Au pied du mur ... quelques gribouillis ...
... l'atelier d'écriture
"la poudre d'escampette", sur le net,
qui inspire beaucoup de mes textes ...


Mes mots dérapent.
Ma plume accroche.
Le clavier se coince.
Ca veut pas sortir parce que c'est peine perdue peut-être ?
Oui, c'est ça, c'est peine perdue.
J'hésite.
En silence.
Pourquoi t'écrire hein ?
À quoi bon ?
Tu ne liras jamais ces lignes.
On ne t'a pas appris.
Je le sais.
Je l'ai toujours su.
Pourquoi t'écrire alors ?
Tout ce que je ressens je l'ai chuchoté tant de fois en m'endormant.
Tu l'as peut-être entendu si le vent est notre ami...
Je l'ai rêvé.
Tant de fois j'ai souhaité que mes pensées voyagent et rejoignent tes tourments pour soulager ton coeur.
Il a glissé de toi à moi comme ça, dans un tumulte incroyable que l'on ne maitrisait ni l'une ni l'autre.
Il a glissé de toi à moi et ... on ne l'a pas laissé tomber.
On l'a accompagné dans son vertige et dans son ascension.
Il a glissé de toi à moi.
Simplement.
En silence.
Cet amour, on l'a attrapé à pleine main, bouche bée, avec les yeux écarquillés, on l'a attrapé comme on suit du regard une étoile filante, comme on chante un refrain plein de joie, à tue tête, comme on respire un parfum de douceur, en s'ennivrant.
On l'a attrapé toutes les deux, à plein poumons avec nos souffles, à chaudes larmes aussi parfois car c'est délicat, c'est difficile.
La vie est difficile.
On a de la peine.
De la peine, oui, de la peine...
Tu le sais...
Je le sais ...
Il le sait aussi.
En silence.
Mais on l'a mis au chaud chacune à notre manière avec Amour.
On l'a protégé.
Ce sentiment finalement a glissé de l'une à l'autre ; il est absolu, simple, infini, beau.
Je pense à toi souvent tu sais...
Son histoire, sa vie, ce sont dans tes tripes et dans les miennes qu'elles se nichent,
dans ta chair et dans mes pensées,
dans ta souffrance et dans mes rêves,
dans nos deux vies tout simplement ...
Même si tu ne liras jamais ma lettre, même si tu ne sais pas qui je suis,
je tiens par ces simples mots, en silence, à te crier merci...
Annick SB

La mer a oublié de se retirer et le sable est humide dans cette main crispée qui hésite un instant à lancer la magie du sommeil.
Le hasard ne fait jamais les choses, il les dérobe à nos désirs.
On voulait, on voulait, on espérait tellement, qu' on faisait semblant de croire que ces quelques secondes de transition, numérotées à l'avance digitalement sur tous les écrans froids, prendraient la sensation du bonheur sous la peau sèche de nos incertitudes nocturnes et dans le regard confiant de nos peurs ôtées, l'espace de cet instant, de croyances stupides.
Le marchand de sable est déchaussé cette année.
Je l'ai aperçu sur le bord de la plage.
C'est un vagabond, un va nu pied qui avance sans bruit et prend au fil des heures une place infinie entrant dans les espoirs tourmentés de tous ...
Dis, ce sera mieux demain ?
Les morts nous oublieront-ils enfin ?
Que deviendront nos enfants ?
Et nos amours, les vivrons - nous tendrement sans hache et sans remord ?
Encore ?
Encore ?
Cette nuit lorsqu'il a entendu les douze coups de minuit le marchand de sable était dérouté, pressé, peut-être déjà complètement bourré, imprévisible.
Je l'ai aperçu ...
Il a hésité,
Il a hésité à arrêter le temps,
et a laissé glisser sa main sous le liquide salé, en attrapant une poignée de boue qu'il a lancé loin loin loin pour nous tous en hurlant oui, mais sans faire de bruit sans laisser de traces...
Pas de grains dorés.
Pas d'imperceptible caresse de légéreté nébuleuse.
Non !
De la poussière humide tout simplement.
Et au douxième coup de minuit, la magie est arrivé ; l'humidité de ce sable compact, agglutiné, s'est transformée, oh merci, en gouttelettes de Champagne comme par enchantement...
Je l'ai vu, croyiez moi, car les yeux des enfants que nous sommes restés n'ont pas la cruauté de la réalité .
Je l'ai vu...
Le marchand de sable m'a souri une seconde, pas deux, faut pas exagérer !
C'était du Champagne brut, le meilleur ...
La magie a marché cette année encore.
La main du marchand de sable enfouie et immobile s'est extirpée subitement du fond salé ; les guenilles de cet étrange magicien se sont ourlées de velours ; il a retroussé ses manches et il s'est mis au boulot.
En un lancé puissant il a fait son travail, pour nous souhaiter une bonne année, une de plus, encore encore encore ... en nous donnant l'illusion du sommeil pétillant après minuit...
2007 a glissé vers 2008 en une seconde lourde et insensée
et c'est ça qu'on a reçu sur la tête pour s'endormir
de la boue compacte de quotidien enlisé, de la boue pleine de bulles soufflées, évaporées, lumineuses ...
Le marchand de sable dépité a rempli sa mission comme toutes les nuits, comme toutes les années et la mer cette vilaine capricieuse lui a joué le mauvais tour du nouvel an ; l'illusion du changement...
Le va et ne revient jamais du Temps...
Dans nos yeux devenus troubles par les vapeurs de cet alcool bu trop vite pour la fête,
un plongeon peu à peu dans le sommeil salé qui ne répare plus rien.
Le hasard est décapité, on le sait...
... mais, Bonne Année ...
Annick SB




" Ça arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un

Pas de Pannick, tout va s'arranger ...
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