Je crois que ...

 
 ... la vérité de l'absurdité de notre présence ici-bas nous fait mal aux yeux et il est rassurant de fixer par moments quelques gribouillis sur n'importe quel support afin que les images sordides et réelles qui nous pètent à la figure constamment n'envahissent pas nos nuits.
Faites de beaux rêves...




correspondance

Publié dans : correspondance
Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /2008 22:07


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Bronze de Carole Desgagné


Mes mots dérapent.

Ma plume accroche.

Le clavier se coince.

Ca veut pas sortir parce que c'est peine perdue peut-être ?

Oui, c'est ça, c'est peine perdue.

J'hésite.


En silence.


Pourquoi t'écrire hein ?

À quoi bon ?

Tu ne liras jamais ces lignes.

On ne t'a pas appris.

Je le sais.

Je l'ai toujours su.


Pourquoi t'écrire alors ?


Tout ce que je ressens je l'ai chuchoté tant de fois en m'endormant.

Tu l'as peut-être entendu si le vent est notre ami...

Je l'ai rêvé.

Tant de fois j'ai souhaité que mes pensées voyagent et rejoignent tes tourments pour soulager ton coeur.


Il a glissé de toi à moi comme ça, dans un tumulte incroyable que l'on ne maitrisait ni l'une ni l'autre.

Il a glissé de toi à moi et ... on ne l'a pas laissé tomber.

On l'a accompagné dans son vertige et dans son ascension.

Il a glissé de toi à moi.

Simplement.

En silence.


Cet amour, on l'a attrapé à pleine main, bouche bée, avec les yeux écarquillés, on l'a attrapé comme on suit du regard une étoile filante, comme on chante un refrain plein de joie, à tue tête, comme on respire un parfum de douceur, en s'ennivrant.

On l'a attrapé toutes les deux, à plein poumons avec nos souffles, à chaudes larmes aussi parfois car c'est délicat, c'est difficile.

La vie est difficile.


On a de la peine.

De la peine, oui, de la peine...


Tu le sais...

Je le sais ...

Il le sait aussi.

En silence.


Mais on l'a mis au chaud chacune à notre manière avec Amour.


On l'a protégé.


Ce sentiment finalement a glissé de l'une à l'autre ; il est absolu, simple, infini, beau.

Je pense à toi souvent tu sais...

Son histoire, sa vie, ce sont dans tes tripes et dans les miennes qu'elles se nichent,

dans ta chair et dans mes pensées,

dans ta souffrance et dans mes rêves,

dans nos deux vies tout simplement ...


Même si tu ne liras jamais ma lettre, même si tu ne sais pas qui je suis,

je tiens par ces simples mots, en silence,  à te crier merci...


Annick SB

 


Publié dans : correspondance
Mardi 4 juillet 2006 2 04 /07 /2006 18:05

                                            

http://www.gnis.fr/images/lettre/Ecrire.jpg
                                    http://tbn0.google.com/images?q=tbn:vRV2mxL1OTrjQM:http://pros.orange.fr/gesflux/IMAGES/ecrire.GIF


Je vous écris ce petit mot ; je n’ai rien à vous dire .

Rien de spécial .
Mais j’ai reçu lundi dernier votre lettre et ... ça m’a donné du courage .
En ce moment les mots ne coulent pas bien sur les feuilles .
La peine est longue, très longue .
En ce moment, je ne sais plus bien manier le stylo .

Je sais .

Je vous écrit ce petit mot en fait, parce que j’ai besoin de savoir que vous allez décacheter l’enveloppe, mon enveloppe et quelques secondes durant être dans l’attente de ce que je pourrais bien avoir à vous dire, ce jour, moi l’inconnu auquel vous avez gentimment envoyé une lettre la semaine dernière .

J’ai besoin que vous pensiez à moi quelques secondes, de temps en temps .

C’est mon espace vers la liberté, ma fuite, mon évasion qui est tout chamboulé par cette idée .

J’ai besoin d’imaginer que là-bas, ailleurs, hors de ma cellule, quelqu’un d’inconnu m’attend , un tout petit peu, de temps en temps .

Je pense à vous .

Christophe

PS : Puis-je vous tutoyer ?

 

Annick SB



Publié dans : correspondance
Jeudi 9 février 2006 4 09 /02 /2006 19:37
 
Pleure sur mon épaule ma mie, pleure .
Souviens toi, paupières closes du bon temps qui est passé par ici, qui repassera par là .
Pleure, libère ton coeur .
Vide ta colère, ton amertume et ton désarroi .
Il a choisi de ne plus vivre .
Il a choisi de nous quitter mais surtout
De se quitter lui, car sa souffrance était trop grande .
On le savait .
On ne pouvait plus rien y faire .
Tu le sais,
Tu n'y peux rien .
Il est ni près, ni loin, encore en nous, c'est tout .
Il est dans tes filles , dans vos trois merveilles, toujours, toujours .
Il les traverse, les traversera ; c'est comme ça .
Il faut leur dire qu'il aimait rire ...
Il faut leur dire qui il était ...
... avant qu'il flanche, lentement, vers la démence qui a eu sa peau .
Bien trop tôt .
 
 
Publié dans : correspondance
Mardi 7 février 2006 2 07 /02 /2006 18:14


L'image “http://www.geoexpert.ch/images/fotos/cedimento1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

J'ai retrouvé votre adresse en interrogeant des voisins du quartier .
Je vous envoie donc cette lettre, car je pense à vous .
J'espère que vous allez mieux .
 
C'était le matin, vous sortiez de la boulangerie, je crois ...
 
Lentement, très lentement je vous ai tendu la main .
Vous vous y êtes cramponné ; j'ai réussi à vous extirper de là .
Vous étiez assomé ; vous n'aviez pas vu la plaque d'égoût qui vous avait englouti .
Vous saigniez un peu sur le visage .
C'était rapide, cruel comme l'indifférence qui a suivi votre chute .
Vous avez gémi, vous êtiez  étourdi  .
Puis vous avez perçu des voix autour de vous ; des voix rieuses , des voix moqueuses, des injures .
C'est ce que vous m'avez dit, à moi qui me suis arrêtée pour vous aider .
Plusieurs personnes ont cru que vous tombiez d'ivresse .
Plusieurs personnes ont terni votre humanité par leur rires méprisants .
Vous avez eu peur .
 
Un viel homme tombé dans une bouche d'égout ouverte et qu'on ne prend pas le soin de relever .
C'est tout simplement ça que vous étiez ce jour là, ni plus, ni moins .
 
Je suis passée par là et je vous ai lentement rendu votre dignité .
Vous m'avez remercié .
Ca m'a fait chaud au coeur .
Et je vous remercie maintenant à mon tour, de m'avoir fait penser à ce que j'allais devenir et à la fragilité de ce que je suis toujours .
Un être humain dans l'indifférence de la foule, dans le désert des inconnus.
J'ai lu dans vos yeux la reconnaissance des nourrissons qu'on abreuve .
Je me suis identifiée à vous, trébuchant et plaintif et plein d'attente.
Je vous dois la compassion dont je fais preuve désormais envers toute personne qui trébuche sur le trottoir bien sûr, et ailleurs, ailleurs ...
 
Publié dans : correspondance
Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /2006 22:12
http://perso.wanadoo.fr/jane/images/mosaique.jpg

 Mosaïque - Festival de la correspondance de Grignan - Dröme


Il n'était jamais venu à Grignan et pour un coup d'essai ce fut un coup de maître !
Il oubliait peu à peu l'odeur nauséabonde du parchemin qu'il venait de dégoter en flanant dans les allées de l'exposition annuelle sur la correspondance .
Il se concentra sur la calligraphie .
Féminine, oui, son impression première semblait se confirmer après quelques battements de paupières .
L'exactitude de cette pensée le combla d'une joie profonde .
Il se plongea quelques instants dans l'attente et l'expectative .

Silence  ... contemplation ...

Puis, il inspecta à nouveau ce parchemin comme d'autres le font de l'étoffe , avec délicatesse  : cette écriture l'ennivrait car elle cachait des mystères.
Il tremblait de joie et d'émotion .
Il se serait volontiers enroulé dans cette feuille pour retrouver l'enveloppe originelle .
Une femme, qu'il n'avait jamais vu, jamais désiré et pourtant tant cherché était cristallisée en  quelques gouttes d'encre sur le papier moisi .
Il pouvait imaginer et rêver .
Elle avait adressé un message autrefois .
Et désormais, il se l'appropriait .

 
Il réfléchit quelques instants pour trouver l'endroit idéal afin de poursuivre la lecture ... calmement.

Il s'assit contre la mosaïque .
Ce n'était ni explication ni excuses, non, tout simplement un message d'amour .
 
Il parut soudain surpris qu'elle ait pu écrire, qu'elle ait su écrire ... en 1872 ...
Mais qui alors aurait griffonné  les mots  qu'il venait de lire ?
 
" Mon fils, mon Amour, je tiens à te dire ... "

Il ferma les yeux, se laissa emporter par ce mystère et quelques larmes envahirent ses paupières .

 

J'adore ...

  Pas de Pannick, tout va s'arranger ...

à vous ...

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