qui semble rôder, s'accrocher  sur la longueur des jours, sur le temps de ta peine, la vois-tu ?
Entends - tu au lointain un cheval qui galope, un fantôme qui gémit, qui approche, qui fait les cent pas autour près de toi  ?
 
Non, tu le sais, tu n'entends rien .
Tu ne peux plus entendre .
Tu ne peux plus te retourner .
Il est trop tard .
Tu es trop loin de tout, seule, et tu contemples ... silencieuse ton nouvel univers .
Tu contemples, béate, le rocher qui se fend,
Le sol qui se retire,
La mer qui se déchaine,
Et ton  coeur qui attend, immobile et tremblant, sourd .
Tu avales, peureuse, les formes des nuages qu'un jour tu rejoindras quand tu auras le temps ...

Annick SB

Publié dans : mystères
Vendredi 15 septembre 2006
Je remercie Vivian Kral, artiste peintre pour m'avoir fait connaître ses sublimes pastels intitulés :
" à la tentation "
et qui ont inspiré ce texte .






1, 2, 3 soleil !
y'a trop de lumière, faut que je m'abrite, alors je rentre par la petite porte du fond .

C'est  la première tentation  : avancer .

Je suis  seule pour décider .
C'est délicat ce choix d'étoffe !
Il n'y a vraiment personne, j'ai vérifié .
Seule au milieu des tissus .
Qu'est ce que je veux ?
Qu'est ce que je prends ?
Qu'est ce que je m'offre ?
C'est à moi de trier ?
Oui .

Bon, dans ma tête, je me répète :
" je suis seule et lasse de choisir " , en boucle comme de l'éponge .
J'absorbe .

Je préfèrerais m'enrouler dans ces tissus et dormir ; flemme !
Envie pressante de calme .

Ou alors me momifier ?
Pourquoi pas après tout ...
... ça me donnerait de l'importance !
Mais qui le verrait ?
Qui s'en rendrait compte ?
Pas fondamental !
Je suis seule et incapable de choisir, c'est simple .


Et en attendant, je vais utiliser le dallage pour faire ma partie d'échec quotidienne .
Ca va m'ordonner l'esprit .




C'est la deuxième  tentation  : jouer .

Déplacement des pions invisibles, ces empêcheurs de vivre simplement qui fourmillent dans les circonvolutions, invisibles elles aussi dans ma tête .
Poussez-vous, vous faites de l'ombre au rêve !
Ils bougent pas .
IIs restent immobiles ces cons de pions .
Ils prennent toute la place sans bouger .
Ils sont en ordre ; ils veulent être en ordre et moi désobéir bien sur ...

déplacement impossible
décalage habituel
débarassage lent
délabrement imminent
défense autorisée
je replie
je range tout ...
Le jeu  est terminé .
C'est enroulé !

Allez, faut je change d'espace avant d'étouffer ...
Petit sursaut .




C'est la troisième tentation  : saisir .

Je vois mieux les rouleaux ici mais il n'y a toujours personne .
étrange !
J'aurai souhaité que vous approchiez avec moi .
Quoi ?
Vous auriez eu  peur ?
Je n'y crois pas !
Pas vous !
Comment ça, pas envie de suivre ?
Passez devant, je vous en prie ...

En attendant, tiens, je vais toucher les rouleaux .
C'est interdit ; j'adore !
... sublime sensation ... ni velours, ni soie,  ni coton, ni lin  ...

Problème de vocabulaire !
Ah les mots !

Je file à droite et , ooooooooh !!!

Vous n'êtes plus là !
En retard peut-être ?
Vous n'avez jamais été là , j'ai tout inventé !
Je vous ai chassé de ma tête et j'ai trainé .

Trainée !
J'ai mal entendu ; trop de silence dans la réserve .

Dehors il fait encore  trop chaud .

Sans doute, probablement , vous aviez laissé tombé le drap et me m'avez pas attendu ...
Vous étiez pressé ?
Tant pis pour vous !
Pas besoin d'aide .
Regardez, c'est facile :

Pour étouffer la vie, enroulez-la dans l'étoffe ... après moi .

Annick SB





Publié dans : mystères
Samedi 9 septembre 2006
L'image “http://perso.orange.fr/lesartistes/images/Montee_du_gourguillon_de_nuit.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

                        peinture de Gilbert Abric



- La nuit, je me sens seule, et j'ai peur , mais c'est pas le noir  que je crains , ce sont les étoiles et le bruit qu'elles font quand elles se cherchent et  s'entrechoquent dans l'infini .

- Tu sens  tes rêves qui t'accompagnent ?

- La nuit, je crois que tout est parti, que rien n'existe, que c'est fini , que je ne cesse de me tromper tout le temps, tout le temps, tout le temps ...

- Tu lis ses mots qui te rassurent ?

- La nuit, il n'y a plus rien qui me rassure ; le vide bleu, gris, violet est un étau qui  me compresse ; je crois que je deviens encore plus folle et que je ne sais plus avancer .

- Tu sais sa présence pourtant ?

- La nuit, je sais que tout est illusoire et je ne dois plus espérer .

- Tu vois la nuit en noir .

- La nuit, je ne vois rien ; c'est le silence que je regarde et ça me crève l'horizon ; y'a pas de paroles, y'a que des mots tapés, complètement frappés, marteaux eux aussi et je les trouve froids, parfois .

- Et si la nuit, au contraire, laissait sur sa voie les traces brillantes et nourricière de l'espoir, de l'attente, de l'amour, dis, tu l'aimerais la nuit ?

Tu l'aimerais tu crois ?
Parviendrais-tu à lire, dans tes rêves, toutes les traces d'avenir qui,  un jour, bientôt,  peut-être, t'écriront encore, encore, encore ... avant que tout s'efface ?

Annick SB


J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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