
Bronze de Carole Desgagné
Mes mots dérapent.
Ma plume accroche.
Le clavier se coince.
Ca veut pas sortir parce que c'est peine perdue peut-être ?
Oui, c'est ça, c'est peine perdue.
J'hésite.
En silence.
Pourquoi t'écrire hein ?
À quoi bon ?
Tu ne liras jamais ces lignes.
On ne t'a pas appris.
Je le sais.
Je l'ai toujours su.
Pourquoi t'écrire alors ?
Tout ce que je ressens je l'ai chuchoté tant de fois en m'endormant.
Tu l'as peut-être entendu si le vent est notre ami...
Je l'ai rêvé.
Tant de fois j'ai souhaité que mes pensées voyagent et rejoignent tes tourments pour soulager ton coeur.
Il a glissé de toi à moi comme ça, dans un tumulte incroyable que l'on ne maitrisait ni l'une ni l'autre.
Il a glissé de toi à moi et ... on ne l'a pas laissé tomber.
On l'a accompagné dans son vertige et dans son ascension.
Il a glissé de toi à moi.
Simplement.
En silence.
Cet amour, on l'a attrapé à pleine main, bouche bée, avec les yeux écarquillés, on l'a attrapé comme on suit du regard une étoile filante, comme on chante un refrain plein de joie, à tue tête, comme on respire un parfum de douceur, en s'ennivrant.
On l'a attrapé toutes les deux, à plein poumons avec nos souffles, à chaudes larmes aussi parfois car c'est délicat, c'est difficile.
La vie est difficile.
On a de la peine.
De la peine, oui, de la peine...
Tu le sais...
Je le sais ...
Il le sait aussi.
En silence.
Mais on l'a mis au chaud chacune à notre manière avec Amour.
On l'a protégé.
Ce sentiment finalement a glissé de l'une à l'autre ; il est absolu, simple, infini, beau.
Je pense à toi souvent tu sais...
Son histoire, sa vie, ce sont dans tes tripes et dans les miennes qu'elles se nichent,
dans ta chair et dans mes pensées,
dans ta souffrance et dans mes rêves,
dans nos deux vies tout simplement ...
Même si tu ne liras jamais ma lettre, même si tu ne sais pas qui je suis,
je tiens par ces simples mots, en silence, à te crier merci...
Annick SB
Au pied du mur ... quelques gribouillis ...







Pas de Pannick, tout va s'arranger ...
à vous ...